CHAPITRE ni. — ÉLASTICITÉ
On voit qu’en général les nombres de MM. Coliadon et Slurm sont un peu plus forts que ceux de M. OErsled. La différence est faible pour le mercure et pour l’eau ; mais elle est considérable pour l’élher sulfurique , et bien plus grande encore pour l’alcool. Ces deux derniers liquides et l’éther hydrochlorlque donnent lieu à une observation importante, c’est que la compressibilité diminue à mesure que la pression augmente ; enün l’on remarque une augmentation très sensible dans la compressibilité de l’étlier sulfurique, depuis la température 0“ jusqu’à la température de 11®.
La chaleur qui se dégage pendant la compression des liquides est toujours si faible qu’elle n’a pas pu être observée avec certitude.
319. De rélasticitc de tension et de la ténacité. — Les corps solides travaillés en fils, en liges ou en barres, éprouvent divers phénomènes lorsqu’ils sont tirés dans le sens de leur axe par des forces successivement croissantes : 1® leur longueur augmente et leur diamètre diminue ; 2® ils reviennent exactement à leurs dimensions primitives quand les forces traclives viennent à cesser sans avoir dépassé certaines limites; 3® au delà de ces limites, ils restent allongés dans un sens et rétrécis dans l’autre; 4® pour des forces plus grandes encore ils se rompent, tantôt brusquement dans toute leur largeur, tantôt lentement en s’amincissant de plus en plus.
1® Il est naturel de supposer que ppndant la traction le volume du corps augmente à peu près comme il diminue pendant la compression. C’est, en effet, ce que M. Cagniard La Tour a observé en étirant un G1 de cuivre dans un long tube rempli d’eau et convenablement disposé; et M. Poisson a démontré que , si l’on représente en général par a l’allongement que prend par la traction un cylindre dont la longueur est l’unité , le rétrécissement dans le sens per-
volume primitif étant v, le volume pendant la traction sera
2® Pour démontrer que les fils et les tiges ont une élasticité parfaite entre certaines limites et qu’ils prennent des allongemcns proportionnels aux forces de traction , l’on emploie des procédés différons : lorsqu’il s’agit de fils très flexibles, voici l’appareil dont on peut faire usage : une barre de fer f ( fig, 26 ) est disposée horizontalement à une hauteur convenable ; vers ses extrémités , elle porte des montants verticaux armés de pinces, p el p'; le fil que l’on veut soumettre à l’expérience est fixé à l’une des pinces et tendu horizontalement par un poids connu. Lorsqu’il a pris sa tension , l’on serre la seconde pince pour avoir exactement la longueur sur laquelle on opère. Près de l’appareil, on dispose le kathétomètre décrit t. I , p. 227, et l’on observe la hauteur du milieu du fil ; ensuite on te charge successivement de différons poids au moyen d’un petit bassin muni d’un crochet. On observe de nouveau la position du milieu du fil , et l’on a ainsi d’une manière très exacte la hauteur de la flèche mm'. Alors il suffit de calculer le triangle rectangle mm'p, pour en déduire pm' — pm ou la moitié de l’allongement; quant à la tension que le fil éprouve, on la déduit, par les règles ordinaires de la mécanique, des poids dont on a chargé le bassin.
Lorsqu’il s’agit au contraire de démontrer ces lois pour des liges fortes et rigides , il faut employer l’appareil qui est représenté dans la figure 27; les liges sont alors verticales , fixées à leur partie supérieure, et chargées à leur partie inférieure, puis, avec le kathétomètre, on observe les allongemens. M. Savart a fait sur ce sujet un grand nombre d’expériences qui font partie de son beau travail sur les vi-