DU SEREIN, DE LA ROSEE, DU GIVRE ET DE LA GELEE
277. Le serein est une petite pluie fine qui tombe quelquefois sans que Ton aperçoive aucun nuage au ciel. Dans nos climats, ce phénomène se manifeste seulement pendant l'été, et presque toujours au coucher du soleil; on l'observe surtout dans les vallées ou dans les plaines basses, à une petite distance des lacs et des rivières; il est beaucoup plus rare dans les Ueux élevés.
La cause de ce phénomène est très-simple. Supposons , pour un instant, que vers cinq ou six heures de l'après-midi, la température de l'air atmosphérique soit, par exemple, de 20^, et la tension de la vapeur de ly^'^ : alors, le soleil continuant de
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s approcher de rhorizon, la température ambbuite s'abaisse de plus eu phis, sans que la force élastique de la Tapeur éproufe de changement, et, quand la température arrive à 14 ou Id*, h Tapeur ne peut plus exister en totalité, puisqu'elle aurait one force élastique plus grande que le maximum quicoQTientàoette température ; il iaut donc qu'elle se condense en partie : c est cette condensation qui produit le serein. Ce phénomène n est très-sensihle que dans les grandes dialeurs, parce que c'est akm seulement que Tair peut contenir beaucoup de Tapeurs,
Mttsée. — Tous les phénomènes de la rosée ne sont que <ks conséquences des lois de Thygrométrie et des lois du rayonnement nocturne. Cest le docteur Wells qui a le premier découvert et développé ces conséquences dans une série d'eipériences ingénieuses qui remontent à peu près à Tannée ISOO; son ouvrage sur la rosée fut couronné en 1816 par la Société royale de Londres.
Pendant les nuits calmes et sereines, Tair atmosphérique a tous les corps diverses sur la surface de la terre se refrmdisseot par leur rayonnement vers les e^œs célestes; mais ils se lefiroidissent inégal«n«it : Tair conserve mieux sa duJeur, etprcs^ que tous les corps devi^ment plus froids que hii, les uns de 1*, d^autres de 3*, 3*, d^autres enfin de 10^ cm même de 13*.
Nous avons tu que ces divers abaissements au-dessous de h température de Fair ambiant dépendent de trob causes prinopales, savoir : l\du pouvoir rayoananl, de la ooaductifaifile et des dimensions des corps eux-mêmes ;i* de Ta^iectsousle^îk peuvent voir le ôel et les objets droonvoisàns ; 3* de leur posùon obUque ou inchnée, et de la manière dont ils sont exposes au vent ou aux courants d^air.
(^land il £m un vent plus on moins fart, tontes ces inégafites di8parais8a[it plus on moins, parce qne Tair Tunèae les coipi i sa température, i mesove qn'Ôa se refroidbKUt par le fajoBMment; qnand le dd at couvert, dles disparaissent enoore, ptn^ qne la chaknr diffine des nuages, divcnêoMOt absorbée par les différents corps, rend leurs pertes i peu près égales et analogies à cdle de Ywir.
Ces £ûts et œfaii de la rondenaation de la Tspear, dès (fték arrive i son ■miimmi, suffisent ponr expKiper ions les phés»si divers qne présentent la rasée, le gîne et la gd^
ClAP. n. — ROSÉE. 71 r
Pour la rosée, il soffii maintenaiit de remarquer que la teoH* pératiire de Tair étant par exemple de 15* à une certaine époque de la nuit, il y aura des corps à 14% d'autres à 13, ei les plus rayonnants seront même à 7, à 6 ou à 5^, s'ils se trourent oonfenablemeat jJacés. Alors, si Fair est très-4iumide, c est-à-dire, si le point de rosée est Toisin de 15^, presque tous les oorps auront de la rosée, les plus diauds en petite quantité et les j^us froids en grande piop<Htion; si Tair est moins humide, si le point de rosée est, je suppose, à 10^, les oorps qui sont i plus de 10* resteront secs, ceux qui sont à moins de 10* seront plus ou moins oonrerts de rosée; enfin û Tair est excessivement sec, si le point de ros^ est inférieur à â^, tous les oorps resteront secs, aussi bien les plus froids que les plus chauds.
