‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 206 sur 240 · CHAP V. — VARIATIONS DIURNES · texte numérisé non relu

CHAP V. — VARIATIONS DIURNES

oscillation: le matin, elle marche à Test; dans le milieu de la journée, elle rétrograde vers Foiipst, puis, dans la soirée, en partant de trois ou quatre heures de l'après-midi , elle reprend son mouvement vers Test {Comptes rendus j t. II, p. 330, et t. II, p. 329). Aucun phénomène pareil n'a été obseiré , jusqu'à présent, dans lliémisphère bol-éal.

- Avant que ce fait fût bien établi, on avait pensé que 4es variadoFiS diurnes australes étaient analogues aux variations boréales pour les heures et les amplitudes, mais contraires pour e sens du mouvement ; et Ton était ainsi conduit à cette conséquence, qu'il devait exister quelque part dans la zone équatorialC) soit près de. Téquateur terrestre, soit près de Téquateur magnétique, une ligne sans variations diurnes, car il est impossible de passer d'un mouvement à un mouvement contraire sans un point de repos. Maintenant, sans perdre de vue cette conséquence, il faut chercher cette ligne de repos, si elle existe, ses déplaceinents annuels Ou séculaires, si elle en offre ; mais en même temps il faut examiner l'étendue et les limites géograpliiques de ce mouvement diurne à double oscillation, en constater toutes les circonstances par rapport aux saisons et soix conditions géologiques et hydrographiques, et chercher enfin s'il ne serait pas lui-même un mode particulier du passage de l'hémisphère boréal à l'hémisphère austral, sur une cei*^ine' zone dont il faudrait déterminer la position par rapport à l'équateuF terrestre ou à l'équateur magnétique..

On voit que les variations diurnes ne présentent pas à nos recherches un sujet moins vaste que les déclinaisons elles-mêmes, et que ce sujet se complique de circonstances nouvelles trèsextraordinaires.

Quant à la cause qui produit ces mouvements, on ne sait pas, jusqu'à présent, si elle est une force secondaire ou perturbatrice mise en jeu accidentellement sous l'influence de la chaleur, de la lumière ou du rayonnement solaire, ou si elle est la force magnétique elle-même, éprouvant intégralement, dans sa direction et son intensité, des modifications journalières qui changent périodiquement ses efTets sur l'hémisphère éclairé de la terre : car les aiguilles peuvent bien éprouver des perturbations pendant la nuit ; mais en général elles n'éprouvent pas des variations aussi sensibles aussi régulières que pendant le jour. Nous devons re-

marquer toutefois que cette distinction ne s'applique pas également à toutes les théories du magnétisme terrestre, puisque dans la théorie des courants, soit profonds, soit superficiels, la cause perturbatrice se confondrait aisément avec la cause générale.

Les variations diurnes sont particulièrement affectées par les aurores boréales, comme nous le verrons (§ 6) ; mais il ne paraît pas que les tremblements de terre, qui agissenî; quelquefois sur la déclinaison elle-même, puissent déranger la régularité du mouvement diurne autrement que par une simple action mécanique. Ce fait a été encore confirmé récenwnent dans le voyage de la VcnuSy puisque la marclie diurne de Taiguille n'a pas été altérée à Acapulco^ sur la côte occidentale du Mexique, par les tremblements de terre firéquents qui se faisaient sentir à une assez petite distance sur toute la côte orientale.

5 3. Inclinaison.

297. L'inclinaison semble avoir, pour chaque point de la terre, un mouvement progressif comme la déclinaison; mais, d'après le tableau que nous avons donné pour Paris (t. I), on voit que rien encore ne senable indiquer que ce mouvement approche ju terme où il doive se ralentir sensiblement, soit poipr rester stationnaire, soit pour devenir rétrograde. Il n'y a guère qu^un demi-siècle que Ton sait observer l'inclinaison avec une

exactitude suffisante, et dans. cet intervalle elle a été continuel-

lement décroissante à Paris ; ce relèvement du pôle austral de l'aiguille , d'abord très-irrégulier, a pris peu à peu une mardie plus constante, et depuis 1835 il est sensiblement de 3' par an. Ce que nous avons dit de la déclinaison s'applique à rinclinaison. Ce n'est pas en considérant ce qui arrive à Paris m même en Europe que l'on peut arriver à quelque déduction unportante pour la science. Les phénomènes du magnétisme, comme ceux de la distribution de la chaleur, du mouvement de l'atmosphère et de l'équilibre des eaux, appartiennent essentiellement au globe entier de la terre. Sur ces sujets, les observations locales faites avec la plus scrupuleuse assiduité pendant de longues suites d'années, ne peuvent être considérées, en dernier résultat, que conm^e des points lumineux imperceptibles, qm doivent être accumulés et pressés en nombre infini pour donner "ne lumière sensible. Il £aut donc multiplier de toutes parts à^

