CHAP. V. — COMMUNICATION I)E8 VIBRATIONS. H
et il faut en outre qu’elle puisse instantanément aussi imprimer ses vibrations à la masse d’air qu’elle contient , et par conséquent que celte masse d'air soit apte à les recevoir. Ces conditions multipliées font assez voir combien il est difficile de faire un bon instrument à cordes , et, par exemple, un bon violon; car, en supposant que la matière de la caisse vibre parfaitement bien , il pourra se faire que par sa forme la masse d’air qu’elle enveloppe reçoive mal ses vibrations , et l'inslrumeni sera mauvais: un peu plus d’élasticité ou de rigidité dans le bois de la table supérieure exigera sans doute une autre forme dans la caisse, et c’est pour cela que deux violons également parfaits ont cependant des formes sensiblement différentes , et que deux violons de même forme peuvent être l’un très bon cl l’autre fort médiocre.
Il suffit quelquefois d’un cbangemenl léger dans les pièces mobiles pour rendre un violon un peu meilleur ou un peu plus mauvais; car les vibrations passent de la corde à la table supérieure par le chevalet, et de la table supérieure è la table inférieure au moyen de Vame. La position absolue de ces pièces et leur position relative ne peut donc manquer d’avoir quelque influence sur la facilité avec laquelle le son passe de la corde à la caisse et de la caisse à la masse d’air. M. Savart a fait des expériences variées et intéressantes pour montrer aux yeux par le mouvement du sable la transmission des vibrations dans les diverses pièces du violon, et il est parvenu ainsi à indiquer les fonctions principales que chacune d’elles doit remplir. Cependant la pièce la plus simple doit satisfaire à tant de .conditions différentes qu’il est à peu près impossible d’en faire une analyse exacte, et sans doute, si on voulait la changer j our mieux l’approprier à tel ou tel but , il est très probable qu’elle deviendrait moins apte pour tel où tel autre, et que l’on perdrait d’un côté au moins autant que l’on gagnerait de l’autre.