‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 17 sur 240 · CHAP. I. — PRODUCTION DU SON · texte numérisé non relu

CHAP. I. — PRODUCTION DU SON

qœkjue autre fluide? Cette question, fort difficile en appa^^ renœ , peut être résolue d^une manière décisiTe par Texpérience fidrante :

An miHea de la platine de la machine pneumadque , on dispose un petit coussinet de kdne ou de coton, sur lequel on fbœ on mouyement dliorlogerie à détente, muni d'un timbre; cet appareil étant couvert d'une cloche à tige et à boite à cuir, oo /kit le vide , puis on tourne la tige pour presser la détente et bcber le ressort. A Tinstant Thorloge marche , le marteau frappe le tin^re par intervalle, et aucun bruit ne se fait entendre au dehors». Mais si Ton rend un peu d'air, on commence à ^simguer un petit bruit, correspondant à chaque coup de marteau; un peu plus d'air donne à ce bruit un peu plus de force; enfin, quand Tair est tout à fait rentré, le son est fort et se £ût entendre au loin. Donc le son ne peut pas se propager dans \e vide : là où il n'y a plus de mati^ pondérable, il n'y a fins de vâûcule du son.

Ainsi le son diminue d'intensité, par une double cause, à mesure qu'il s'élève dans l'atmosphère : il diminue parce que Il cfistance augmente , et parce que l'air dans lequel il pénètre est de {^us en plus raréfié. Les bruits les plus violents qui retentissent sur la terre ne peuvent pas sortir des limites de l'atmosphère; ils s' affaiblissent à mesure qu'ils en approchent^ et s'éteignent sans pouvoir les franchir. Réciproquement, nul bruit ne peut venir des espaces célestes jusqu'à la terre; les plus terràits explorons pourraient éclater sur le globe de la lune, sans qu^il nous soit donné d'en entendre le moindre retentis-

De Saussure dit qu'au sommet du Mont-Blanc un coup de pisuJet fait moins de bruit qu'un petit pétard tiré dans la l^aine, et M. Gay-Lussac a constaté que l'intensité de sa voix éuât très-afiiEÛblie lorsqu'il essayait de former des sons à 7000 mètres de hauteur, suspendu dans son ballon au milieu d^im air très-raréfié.

L'air n'est pas le seul corps qui puisse transmettre les sons, tous les fluides élastiques jouissent de cette propriété ; pour s'en assurer, on su^nd au centre d'un grand ballon (*Pl. 25, Fie. 1 ) une petite sonnette avec des fils de chanvre non tordus; on y £ût le vide, et la sonnette ne peut plus se faire entendre;

mais si Ton fait passer dans ce ballon quelques gouttes d^uii liquide volatil, tel que Téther, la vapeur se forme à Tinstant et le bruit devient très-sensible.

L'eau transmet très-bien le son-; les plongeurs peuvent «itendre ce que Ton dit sur le rivage, et du rivage on entend le bruit des cailloux qui sont heurtés sous Teau à de grandeN profondeurs. .

Enfin, les corps solides peuvent non-seulement produire le son, mais ils peuvent aussi le transi^ettre : quand le dmbre est sous la cloche , il faut bien que le son traverse toute Tépaissem* des parois pour se faire entendre au dehors. Un grand nombre d'expériences analogues démontrent cette vérité; il suffit d'en citer une seule. Si un observateur approche Toreille de Tune des extrémités d'une, poutre de $apin de 20 à 25 mètres de longueur, il entend le bruit que Ton fait à l'autre extrémité en frappant légèrement le bout des fibres, et cependant ce bruit est si fadble dans l'air qu'il échappe à celui qui le

produit.

Après avoir montré que le son est un mouvement, qu'il est produit dans la matière pondérable , et qu'il peut se propager dans tous les corps, il faut essayer de reconnaître quelle est la nature de ce mouvement.

1Î5. lie fl&onvefl&eiit ««i prod«It le ••■ est to^JoMs «m ■&•«• Temeni^e vUmit^n. ^ La plupart des corps sonores accomplissent des oscillations sensÛ)les- pendant le temps qu'ils rendent des sons. Ce phénomène est surtout frappant dans les cordes de violon, de harpe, de guitare et des autres instruments de cette espèce; les oscillations, il est vrai, sont trop rapides pour que l'on puisse les compter; mais l'oeil les aperçoit, il saisit les limites des excursions de la corde, et il croit la voir en même temp», dans toutes les positions intermédiaires, à peu près comme il voit un cercle de 'feu lorsqu'un charbon enflammé est tourné en rond avec une vitesse suffisante. Ces oscillations- on ces mouvemenits de f^a-et-i^ienf constituent ce qu'on appelle en acoustique des vibrations.

Dans les timbres ou les cloches, il y a des vibrations analogues ;'pour s'en^ assurer, on firappe une grande cloche de verre pour lui faire rendre un son, et ensuite on l'incline pour qu'une balle vienne en toucher la paroi ; alors la balle saute d'un mou»

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