‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 115 sur 159 · VERRE · texte numérisé non relu

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Tous les nombres contenus dans ce tableau ne sont pas les résultats immédiats de l’expérience, parce qu’il n’a pas toujours été possible d’opérer sur des épaisseurs exactes de î,7, I millimétrés, etc.*, mais alors les nombres correspondant à ces épaisseurs ont été obtenus par des interpolations entre des nombres voisins.

Les expériences sur l’huile de colza ont été faites dans des tubes fermées par des plaques de sel gemme ; mais , quand l’épaisseur de l’huile dépassait 3 millim., il était indifférent de fermer le tube avec du verre ou avec du sel.

Après avoir constaté que l’eau distillée agit sensiblement, comme l’eau salée, il a été facile de reconnaître qu’une couche d’eau, de 0 millimètre 3 , produit le même effet, qu’elle soit enfermée dans des plaques de sel ou qu’elle le soit dans des plaques de verre.

Tous les résultats sont corrigés delà perte qui résulte des deux réfleclions extérieure et intérieure : l’intensité du faisceau incident étant représenté par 100, et il se réduit en réalité à 92,3 par l’effet de la réflection.

Pour les cinq substances, on voit que l’absorbtion est déjà très considérable pour une épaisseur de ^ millimètre, et qu’elle e.st d’autant plus grande que la température de la source est moins haute.

L’absorption totale augmente d’abord rapidement avec l’épaisseur, mais elle semble tendre vers une limite, car, en ajoutant des épaisseurs considérables, le faisceau transmis conserve à peu près la même intensité ; il en résulte que le flux de chaleur de chaque source est composé d’éléments très diversement absorbables : les uns n’exigeant que de très faibles épaisseurs pour être complètement absorbés ; les autresexigeant des épaisseurs plus grandes; les autres, enfin, pouvant résister à l’absorption. Mais, cette composition de la chaleur rayonnante est variable avec la nature de la source qui la produit ; les sources de basse température ayant, en général, une plus grande proportion d’élémens absorbables,

du moins quand l’absorplion se fait par les substances com- )rises dans le tableau.

486. Diatermansieon lhertnanisme. — Lorsqu’on examine a composition de la chaleur, non plus en elle-même et d’une nanière absolue, mais d’une manière relative et par rapport lUx milieux qu’elle traverse, on est conduit à cette conséuence importante, savoir : que l’action des corps diatherlanes sur la chaleur est analogue, en général, à l’action ue les corps transparens et colorés exercent sur la lumière, în effet, ce qui caractérise les milieux colorés, c’est d’exerer de préférence leur absorption sur telle ou telle couleur ; n sorte, par exemple, que, si un verre ne laisse passer que î rouge simple, un autre verre pareil qu’on mettrait derrière li n’absorberait presque rien, tandis qu’un verre violet ne lisserait presque rien passer: si les verres colorés, au lieu de îndrc simple la lumière qui les traverse, lui laissent au conaire des teintes composées, on obtient encore des résultats nalogues, mais dont l’analyse est un peu plus compliquée, ous allons voir qu’il en est de môme des corps diathermaes. Examinons d’abord séparément les 5 substances du taeau précédent : dès que la chaleur en a traversé une épaisîur de 5 ou C millimètres, elle est épurée ou thermanisée Dur chacune de ces substances ; non seulement elle devient us apte à les traverser, mais elle n’éprouve plus de leur art que de très faibles absorptions ; si bien qu’une nouvelle laisseur de la môme substance agit alors sur le faisceau lermanisé presque comme le sel gemme agit sur toute es- ^ce de chaleur, ou comme un verre rouge agit sur de la imière colorée qui vient de traverser un autre verre rouge, i maintenant sur un faisceau lhermanisé par une substance a fait agir une autre substance dialherraane, voici ce que on observe : le cristal de roche , par exemple , agit sur la laleur qui vient de traverser le verre à peu près comme agirait sur de la chaleur naturelle, c’est-à-dire qu’il en )Sorbe une partie considérable et que cette absorption

