‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 129 sur 240 · CEAP. IV. — POLARISATION ROTATOIRE MAGNÉTIQUE · texte numérisé non relu

CEAP. IV. — POLARISATION ROTATOIRE MAGNÉTIQUE

priété dUmfàaae^ des modifications uouvelles à la lumière polarisée qui les tray^nse. Ces corps devieiuient photogyre$y c'est-àdire qu'ils sont alors capables de faire tourner la lumière, ou, ce qui revient au mâmci de faire tourner les plans de vibration de k lumière qui se propage dans leur intérieur* Ainsi la décoiH verte de M. Faraday établit pour la première fois un rapport, une dépendance plus ou moins intime, entre deux gem-es de forces qui jusque-là paraissaient absolument distinctes et indé« pendantes, savoir : les forces qui produisent les ondes lumineuses et celles qui produisent les courants électriques ou les phénomènes magné ti^iues.

Je vais essayer d'exposer rapidement les principales expé» rieQces qui ont été faites sur ce sujet, je les emprunterai aux mémoires de M« Faraday, à la note que j'ai présentée à l'Académie des sciences, le 26 janvier 1846, et aux autres publications qui sont venues à ma connaissance.

Un morceau de flintrglass pesant (Pl. 36, Fie. 23), terminé p^ deux £ioe& planes et parallèles a', V est disposé, devant un Sectro-aimant puissant, comme s'il devait lui servir de contact. Lorsqu'on £dt passer un courant énergique, conune celui qui ^te d'une pile de 50 paires de Bunsen, la pièce de flint n'é- )n)uve aucun effet mécanique sensible ; elle n'est ni attirée vers fô pôles, ni repoussée, ni tournée dans une direction particulière; n^ si l'on fait tomber sur elle, perpendiculairement à ses aces CL et b'y un rayon polarisé, elle agit sur lui, quand le oour rant passe, autrement qu'elle ne ferait si le courant ne passait ^* Eo effet, si ce rayon est reçu à son émergence sur im 'Hsme de Nîcol ou sur un prisme bi-réfringent, disposé pour ne ^aner d'abord qu'une image, on voit qu'à l'instant où le cou» uit passe dans l'électro-aimant, la seconde image parait, qu'elle ersiste aussi longtonps que le courant lui-même, et qu'elle disarait à l'instant où il cesse. Pour rendre l'expérience plus frapinte, il e9t bon d'établir sur le passage du courant un caat* mtateur au moyen duquel on puisse rapidement établir ou tpprimer les communications. Alors on voit la seconde image ^ître avec le courant, disparaître avec lui, et les alternatives -'lumière et de ténèbres sont plus faciles à saisir quand elles ont îu à des instants convenablement rapprochés. Le flint reçoit donc de l'éleotro-aimant une propriété nou-

velle; il devient capable ou de produire une dépolarisaûon partielle, ou de faire tourner les plans de polarisation.

Pom* constater que c'est ce dernier effet qui est produit, il suffit de remarquer qu'en tournant un peu le prisme analyseur, ou à droite ou à gauche, il y a un de ces deux mouTcments pour lequel l'image produite par le courant disparait si l'on opère avec de la lumière homogène, et tend à disparaître si Tod opère avec de la lumière blanche; car, dans ce cas, elle passe par diverses teintes qui montent graduellement de rextrémité la plus réfrangible à l'extrémité la moins réfrangible du spectre. Ainsi, sous l'influence de l'aimant, le flint devient capable d'exercer une action analogue à celle du quartz perpendiculaire à l'axe, de faire tourner inégalement les plans de polarisation des diverses couleurs, et de les faire tourner d'autant plus, que les couleurs sont plus réfrangibles.

Il y a plus, le sens de la rotation dépend du sens du courant; car, en faisant passer le courant successivement dans un sens et dans l'autre, on reconnaît qu'il faut aussi faire tourner la section principale du prisme analyseur dans des sens opposés, pour obtenir les mêmes effets d'extinction ou de coloration.

Enfin, pour fixer d'une manière absolue le sens du mouvement des plans de polarisation, par rapport à la direction du courant, nous dirons que les plans de polarisation tournent dans le même sens que le courant. En effet, a et b étant le pôle austral et le pôle boréal de l'électro-aimant, le flint , conâdm comme un contact, ou conmie un corps magnétisé par influence, aurait deux pôles et un axe magnétique; son pôle austral serait en a', son pôle boréal en &', et son axe magnétique parallèle à la ligne a'b' . C'est-à-dire que, pour l'observateur qui regarde la fece b' le courant du flint tournerait dans le sens de l'aiguille d'une montre, et c'est aussi précisément dans ce sens que tournent les plans de polarisation, quand le rayon polarisé entrant par a' émerge par b' . Lorsque, par le mouvement du commotateur, on change le sens du courant, et par conséquent les pôles de l'aimant, les pôles du contact ou du flint sont pareillement changés ; mais si l'observateur est resté dans la même portion, la face d'émergence du flint est alors un pôle austral, pour lequel la rotation du courant est en sens inverse de 1 aiguille d'une montre, et se fait par conséquent de droite àg^uid^^

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