CHAPITRE IV
Du mouvement de vibration des masses fluides.
3-42. Divers moyens de faire vibrer les liquides. — Quand deux corps solides choqués sous l’eau excilenl un bruit qui retentit au loin, le liquide est ébranlé directement dans lous les points où il louche les surfaces des corps solides vibrans, et il est alors ébranlé comme le sont les gaz par les frémissemens d’une cloche. C’est encore par un choc dirqpt que les vibrations normales des disques et les vibrations longitudinales des verges dont nous avons parlé précédemment peuvent ébranler l’eau , le mercure ou les autres liquides. Aussi l’on pourrait penser que le choc des solides est indispensable pour faire vibrer les liquides : mais le jeu de la sirène peut exciter dans l’eau, et sans doute aussi dans tous les liquides, des vibrations sonores qui ont une autre origine. On en fait l’expérience de la manière suivante : u est un vase large et profond {(ig. 66) dans lequel on ajuste solidement une sirène en s; le tuyau porte-vent t est fermé par un robinet r et devient ici un tuyau porte-liquide, car il communique à un tube en plomb p, rempli d’eau, qui descend d’un ré.servoir élevé de 12 ou 15 pieds. L’appareil étant ajusté, on met de l’eau dans le vase v jusqu’au dessus du plateau mobile de la sirène, on ouvre le robinet r, et à l’instant l’eau jaillit, le plateau tourne et l’on entend un son Ires distinct. On pourrait penser que le son se communique par les raontans de l’inslrumenl qui s’élèvent encore au dessus du niveau : mais ces monlans sont bientôt cachés eux-méraes par l’eau qui arrive , et , quand tout l’appareil est enfoncé sous l’eau de plusieurs pouces , le son se fait encore entendre, et il paraît même plus pur et mieux soutenu.
lt)4 LITRE V. — ACOUSTIQCE.
Le liquide poussé d’abord dans les ouvertures de la table et du plateau , puis arrêté , puis poussé et arrêté de nouveau, et ainsi de suite par de rapides alternatives, éprouve précisément ce que les gaz éprouvent dans les mêmes circonstances.
Il y a sans doute encore d’autres moyens d’exciter dans les liquides des vibrations sonores sans la percussion des solides: on sait, par exemple, qu’un courant d’étincelles électriques produit un bruit net et soutenu, au milieu d’une masse liquide; et probablement, si l’on ajustait un appareil pour enflammer au milieu de l’eau, par l’électricité , de petites bulles du mélange détonant d’hydrogène et d’oxigène , qui se succéderaient rapidement, l’on produirait ainsi des bruits très intenses , sans employer d’autres solides que les bouts de fil mince qui apporteraient le fluide électrique ; encore pourrait-on les remplacer par de petites colonnes de mercure contenues dans des tubes de matière très peu élastique.
343. Divers moyens d'exciter les vibrations sonores dans les (jaz. — Nous avons déjà vu comment des vibrations peuvent être excitées dans l’air par l’explosion d’une poudre fulminante, par la percussion d’une masse élastique, comme un timbre, une cloche ou un taratam, et par les oscillations rapides des cordes, des verges ou des plaques. Nous avons aussi indiqué comment la lame mince d’air qui vient se briser contre le biseau du tuyau d’orgue détermine une oscillation dans toute la colonne d’air adjacente : le changement de pression qui survient en un point de cette colonne élastique se communique rapidement dans toute son étendue , tous les ressorts moléculaires réagissent les uns sur les autres, et la colonne vibre dans son ensemble par la môme raison qu’un cylindre solide vibre dans toute sa masse quand il est ébranlé dans un point quelconque.
C’est encore le même phénomène qui se produit dans la flûte et dans la toupie d’Allemagne, avec celle seule différence que dans le premier cas l’air est poussé contre le bord