DE L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — CHAP. P
partout, qu’ils couvrissent toute l’étendue des plaines et des montagnes , toute l’étendue des continens et des mers. Après cela , si quelqu’un vient avec ces instrumens proposer de garantir, contre les atteintes de la grêle, la propriété d’une commune ou meme d’une province , il est évident qu'il n’a pas consulté les résultats de la science, car il aurait pu faire le raisonnement suivant: si l’électricité est la cause de la grêle , les paragrêles ne peuvent rien pour l’empêcher, et si l’électricité n’est pas la cause de la grêle , les paragrêles ne servent à lieu.
C’est dans ce sens qu’il est permis de dire que l’invention des paragrêles n’est pas une invention scientifique.
Cependant il faut reconnaître le zèle désintéressé avec lequel plusieurs personnes estimables se sont empressées d’élever des paragrêles et d’en couvrir de vastes cantons. Si leur entreprise n’a pas été conseillée par la science, elle a été conseillée par un sentiment généreux , par le désir d’être utile, et certes, lorsqu’on voit des pays dévastés, lorsqu’on voit la misère et les malheurs qui suivent les ravages de la grêle, on est bien vivement porté à tout tenter contre ce fléau pour en affranchir l’humanité. Le hasard a souvent produit de grandes choses; des entreprises qu’un savant n’aurait ni faites ni proposées ont plus d’une fois été couronnées de succès, et tout ce que nous pouvons souhaiter ici, c’est que l’entreprise des paragrêles soit du nombre.