CHAP. V. — INCLINAISON. 77d

séries d'observations séculaires avant de hasarder sur les lois de ces phénomènes des conclusions qui seraient prématurées; mais comme il n j a guère d'espoir que tous les pays, m^me en ne comptant que les plus civilisés, puissent concourir avec le même zèle ou le même succès à des recherches de cette nature, il est bon de suppléer, par des mesures expéditives, aux données qui manqueront infailliblement sur un grand nombre de points. Cest par ces considérations que la science attache ime importance particulière à connaître la marche des phénomènes dans telles on telles régions, qui sont en quelque sorte ses lieux de prédilection. Pour le magnétisme, et surtout ^o.ur ce qui regarde rindînaison et Fintensitë, les régions importantes sont celles de Yequateur magnétique et despotes magnétiques. On conçoit en effet que, si réquateur magnétique était parfaitement connu dans toutes ses sinuosités, qu'il le fût aussi dans tous les déplacements et les déformations qu'il éprouve d'une époque à une autre; que la situation des deux pôles magnétiques et la loi de leurs mouvements fôt de même une donnée acquise à la science, il suffirait sans doute de connaître les variations de rinclinaison, de la déclinaison et de l'intensité sur nn nombre de points bien plus restreint, pour découvrir enfin la loi suivant laquelle s'accomplisseat tous les changements magnétiques que nous observons.

La direction de Téquateur magnétique a été déterminée dans plus de la moitié de son cours par un assez grand nombre d'expériences. Gette portion la plus étudiée comprend l'océan Atlantique, 1^ cotes orientale et occidentale de l'Amérique et le grand Océan équinoxial, jusqu'au 150* degré de longitude; puis le grand ardiipel d'Asie, depuis Bornéo jusqu'au 175* degré de longitude orientale ; mais l'intérieur de l'Amérique, toute l'Afrique et l'océan Indien ne présentent encore qu'un petit nombre d'observations isolées. On voit sur la figure 13 (Pl. 40) la trace de la moitié la mieux connue de l'équateur magnétique, sauf la partie de l'océan Atlantique qui n'a pu être indiquée par ce genre de représentation» Cette carte est due aussi à BL Duperrey; elle est particulièrement destinée à faire voir la position géographique des pôles, et le tracé des courbes qu'on obtiendrait en pï*omenant, à partir de l'équateur terrestre, des boussoles de déclinaison vers chaque pôle, sous la condition qu'en chaque Ueu le méridien magnétique fïtt le point oscukteur de la courbe décrite; ou que

ia direction de Taiguillc de déclmaison fi.\t la tangente de celte courbe. Les lignes irrégulières qui ont été ainsi obtenues par M. Duperrey, de dix en dix degrés de longitude, ont l'avantage de donner à la première vue une idée générale de la déclinaison ou de la trace des méridiens magnétiques d'un .pôle à Tautre. Les autres lignes,. qui vont de Test à l'ouest et qui sont perpendiculaires aux premières, sont celles qu'on obtiendrait avec h lioussole d^inclinaison, en la promenant, sous la double condition qu'en chaque lieu l'aiguille d'inclinaison fttt verticale, et que le plan de rotation dans lequel elle peut alors se mouvoir, fiU le plan osculateur de la cotu*be décrite à la surface de In terre. Ces coiurbes sont en quelque sorte des parallèles magnétiques ; mais cependant la discussion des expériences a fait voir qu'elles ne sont ni dés couri>es' d'égale inclinaison, ni des courbes d'égale intensité.

Pour déterminer expérimentalement les positions géopraphiques des différents points de l'écjliatem' magnétique , on se sert de la formule suivante, sur laquelle noiis reviendrons (§ 5) :

tang I tang m = —^.

i est une inclinaison assez voisine de l'équateur magnétique pour ne pas dépasser 25 ou 30*.

m est la latitude magnétique ^ c'est-à-dire l'are compris entre l'équateur magnétique et la station où l'on observe Tindinaison /, cet arc étant compté sur le méridien magnétique de la station.

Pour fixer sur le globe ou sur la carte un point de Téquateur magnétique, tout se réduit donc à observer au sud ou au nord de l'équateur une inclinaison inférieure à 30*, à déterminer soigneusement la longitude et la latitude terrestre du lieu de l'observation, ainsi que sa déclinaison, à tracer sur la carte le méridien magnétique correspondant, et à prendre sur sa direction un arc égal à la valeur de m donnée par la formule précédente; l'extrémité de cet arc est l'un des points de l'équateur magnétique, dont il est facile alors de déterminer les coordonnées géographiques.

Au reste, pour suppléer à ce que la figure 13 ne peut pas représenter , je donne dans le tableau stiivant , d'après M. Duperrey, de 10 en 10 degrés de longitude, les diverses latitudes

Page 1