‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 69 sur 79 · PARHÉLIES OU FAUX-SOLEILS · texte numérisé non relu

PARHÉLIES OU FAUX-SOLEILS

680. N’ayant eu aucune occasion d’observer ces phénomènes hi d’en faire une étude particulière, je me contenterai de rapporter ici (d’après M. Biot) la description qui en a été donnée par les témoins oculaires, et l’explication un peu hasardée que l’on doit à Huyghcns.

Les parliélies consistent dans l’apparition simultanée de plusieurs soleils, images fantastiques du soleil véritable.

LlVIiE NEUVIEME.

Ces images se montrent tou jours sur l’horizon à la même hauteur que le vrai soleil, et elies sont toujours unies les unes aux autres par un cercle blanc pareillement horizontal, dont le pôle est au zénith. Ce cercle monte et descend sur l’horizon en même temps que le vrai soleil , et son demi-diamètre apparent est toujours égal à la distance de cet astre au zénith. Les images du soleil qui paraissent sur ce cercle, du même côté que le soleil véritable, présentent les couleurs de l’arc-en-ciel , et quelquefois le cercle lui-même est coloré dans la partie qui les avoisine. Au contraire, les images qui se forment du côté du cercle opposé au soleil sont toujours incolores 5 d’où l’on peut conjecturer quelles sont produites par réflexion, ainsi que le grand cercle, et les autres par réfraction. En outre, quand ces phénomènes se produisent , on voit ordinairement autour du soleil une ou plusieurs couronnes circulaires concentriques qui offrent les couleurs de l’arc-en-ciel ] et enfin on voit quelquefois naître sur ces couronnes mêmes , ou sur lespointsdu grandcercle , d’autres linéamens d’arcs pareils, et même des arcs tout entiers. L’apparition de ce météore la plus complète que l’on connaisse est celle que Hevclius a observée à Dantzick le 20 février 1661. Elle est représentée fig. 5y4*

Pour concevoir la manière dont ces phénomènes peuvent se produire, il faut , comme l’a fait Huyghens , considérer d’abord ce cercle blanc , horizontal , qui entoure le zénith, et sur lequel se trouve toujours le vrai soleil. (Fig. 3y4 bis.} La blancheur de ce cercle , uniformément constatée dans toutes les observations de ce genre, indique qu’il est produit par réflexion -, alors le problème se réduit à ceci : Supposant un nombre infini de corpuscules suspendus dans l’air, quelle forme faut-il leur attribuer pour que les rayons solaires réfléchis sur leurs surfaces forment toujours avec l’horizon le même angle que les rayons incidens dont ils dérivent? 11 est évident que cette condition

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ne peut être remplie qu'en donnant aux corpuscules la forme de petits cylindres verticaux; et en effet, si l’oU Suppose que le soleil éclaire une infinité de pareils cylindres, il en résultera nécessairement un cercle blanc horizontal qui aura son pôle au zénith , et dont le demi-diamètre sera le complément de la hauteur du soleil sur l’horizon. Maintenant, pour satisfaire au phénomène des soleils colorés qui paraissent de part et d’autre du soleil véritable, il suffit de supposer ces cylindres formés d’une partie extérieure transparente et d’un noyau cylindrique opaque ; car alors, par une réfraction latérale, opérée perpendiculairement à leur axe, ils produiront un effet analogue à celui des globules de grêle dans les couronnes , et avec plus d’éclat encore, à cause de leur forme allongée et du parallélisme de leur disposition, d’où résulteront les apparences des soleils colorés. Enfin , si l’on suppose, comme il est très-vraisemblable, que les extrémités de ces cylindres soient l’une et l’autre arrondies, ils produiront dans ce sens les effets résuîtans de la sphéricité, et de là pourront naître les couronnes colorées concentriques au soleil véritable. Or Descartes assure, dans le livre des météores, qu’il a quelquefois observé de pareils cylindres de grêle renfermant un noyau intérieur neigeux, opaque , et pareillement cylindrique. Enfin Huyghens a pour ainsi dire imité cette formation par l’expérience, en plaçant à diverses distances angulaires de son oeil et du soleil un cylindre de verre mince rempli cl’cau, avec un noyau cylindrique opaque dans l’intérieur, et il a vu se réaliser ainsi , par l’expérience, tous les phénomènes que le calcul lui avait indiqués. Il a également montré comment ces calculs représentaient avec fidélité les circonstances caractéristiques du phénomène. Mais pour atteindre les derniers détails de l’observation d’Hevelius, il lui a fallu distribuer dans l’atmosphère, sous beaucoup de positions I diverses, les corpuscules cylindriques et globulaires qu’il

avait imaginés. Celte complication, qui parait inhérente à ce genre de phénomènes, ne doit pas être une raison de rejeter l'idée d’Huyghens, mais plutôt un encouragement à observer exactement leurs apparences , pour pouvoir les luicorhparer. La loi de la doublé réfraction , si long-temps méconnue , nous a appris qu’il ne fallait pas traiter légèrement les spéculations d’un génie si élevé, et Newton luimême parait les avoir adoptées dans cette circonstance , puisqu’en parlant desparhélies dans son Optique, il renvoie à l’explication d’Huyghens.

DE L^LECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — ClIAP. V. 8o3

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