‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 187 sur 240 · CHAP. II. — DES VENTS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — DES VENTS

ville soit de près de quatre cents lieues plus occidentale que Moscou; et il ne parvient en Suède qu'après avoir préalablement souiBé en Finlande.

Entre toutes les causes que Ton assigne aux vents, Tune des plus puissantes est, sans aucun doute, la prompte condensation des vapeurs dans le sein de F atmosphère. On voit quelquefois tomber 27 millimètres d'eau en une heure sur ime grande étendue de pays, particulièrement dans les régions équatoriales. Or, supposons seulement que cette étendue soit de dix lieues de coté, ou de cent lieues carrées. Si la vapeur qui est nécessaire pour produire 27 millimètres sur cent lieues carrées, était dans Tair à Tétat élastique, et seulement à 10* de température, elle occuperait un espace cent mille fois plus grand qu'à Tétat liquide, c'est-à-dire qu'elle occuperait un espace de cent lieues carrées sur 2 700 000 millimètres , ou 2700 mètres de hauteur. Telles seraient donc les dimensions du vide qui résulterait de cette condensation. A la vérité, la vapeur n'est pas à l'état élastique, efle est à Fétat vésiculaire ; mais , par cela seul qu'elle reste suspendue dans l'atmosphère, elle a probablement une densité moindre qu'à l'état liquide, et sa condensation en gouttes de pluie produit encore un vide immense qui ne peut se remplir sans exciter une grande secousse atmosphérique.

274. Des owra^Bs. — Dans la zone torride et dans tous les climats à hautes températures , les ouragans sont fréquents, et se déploient avec une violence prodigieuse; dans nos climats tem*pérés, ils sont à la fois plus rares et moins violents ; et, dans les r^ons polaires, les grandes secousses atmosphériques, qui sont, du reste, assez habituelles, se réduisent, à ce qu'il paraît, à des vents de tempête , ou seulement à des vents très-forts. Les ouragans occupent en général une grande étendue en largeur , et une étendue encore plus grande en longueur. On en pourrait citer qui ont parcouru quatre ou cinq cents lieues avec une intensité presque égale ; ils se propagent , conwne le vent , par un mouvement de translation dans une direction à peu près constante : ce qui les caractérise, c'est leur vitesse qui csî excessive; elle est quelquefois de plus de vingt lieues à l'heure. Il n'y a point d'agent caché qui soit en jeu dans les ouragans , point de fluide impondérable analogue à l'électricité qui exerce une action directe. Ce n'est, en dernier résultat, que de l'air en mouvc-

ment qui agit par sa puissance mécanique ; et Tair est si léger, que toute sa puissance semble devoir être extrêmement bornée; mais la force que les molécules d'air n'ont pas par leur masse, elles la prennent par leur vitesse , et elles deviennent ainsi capables de produire des effets qui paraissent d'abord incroyables, et qui sont cependant conformes aux lois de la mécanique.

Pour donner une juste idée de ces efkts , noi^ rapporterons ici quelques-uns des trop fameux désastres causés par rousagan qui a dévasté la Guadeloupe le 25 juillet 1825.

Des maisons solidement bâties ont été renversées ; im édifice neuf, élevé airx (i'ais de TEtat, avec la plus grande solidité, a eu une aile entière complètement rasée.

Le vent avait imprimé aux tuiles une telle vitesse, que plusieurs pénétrèrent dans les magasins à travers des portes épaisses.

Une planche de sapin d'un mètre de long, de deus décimètres et demi de large, et de ifingt^trols millimètres d'épaisseur, se mouvait dans Tair avec une si grande rapidité qu'elle traversa d'outre en outre une tige de palmier de quarante^cinq centime' très de diamètre.

Une pièce de bois de vingt centimètres d'équarrissage ^ et de quatre à cinq mètres de long , projetée par le vent sur un chemin ferré, battu et fréquenté, entra dans le sol de près dun mètre.

Une belle grille en fer , établie devant le palais du gouva*neur, fut entièrement rompue.

Trois canons de 24 se déplacèrent jusqu'à la rencontre de IVpaulement de la batterie qui les renfermait.

Pour expliquer ces phénomènes, il n y a qu'une seule difficulté, celle de savoir comment l'air a pu recevoir dans l'atmosphère une si prodigieuse vitesse ; car, cette vitesse étant donnée, les actions mécaniques les plus étonnantes en deviennent les coûséqtiences nécessaires. C'est du gax en mouvement qui pousse le I>oulet hors du canon , et c'est aussi du gaz en mouvoMnl qui lance dans les airs des quartiers de rocher, Icn'sqa'uDe miae fait son explosion.

Birertl«« ées o«ra^«s« — Les ouragans peuvent, comme le vent , se propager par impulsion ou par aspiraiion. Ce second mode mérite attention , parce qu'il foomh une donnée importante s«ir la cause du mouvement. C'est Franklin qui paraît en

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