DES BROUILLARDS ET DES K U AGES
C65.Lcs brouillards se forment dans l’air humide quand, la force élastique de la vapeur est plus grande que la force élastique maximum correspondante à la température de l’air. La fumée qui s’élève au dessus d’un vase rempli d’eau chaude est un véritable brouillard; l’air étant, par exemple, à 20°, et l’eau à 6o°, la vapeur se forme avec une force élastique de 1 44 millimètres , qui est celle qui correspond à 6o° ; mais comme elle 11e peut pas exister avec cette force élastique à une température de 20°, il il faut bien qu’elle se condense en partie jusqu’à ce que sa force élastique soit réduite à millimètres , qui est celle qui correspond à 20° de température. Le brouillard sera donc d’autant plus intense que la température de l’eau sera plus élevée au dessus de la température de l’air, et que l’air sera lui-même plus humide , puisque , s’il était saturé , il faudrait que toute la vapeur nouvelle se condensât à mesure qu’elle arrive.
Les brouillards qui se forment sur la mer, les lacs, les fleuves et les rivières ont précisément la même origine :
plusieurs observateurs se sont assurés, parties expériences directes, qu’au moment de la formation des brouillards .la température de l’air est toujours moindre que la température de l’eau. Cependant cette condition , qui est toujours nécessaire, n’est pas toujours suffisante : quand l’air est sec et fort agité, il emporte la vapeur et la disperse à l’instaüt où elle se forme , sans qu il en résulte une condensation sensible ; mais quand l’air est calme et déjà humide , la vapeur s’élève lentement, et se condense presque en totalité ; c’est précisément ce qui arrive auprès de toutes les sources pendant l/hiver.
On observe assez souvent des brouillards dans des circonstances qui semblent tout-à-fait différentes. Par exemple , au moment du dégel , quand la température de l’air est très-sensiblement plus haute que la température de l’eau , on voit encore des brouillards très-intenses se former sur les rivières, même quand elles sont encore couvertes de glaces ; mais les apparences seules sont changées : le principe est le même. En effet , dans ce cas l’air chaud est saturé d’humidité, et lorsqu’il vient se mêler à l’air qui a été refroidi par le contact de la glace ou par le contact des autres corps froids, sa vapeur se condense.
C’est la même cause encore qui produit les brouillards sur les rivières pendant l'été , après les pluies d’orage. L’air est plus chaud que la surface de l’eau, mais il est saturé d’humidité, et dès qu’il approche des lieux où la fraîcheur de la rivière se fait sentir, il faut bien que sa vapeur se condense, puisqu’elle se refroidit.
En général, le mélange de deux airs suturés d’humidité et inégalement chauds produit essentiellement du brouillard, parce que la moyenne température qui en résulte est trop basse pour contenir la moyenne force élastique de la vapeur. Par exemple, de l’air saturé d’humidité à 5° sé mêle à de l’air saturé d’humidité à i5°. La température moyenne sera io°; mais la force élastique qui cor-