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CHAPITRE II. — STRUCTURE DES CORPS

trempe un peu moins dure , et le refroidissement dans les corps gras, comme l’huile ou le suif, donne des trempes encore un peu moins dures.

En parlant du rouge-rose, du rouge-vif. du rouge-ccrise, ou du rouge-brun, on a des trempes toujours décroissantes, c’est à dire toujours moins dures, et d’autant moins que le corps refroidissant est moins actif; ainsi, pour chacune de ces températures , l’huile paraît donner une trempe moins dure que l’eau, et l’eau une trempe moins dure que le mercure.

L’acier qui a reçu la plus forte trempe estpluscassant que le verre : il arrive assez souvent que les coins qui servent à frapper les monnaies et les médailles se brisent naturellement sans recevoir de chocs ni de pressions, môme dans des lieux où la température varie peu.

Les instrumens qui doivent avoir une trempe très dure ne doivent l’avoir en général que dans une petite partie de leur volume; aussi se garde-l-on de les tremper en entier : les burins, par exemple, ne sont trempés que dans une petite partie de leur longueur, et c’est ainsi qu’ils peuvent être très durs à la pointe, et cependant assez solides et assez résistans dans leur ensemble.

Les ouvriers qui travaillent l’acier savent donner à chaque instrument le degré de trempe qui lui convient suivant l’usage auquel il est destiné; mais on conçoit qu’il serait bien difficile de saisir ce point avec précision si l’on n’avait pour guide que la nuance du rouge à laquelle il faut plonger l’acier dans le mercure ou dans l’eau pour lui faire prendre toutes les qualités qu’on se propose de lui donner, aussi est-il bien rare que l’on suive cette méthode. On a un autre moyen de varier la trempe avec certitude, et pour ainsi dire à volonté ; ce moyen est le recuit; il repose sur la propriété que possède l’acier trempé dur , de se détremper peu à peu suivant le degré de chaleur auquel on l’expose. On commence donc par donner une trempe trop dure, et on la réduit graduel-

lement. La seule difficulté est d’avoir une série de caractères auxquels on puisse reconnaître les divers degrés de chaleur par lesquels on passe. Or, ces caractères se présentent d’euxmêmes dans l’acier : lorsqu’il a été trempé et qu’on l’expose pour le recuire sur des charbons allumés ou seulement sur du poussier de charbon , sa surface prend des couleurs très marquées qui changent avec la température. Ces couleurs sont les suivantes : jaune paille, rouge pourpre, bleu violet, bleu, bleu clair couleur d’eau. Il paraît qu’en partant d’une trempe dure, il faut, pour avoir la trempe des canifs et des rasoirs, arrêter le recuit au jaune paille, l’arrêter au pourpre pour avoir celle des couteaux et des ciseaux, au bleu pour celle des ressorts de montre, et seulement à la température du rouge naissant pour avoir celle des ressorts de voiture. Il est bien rare que des pièces d’acier bien dressées ne se déforment pas par la trempe, et souvent le recuit qu’elles doivent éprouver n’est pas assez grand pour qu’on puisse les redresser au marteau; c’est, par exemple, ce qui arrive aux i aiguilles magnétiques, car il est bon de ne pas les recuire jusqu’au bleu. Dans ce cas on chauffe les pièces dans un tube ou dans un manchon de fer, afin qu’elles prennent plus sûrement une température uniforme dans toute leur étendue, cl ensuite on les laisse tomber verticalement dans l’eau , d’une hauteur un peu grande, afin que tous les points de la surface soient saisis par le froid presque au même instant.

Le verre peut être trempé comme l’acier , et s’il est impossible de lui donner par le recuit la souplesse et l’élasticité des ressorts, il est possible au moins de diminuer beaucoup sa fragilité. Tout le monde sait comment se font les larmes balaviques, et comment elles se réduisent en poussière dès qu’on en brise la pointe. Puisqu’elles se forment en versant du verre fondu dans l’eaü froide, et puisqu’elles éclatent en mille fragmens lorsqu’on rompt en quelque point leur conlinui'é , il est évident qu’elles sont toutà-fait analogues à l’acier fortement trempé; aussi lorsqu’on

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