Pour d'autres températures de Tair, soit, à une heure plus iTancée de la nuit, soit dans une saison différente, le raisonnoneat est exactement le même.
Le giifre ou gelée blanche n a pas une autre cause, car c'est ie la rosée congelée ; il suffit donc qu'à Vinstant du lever du oleil, b température de Tair ne dépasse pas 6 ou 7® pour qu'il
ait des oorps couverts de givre, si d'ailleurs les conditions qui
onnent de la rosée sont remplies, puisqu'alors les corps les
lus froids tiHiibant au-dessous de 0, la rosée qui les couvre ne
.eut manquer .de se prendre en glace, ou plutôt en petites ai-
ailles de neige.
les geUes d automne et surtout les gelées de printemps ^ qui >nt quelquefois si funestes aux récoltes, ont encore la même rigine ; seulement, l'état àe l'humidité de l'air n'exerce alors icune influence : ce n'est phis la vapeur déposée qui se con- 'ïle, c'est l'eau contenue dans les jeunes pousses des plantes, ins les bourgeons, dans les fleurs ou dans les embryons des uits, qui se gèle elle-même, lorsqueces divers organes délicats, »umis au rayonnement nocturne comme tous les corps dont ' MIS TeBona de parler, finissent par atteindre une température i !• ou !• au-'Jessous de 0, ce qui airive infailliblement dès le la températoiv de l'air descend à 3« ou 4^ au^essous de 0, ciel étant serein et l'air calme.
En général l'air n'est pas immobile autour des diverses pares des arbres ou des arbustes, car les coudies d'air qu'elles ont ^freudien par leur contact glissent couune sur des plans iuc inés
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et sont remplacées par d'autres; ce mouyement t&kà à les réchauffer, et il est probable que par cette cause eUes ne tombent pas à plus de 4 ou 5^ au-dessous de la température de Tair.
Il résulte de ces principes que, pour empêcher la gelée daus les circonstances dont nous venons de parler^ il suflfit d'atténuer les effets du rayonnement, et Ton y parvient en cachant le ciel aux plantes qu'on veut protéger, soit en mettant autour d'elles, à une certaine distance, des toiles ou des paillassons, soit en les couvrant avec de simples gazes. Ces moyens, qui sont employés avec tant de succès pour empêcher les gelées locales, nepeurent rien contre les gelées générales, c'est-à-dire, contre celles qui arrivent parce que l'air est lui-même tombé à une température plus basse que 0.
Les effets du rayonnement sont rendus bien sensibles par les procédés qu'on emploie pour fiaire la glace au Bengale, M. Wii- Uams parle de manufactures de cette espèce, qui occupent jusqu'à trois cents ouvriers {Transact. philosopha vol. LXXXIII). Tout l'artifice consiste à choisir un terrain bien découvert et d'une étendue convenable, que l'on divise en petits carrét de 4 ou Ô pieds de côté, entourés d'un petit rebord de terre de 4 à 5 pouces de hauteur. Dans ces compartiments, couverts de paille ordinaire ou de cannes à sucre sèches, on place autant de terrines remplies d'eau qu'ils peuvent en contenir. La gbœ se produit abondamment quand l'air est calme et le ciel serein; les nuages et le vent empêchent sa formation. M. Williams a reconnu par l'expérience que la température de l'air ambiant est presque toujours de plusieurs degrés au-dessus de 0, et une bis le thermomètre placé sur la paille à coté des temnes, ne descendit pas au-dessous de 5*^,6, tandis que la glace se formait rapidement et prenait beaucoup d'épaisseur.