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CHAPITRE IV. “-ACHROMATISME. i

d, c, f, g, h, comme offrant le double avantage d’ôlrc faciles à reconnaître et de partager le spectre en espaces qui ne sont pas trop inégaux. De 6 à c on compte 9 raies fines et bien déterminées ; de c à d on en compte 30 ; de d à e, environ Sîde différentes grosseurs ; de e à /*, plus de 76, entre lesquelles on en distingue trois des plus fortes du spectre et des mieux terminées; de / à g 1&5, et de^ à 190 : ce qui fait 574 iiebkh. Si l’on compte encore celles qui sortent de ces limites , on peut évaluer à 6 ou à 700 le nombre total des raies noires ou plus ou moins sombres que présente le spectre solaire dans toute sa longueur.

Pour observer ce phénomène , il ne suffit pas de jeter les yeux sur le tableau qui reçoit le faisceau de lumière décomposé par le prisme ; ces espaces noirs sont beaucoup trop fins et trop resserrés pour 'être aperçus directement ; mais il est nécessaire d’employer un appareil particulier, et surtout un grossissement considérable. On peut disposer l’expérience de la manière suivanie : on fait entrer dans la chambre noire un pinceau de lumière solaire par une ouverture longue et étroite o (fig. 218) ; à la distance de 6 ou 7 mètres on reçoit ce faisceau sur un prisme p très pur, sans stries ni filandres, et tourné de manière que ses arêtes soient parallèles à la longueur de l’ouverture; derrière ce prisme on dispose une lunette achromatique l, pour qu’elle reçoive le faisceau réfracté et décomposé ; et c’est en regardant dans la lunette successivement toutes les nuances du spectre que l’on distingue les raies qui appartiennent aux diverses portions de sa longueur.

Après avoir fait cette découverte importante, Frauenhofer a constaté 1® que les raies sont tout-à-fait indépendantes de l’angle réfringent du prisme, et 2“ qu’elles sont pareillement indépendantes de la nature de la substance réfringente, c’est-à-dire que , dans tous les cas , elles restent les mêmes pour leur nombre, leur forme et leur disposition.

Jusqu’à présent on a trouvé une ideulilô si absolue entre

la lumière du soleil et toutes les autres lumières naturelles ou artificielles , qu’il était très important de chercher si ceüe identité se soutiendrait encore à la nouvelle épreuve des raies du spectre. ■C’est dans cette vue que Frauenhofer a fait avec le même appareil diverses expériences sur l’étincelle électrique, sur la flamme d’une lampe, sur la lumière de Vénus et sur celle de Sirius.

La lumière électrique donne des raies brillantes , au lieu de raies noires ; l’une des plus remarquables par sa vive intensité se trouve dans le vert.

La lumière d’une lampe donne pareillement des raies brillantes , on peut surtout en distinguer deux très intenses vers le rouge et l’orangé. La flamme de l’hydrogène et celle de l’alcool présentent sous ce rapport la même apparence que les flammes d’huile.

La lumière de Vénus donne les mêmes raies que la lumière du soleil, seulement elles sont moins faciles à distinguer vers les extrémités du spectre.

Enfin , la lumière de Sirius donne aussi des raies noires, mais elles sont tout à-fait différentes de celles du soleil ou des planètes. Il y en a trois surtout qui sont très remarquables ; l’une dans le vert, et deux dans le bleu.

D’autres étoiles de première grandeur paraissent donnei des raies différentes de celles de Sirius et de celles du soleil.

Ainsi, par cette nouvelle donnée et par ces observations précises, se trouvent établis des caractères distinctifs entre les diverses lumières naturelles ou artificielles ; c’est une vaste carrière ouverte par l’habile artiste de Munich dont nous avons à déplorer la perte. Nous pouvons espérer que les physiciens suivront avec un vif intérêt ces premières découvertes qui tiennent de si près à l’origine de la lumière et aux conditions sous lesquelles elle prend naissance, soit artificiellement dans les corps terrestres, soit naturellement dans lo soleil et les étoiles. j

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