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CHAPITRE III. — VIBRATIONS DES CORPS SOLIRES. tOt

la même élasticité : celles qui passent par Taxe et par un des rayons de la coupe abc d e f du prisme (/îg. 92) donnent les lignes nodales perpendiculaires ou le système hyperbolique (/î^. 93), tandis que celles qui passent par l’axe et par l’apothème o p de la section précédente ne peuvent offrir que deux systèmes hyperboliques à peu près semblables, mais correspondant néanmoins à des sons différons {(ig. 29). Les axes de ces hyperboles semblent faire entre eux un angle de 51 ou 52°.

D’autres plaques taillées dans des directions différentes donnent encore des résultats différons , et M. Savart est porté à conclure de l’ensemble de ces expériences que le cristal de roche paraît avoir trois systèmes d’élasticité , chacun représenté par trois lignes. Il essaie môme par des considérations ingénieuses de déduire leurs directions; mais nous ne pouvons entrer ici ni dans tous ces détails , ni dans la discussion qui devrait les accompagner.

340 bis. Vibrations dés corps dont aucune dimension n’est petite par rapport aux autres. — Il résulte évidemment de tout ce qui précède que des masses solides quelconques peuvent entrer en vibration comme les verges, ou les lames, ou les membranes, et que pendant leurs raouveraens elles se partagent en diverses parties vibrantes, séparées les unes des autres par des surfaces nodales plus ou moins ir régulières. Ainsi, lorsqu’un bloc de bois, de pierre ou de fer, retentit sous le choc du marteau, on peut suivre par la pensée les pressions qui se communiquent de proche en proche dans toutes les directions , depuis la première molécule qui reçoit le coup jusqu’aux molécules qui en sont les plus éloignées, et cette diffusion du mouvement se fait comme dans une colonne d’air, c’est-à-dire par ondes condensées ou raréfiées ; seulement, les ondes sont d’autant plus courtes que la matière est moins compressible. Mais, pour ébranler des masses un peu considérables et en faire sortir des sons purs et soutenus , on éprouve toujours de grandes diffi-

cultés , et c’esl sans doute pour celte raison que l’on n’a fait jusqu’à présent que très peu d’expériences sur ce sujet. Les masses de différentes subslanc- s et de différentes formes offriraient cependant des modes ue division et des traces de lignes nodales qui seraient , sans doute, le nuoyen le plus efQcace d’étudier leur structure intérieure et tous les accidens de leur élasticité.

341. Des vibrations des corps dans différens milieux. — Les corps peuvent vibrer dans les différens fluides élastiques, et même dans les différens liquides, comme ils vibrent dans l’air ; mais on conçoit que l’inertie et la résistance du milieu ambiant doivent exercer une influence sur la rapidité des vibrations, et par conséquent sur leur nombre et sur le ton du son qui en résulte. Celte influence est d’autant plus grande que la masse fluide que le corps solide doit déplacer dans ses mouvemens est elle-même plus considérable. Ainsi les vibrations perpendiculaires à la surface de jonction d’un solide et d’un liquide seront beaucoup plus modifiées que les vibrations tangentes à cette surface. M. Savart a reconnu, jiar exemple, qu’un disque de verre, ébranlé par un petit tube fixé à son centre et perpendiculairement à sa surface. donne dans l’eau un son plus grave que dans l’air; les lignes nodales concentriques que l’on observe alors ne restent pas non plus les mêmes: dans l’eau elles s’éloignent du centre. Ce phénomène, qui est très marqué lorsqu’on passe de l’air dans l’eau, doit se produire encore, mais avec moins d’intensité , lorsqu’on fait vibrer le même corps successivement dans des fluides élastiques différens par leur nature ou seulement par leur densité.

Les difijrences sont bien moindres dans les vibrations tarigenlielles ; ainsi, une lame ou une verge qui vibre dans si longueur rend sensiblement le même son, soit qu’elle se trouve plongée dans l’air, dans l'eau , ou même dans le mercure.

tHVPITRK IV. — VIBRATIO.N DES MASS 8 FLUIDES.^ lüô

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