432 LIVRE vil. — CHALEUR. — DEUXIÈME PARTIE.

diminue rapidement à mesure que l’épaisseur augmente. Le verre agit de même sur la chaleur qui a traversé le cristal de roche ; ces deux substances agissent donc sur la chaleur comme deux verres colorés de nuances différentes agissent sur la lumière, bien entendu, toutefois, que l’un n’absorbe pas tout ce que l’autre laisse passer. C’est à cette propriété j que possèdent les substances différentes de choisir dans la! chaleur des élémens différons pour les absorber, queM. Mellon! donne le nom de diathermansie : nous proposons de l’appeler simplement i/teman/swe; d’appeler thermanisantes les substances qui choisissent ainsi des rayons distincts pour les absorber de préférence ; et d’appeler chaleur thermanisée celle qui a été modifiée par les substances thermanisantes, comme on appelle lumière colorée celle qui a été modifiée par les substances colorantes. Ainsi, le se! gemme est dia- Ihermane, et non pas thermanisant, puisqu’il n’absorbe rien; et la chaleur qui l’a traversée reste chaleur naturelle, c’està-dire non thermanisée, puisqu’elle possède tous ses élémeni absorbables. D’autres substances pourraient être moins dialhermanes que le sel, sans être thermanisantes : il suffirai pour cela qu’elles absorbassent en môme proportion tous le: élémens divers de la chaleur naturelle. Enfin, toutes le sources ne donnent pas nécessairement de la chaleur qu doive être appelée chaleur naturelle j il peut y avoir de sources dont la chaleur soit thermanisée, comme il y a de flammes dont la lumière est colorée; les sources mêmes don nous nous sommes servis sont dans ce cas, puisqu’une raêm substance thermanisante n’agit pas de la même manière su les chaleurs qu’elles émettent. Il faudrait même se garder d conclure d’une manière absolue que la chaleur qui provier des sources les plus chaudes est toujours celle qui contient 1 moins d’élémens absorbables; car, M. Mellon! a constaté réj comment que le sel gemme, convenablement enfumé à ? flamme d’une bougie, absorbe en plus grande proportion \ chaleur qui émane des sources les plus chaudes.

Enfin, tout semble indiquer qu’il n’y a réellemenl aucune lumière chaude, ni aucune chaleur lumineuse, car, en combinant convenablement des substances thermanisan tes, comme

par exemple, le verre vert et l’alun , on arrive à absorber presque toute la chaleur, sans presque atténuer l’éclat de la umière, comme on parvient en sens contraire avec des verres loirs, ou du cristal de roche enfumé, à absorber presque oute la lumière du soleil, en laissant passer une proportion :onsidérable de sa chaleur.

Nous ajouterons encore que, dans les combinaisons ou suerpositions des substances lhermanisantes, l’effet produit oit être indépendant de l’ordre de superposition ; ce qui est [infirmé par l’expérience.

487. Réfr action de la chaleur. un support a prisme de sel gemme {flg. 350) , et, à quelque distance, le lampe Locatelli ; on cherche la direction du faisceau luineux émergent, lorsque la déviation est minimum (381); la fait, on place des écrans et l’on dispose l’axe de la pile ir la direction des rayons réfractés par le prisme; alors l’ailille du thermo-multiplicateur est déviée dès qu’on baisse 5 écrans ; et elle est encore déviée dans le même sens lorsl’à la lampe on substitue la spire de platine, la plaque de livre à 400®, ou même le petit cube rempli d’eau bouillie; puis elle cesse de l’être si l’on tourne un peu la pile iur la faire sortir du faisceau réfracté. Donc, les chaleurs ces diverses sources sont réfractées par le sel gemme, et ir indice de réfraction n’est pas très diffèrent de l’indice’ de fraction de la lumière.

En opérant sur la lumière du soleil avec un prisme de sel i donne un spectre bien étalé , on peut étudier la vraie mposition de la chaleur solaire; on démonire ainsi qu’elle tttient des éléments de réfrangibililés très différentes, les s étant aussi réfrangibles que la lumière violette, et les 1res beaucoup moins réfrangibles que la lumière rouge; de le sorte que le maximum d effet du spectre calorifique se

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