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CHAPITRE V. — VISION. 25t

deux autres membranes , la choroïde et la rétine , qui jouent dans l’acte de la vision le rôle le plus important.

La choroïde est une membrane vasculaire qui revêt toute la face interne de la sclérotique, depuis le fond de l’œil jusqu’à la capsule cristalline ; il y a même quelques anatomistes qui prétendent qu’elle se prolonge en avant pour venir former l’iris , en se repliant sur elle-même.

La rétine n’est autre chose que l’épanouîssemenl du nerf optique ; elle est simplement posée sur la choroïde , et s’en détache avec la plus grande facilité lorsque l’on coupe l’œil pour en faire l’anatomie. Cette membrane , ou plutôt ce lacis nerveux , offre une transparence presque complète.

Telle est à peu près la disposition générale des principales pièces qui composent l’organe de la vue. Les dimensions moyennes d’un œil humain sont ainsi qu’il suit ;

Rayon de courbure de la sclérotique

10 à 1 1 millimètres.

Id. de la cornée transp.

Diamètre de l’iris .

Id. de la pupille .

Épaisseur de la cornée transp. . . .

Distance de la pupille à la cornée. .

Distance de la pupille au cristallin. .

Rayon antérieur du cristallin. . . .

Rayon postérieur id .

Diamètre du cristallin . .

Épaisseur id .

Longueur de l’axe de l’œil .

Nous allons examiner maintenant

, d’après ces données,

les modifications qu’éprouve la lumière en traversant les divers milieux qui composent l’œil.

Lorsqu’un point lumineux est placé à 8 ou 10 pouces au-devant de l’œil sur l’axe du cristallin, une partie du faisceau qu’il envoie tombe sur le blanc de l’œil , et se trouve irrégulièrement réfléchie dans tous les sens-, une partie plus centrale tombe sur la comte transparente, pénétre dans l’humeur aqueuse en se réfractant , et ses bords extérieurs viennent éclairer le contour de l’iris , tandis que la partie

tout-à-fait centrale passe par l’ouverture de la pupille au milieu de l’humeur aqueuse , traverse le eristallio , l’humeur vitrée, la rétine elle-même, et va tomber sur la choroïde. La lumière que reçoit l’iris est irrégulièrement réfléchie dans tous les sens , et va reporter au-dehors la forme et la couleur de cette membrane. Le faisceau central qui traverse la pupille se trouve réfracté par le cristallin , comme il le serait par une lentille convergente, car le cristallin est plus réfringent que l’humeur aqueuse, et plus aussi que l’humeur vitrée ; par conséquent , sous certaines conditions , ce faisceau , devenu convergent , doit former quelque part une image du point lumineux d’où il est émané. Supposons pour un moment qu’il forme celte image exactement sur la rétine ou sur la choroïde en m : alors , il est évident qu’un autre point lumineux l' fera une image pareille en m', et qu’ainsi on aura au fond de l’œil une petite image mm' de l’objet II'; cette image sera renversée , et présentera d’ailleurs toutes les nuances, tous les accidens de lumière et tous les contours de l’objet lui-même. .

C’est ce que l’on peut vérifier par l’expérience, en, fermant le trou du volet d’une chambre noire par un œil de bœuf ou de mouton fraîchement préparé , et aminci à sa partie postérieure au point d’offrir une enveloppe translucide 5 l’observateur, placé dans la chambre noire , voit alors assez distinctement , sur le fond de l’œil soumis à l’expérience , l’image de la flamme d’une bougie ou d’un corps vivement éclairé.

Ainsi , considéré d’une manière générale , le phénomène physique de la vision paraît être un résultat très simple des lois de la réfraction et du pouvoir des lentilles; mais, lorsqu’on examine de plus près toutes les circonstances qui accompagnent la formation des images , on rencontre des dif- | ficullés dont jusqu’à présent la science n’a pu rendre compte i d’une manière satisfaisante. Parmi ces difficultés , les plus \ remarquables sont les deux suivantes ; i

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