DES VAPEURS DE L* ATMOSPHÈRE. — OIAP. III
respond à 5° est 7 millimètres, celle qui correspond à i5° est i3 millimètres ; la force élastique moyenne est 10 millimètres, qui 11e peut exister dans de l’air à io°, puisque le maximum de force élastique correspondant à cette température est seulement de g millimètres.
666. Les nuages ne sont autre chose que des amas de brouillards plus ou moins épais , suspendus à diverses hauteurs dans l’atmosphère, quelquefois immobiles, et le plus souvent emportés par des courans d’air ou par des vents impétueux. Tous les brouillards qui se forment à la surface de la terre, dans les lieux humides, au fond des vallées, sur les collines, autour des pics élevés ou des cimes neigeuses , deviennent des nuages lorsqu’ils sont entraînés par les vents sans être dispersés. Mais les nuages peuvent avoir aussi une autre origine : ils peuvent se former directement au milieu des aii’s, soit par la rencontre de deux vents humides inégalement chauds, soit par la condensation des vapeurs, lorsqu’elles s’élèvent en abondance dans des régions qui sont trop froides pour les contenir à l’état élastique.
On admet, en général, que les vapeurs qui constituent les nuages sont des vapeurs vésiculaires , c’est-à-dire, des amas de petits globules remplis d’air humide, tout-à-fait analogues aux bulles de savon. Ces globules se distinguent très-bien à l’œil nu , dans les brouillards qui s’élèvent sur l’eau chaude, et particulièrement sur la surface d’une dissolution noire comme le café. Leur densité est essentiellement plus grande que celle de l’air, à cause de la pellicule liquide qui forme leur enveloppe, et il est assez difficile d’expliquer comment ils peuvent, malgré cet excès de densité, rester suspendus au milieu des airs. M. Gay- Lussac pense que les courans d’air chaud qui s’élèvent incessamment de la terre pendant le jour ont une grande influence pour déterminer l’ascension et maintenir la suspensif» des nuages. M. Fresnel supposait que la chaleur
solaire, absorbée dans le sein des nuages, en forme des espèces de montgolfières qui s’élèvent à des hauteurs d’autant plus grandes que l’excès de température est plus considérable. Ces deux causes sont sans doute très-efficaces , mais nous avons jusqu’à présent trop peu de données sur la véritable constitution des nuages et sur les propriétés des vapeurs ou des élémens divers qui les composent pour tenter une explication complète de ce phénomène. jNous ne pourrions, à plus forte raison, présenter que des conjectures plus ou moins hasardées sur les causes qui déterminent la formp des nuages, leur étendue, leur élévation, leur couleur et toutes leurs apparences si variées, dont les météorologistes doivent faire une clude toute particulière.