‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 77 sur 159 · CHAP. III. — DÉCOMPOSITION ET RECOMP. DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

CHAP. III. — DÉCOMPOSITION ET RECOMP. DE LA LUMIÈRE

turelles des corps. Les phénomènes qui se présentent alors sont très variés , mais il nous sufûra d’indiquer les conditions sous lesquelles ils se produisent, et le principe qui sert à les expliquer.

Au milieu d’une feuille de papier noir, on pose à la suite l’une de l’autre deux petites bandes de papier r et u, l’une rouge et l’autre violette, de 1 ou 2 centimètres de longueur et de 1 millimètre de diamètre {p.g. 217) ; puis )n les regarde avec un prisme à quelques pieds de distance în tenant les arêtes du prisme parallèles à la longueur des landes. On aperçoit alors une image déviée de chaque lande, mais l’image violette m est bien plus relevée vers le lommet du prisme que u’cst l’image rouge r. Ainsi, le violet !st plus réfrangible que le rouge, et c’est par l’inégale rérangibililé que l’on voit au travers du prisme les deux bandes épurées , tandis qu’on les voit unies et sur la môme ligne orsqu’on les regarde directement.

2° Si, au lieu de peindre l’une des bandes en rouge et 'autre en violet, on mélange d’abord les deux couleurs enemble, pour peindre une seule bande p avec la couleur omposée, qui est une espèce de pourpre , alors , au travers U prisme , cette bande p donne à elle seule deux images istinctes et séparées r et «, l’une rouge et l’autre violette, tinsi, la puissance réfringente du prisme sépare les deux :ouleurs élémentaires qui composent le pourpre, et dévie hacune de ces couleurs suivant les lois qui lui sont propres, ixactement comme si elles provenaient d’un corps lumineux lar lui-méme.

3° Les corps qui sont naturellement blancs ne pouvant irer leur blancheur que de la lumière qui les éclaire , on peut uger d’avance que leur couleur doit reproduire toutes les mances du spectre , comme le pourpre de l’expérience pré- ;édente a reproduit les nuances élémentaires de rouge et de 'iolet qui entraient dans sa composition.

En effet, une petite bande b de papier blanc (fig. 217), re-

gardée avec le prisme, ne donne plus aucune trace de couleur blanche dans son image ur; mais, si elle est assez étroite, elle donne, d’une manière parfaitement distincte, le rouge, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet, dans le même ordre et avec les mêmes proportions que la lumière solaire.

4° ürte large bande de papier blanc b' {fig. 217) présente d’autres apparences : vers le milieu de l’image, toutes les couleurs simples se trouvent superposées et reproduisent du blanc ; mais en môme temps la recomposition est incomplète vers les bords, et l’on aperçoit d’un côté des bandes violettes, indigo, bleues, et de l’autre des bandes rouges, orangées, j jaunes.

5° Une large bande noire n (flg. 217) sur un fond blanc présente, au travers du prisme, des phénomènes qui sont précisément l’inverse des précôdens : le milieu de l’image est noir, et, à partir de ce milieu, les bandes colorées sont suC' cessivement rouges, orangées, jaunes, vers le haut; et violettes, indigo, bleues, vers le bas. Pour se rendre compb de cette inversion , il suffit de remarquer que les couleur; résultent de l’espace blanc qui limite la bande noire n: celle d’en haut proviennent du fond blanc qui est iraraédiatemen au-dessus de n, et celles d’en bas proviennent du fondblan qui est immédiatement au-dessous.

6® Une bande noiren très étroite {fig. 217) ne donne plu de noir au milieu; son image se compose simplement c bandes rouges et violettes , au dehors desquelles se trouvei d’un côté l’orangé et le jaune, et de l’autre l’indigo et bleu. C’est comme si le milieu noir de l’expérience préci dente diminuait de plus en plus au point de disparaître.

La lumière que nous pouvons produire artificiellemen soit parla combustion, soit, en général, par les forces oh iniques, soit par les actions physiques ou mécaniques, pc être analysée par le même moyen, et loutcs les expérieiicj

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qui ont élô faites sur ce sujet conduisent jusqu’à présent aux deux conséquences suivantes :

1® La lumière artiGcielie, quelle que soit son origine, ne contient aucune nuance simple qui ne se retrouve dans la lumière solaire.

2" Il n’existe aucune lumière artificielle qui reproduise les nuances simples de la lumière solaire avec leurs intensités et leurs proportions relatives. La nuance qui domine dans une lumière artificielle est aussi la nuance qui domine dans le spectre que l’on obtient en la regardant avec un prisme. Ainsi , les flammes rouges , jaunes , vertes ou bleues, donnent des spectres où la couleur dominante est le rouge, le jaune , le vert ou le bleu. Cependant, lorsqu’on brûle avec une mèche d’éponge de l’almol étendu d’eau très salée, l’on obtient une flamme dont la lumière est presque de la lumière simple : c’est par ce moyen que M. Brewster forme sa lampe monochromatique , qui peut être utile pour éclairer les observations microscopiques.

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