CHAP. IL — GRÊLE
est constant, par le fiiît, que les nuages^ orageux sont tantôt positifs et tantôt négatifs, et comme le mouvement de pa-^et-pient des gréions repose seulement sur ce fj|it, il reste à examiner s'il est possible en lui-même. Qr^ on a fait beaucoup d'objections contre cette possibilité : plusieurs Sont mal fondées, mais les deux suivantes me semblent d'un grand poids :
1* Conunent se peut-il qu'une puissance électrique qui n'exerce point son action d'une manière brusque et instantanée soit capaUe d'enlever un bloc de glace de 200 ooi 300 grammes? Comment se fait-il que l'étincelle ne parte pas entre ce bloc et le nuage ? Tout semble indiquer qu'il faudrait pour cela des propriétés électriques différentes des propriétés connues.
2** S les deux nuages superposés sont fortement électrisés conuné ils doivent l'être pour enlever des masses pesantes, et si les grêlons font la navette dans l'espace qui les sépare , comment se fait-il que l'électricité ne s'écoule pas subitement d'un nuage, siu* l'autre? Les gréions ne forment-ils pas entre les nuages une espèce de communication qui favorise à un haut degré l'explosion de l'éclair, comme on le voit dans l'expérience elle-même que l'on fait pour imiter la grêle avec des balles de sureau?
Si ces objections ne détruisent pas la théorie de Volta,- elles peuvent du moins la mettre en doute, et prévenir les observateurs qu'il y a encore quelque chose à chercher pour avoir sur ce point toute la vérité.
A côté de la théorie de Volta s'en présente une autre : on peut supposer que le refiroidissement étant produit par Je vent, c'est aussi la puissance du vent qui entraîne les grêlons horizontalement ou au moins très-obliquement dans l'atmosphère; qu'ils parcourent ainsi quinze ou'vingt lieues, et qu'ils n'ont pas besoin d'être suspendus bien longtemps au milieu des nuages très-denses et très-refroidis, poiu* atteindre le volume énorme qu^ils ont quelquefois. Ainsi, ce serait une même cause qui déterminerait la formation et l'accroissement de la grêle. Quant à l'électricité qui accompagne toujours ce phénomène , elle serait un effet et non pas une cause : il est impossible que l'accumulation de vapeur qui est^ nécessaire pour engendrer la grêle, puisse se £aire sans -un grand dégagement d'électricité, puisque tous les nuages qui viennent se condenser au foyer même ou se
forme la grêle, y viennent avec une électricité pchdtive ou négative qui acquiert une ^ande tension par la condensation.
On voit donc, en dernier résultat, que le phénomène de la grêle est encore enveloppé d'une grande obscurité, et qu'il faut encore de bonnes et noipbreuses observations po«r Texpliquer dans tous ses détails.
Plaies 4e sang* pluies 4e eeadres, etr. — Pour donner UDe idée des circonstances qui accompagnent quelquefois ces météores, nous choisirons comme exemple la pluie rouge qai est tombée le 14 mars 1813 dans le royaunae de Naples et dans les deux Calabres. M. Sementini a rendu compte de ce phénomène de la manière suivante :
« Le 14 mars 1813, par un vent d*est qui soufflait depuis deux jours, les habitants de Géraoe aperçurent une nuée dense s'avancer de la mer sur le continent. A deux heures après naidi, le vent se calma ; mais la nuée couvrait déjà les montagnes Toisines, et conunençait à intercepter la lumière du soleil; sa couleur, d'abord d'un rouge pâle, devint ensuite d'un rouge de feu. La ville fut alors plongée dans des ténèbres si épaisses, que, vers les quatre, heures, on fut obligé d'allumer des chandelles dans l'intérieur des maisons. Le peuple, efirayé et par l'obscurité et par la couleur de la nuée, courut en foule dans la cathédrale faire des prières publiques. L'obscurité alla toujours en augmentant, et tout le ciel parut de la couleur du fer rouge ; le tonnerre conmiença à gronder, et la mer, quoique elcMgnée de six milles de la ville, augmentait l'épouvante par ses mugisse^ ments; alors commencèrent à toidber de grosses çouites de pluie tougeâtres , que quelques-uns regardaient comme des gouttes de sang, et d'antres comme dés gouttes de feu. Enfin, aux approdies de la nuit, l'air conîmença à s'ëclaircir, la foudre et le tonnerre cessèrent, et le peujJe rentra dans sa tranquflfité ordinaire.
«.Sans commotions populaires, et avec quelques différences en plus ou en moins, le niéme phénomène d'une {rfuie de pous- »ère rouge eut lieu non-seulement dan^ W deux Calabres, mais encore dans Textlrémité opposée des Abruzzes.
« Cette pousMere a une couletnr d'un jaune de canne8c et mie saveur terreuse peu marquée; elle est onctueuse au toocbcr, tant est grande sa ténuité, quoiqu'on y découvre i la loupe de