CHAP. V. — DÉCLINAISON
continuité; mais elles ne doivent pas cependant être prises pour des erreurs; la plupart ont été vérifiées sur la carte ellemême et sur les documents originaux, quand] il a été possible. La région qui présente les singularités les plus frappantes est celle qui se trouve comprise entre le 4(f et le 70* degré de latitude boréale, et entre le :'10* et le 140* degré de longitude orieiitale. Ce grand espace qui occupe les deux versants des monts Doomie et Stanovoy, qui comprend au sud le bassin du fleuve Amour et au nord le bassin du fleûve^Léna , forme en quelque sorte une xle isolée où les déclinaisons se portent vers Toccident, tandis que tout autour elles paraissent se porter vers l'orient. Cette région, il est vrai, est encore peu explorée .; mais elle doit fixer particulièrement l'attention des vgyageurs et des physiciens; il faut savoir à quoi s'en tenir. sur im fidt aussi singulier.
Quelques physiciens semblent attacher une gi'ande importance à tracer sur le globe les lignes sans déclinaison pour une époque donnée , et à suivre les mouvements et les inflexions qu'elles prennent à diverses époques; mais il est difficile que ces lignes, considérées isolément, puissent conduire à quelque résultat général: leur déplacement est, sans aucun doute, lié d'une manière intime à tous les autres changements de déclinaison qui s'accomplissent autour Àv\ globe , et c'est par l'ensemble seul de tous ces changements qu'il sera permis un jour de reconnaître si les changements de déclinaison sont réellement périodiques, si la durée de la période varie d'un lieu à l'autre , et s'il est possible de rappoiter à une cause unique et générale les amplitudes des changements de déclinaison des différents lieux pour un intervalle de temps donné, ou s'il faut les attribuera des forces différentes, exerçant des actions locales plus ou moins étendues et plus ou moins profondes. Si, par exemple, les déclinaisons étaient troublées sur un hémisphère sans l'être en même temps sur l'autre, il faudrait bien en conclure que la force directrice , au lieu d'être unique et d'avoir son centre d'action près du centre de la terre, se trouve, au contraire, être une force multiple dont les centres d'action sont pour chaque lieu assez voi^ns de la surface pour n'affecter sensiblement que les aiguilles qui sont les plus rapprochées d'elle. Celte question est fondamentale , et, jusqu'à présent, elle ne me semble point résolue par l'ensemble
des faits connus. Il est peut-être même permis de dire qoe, contrairenlent aux opinions reçues, beaucoup de faits semblent itidiquer que , pour chaque région , le centre d^action du magnétisme teireâtre est à une distance assez considérable du centre de la terre.
S 2. Variations diurnes»
296. Nous aTons indiqué (t. I ) le caractère génêiaV des Tariations diurnes, du moins pour Thémisphère boréal ; nous devons ajouter ici que l'infhience des saisons sur l'heure précise et sur rétendue de ces variations n^est pas'également bien constater pour tous les points de cet hémisphère. U faut encore de longue» séries d-observa^ons pour démêler eu chaque lieu toutes les forces qui concourent à ce phénomène. Cependant, unequestioo importante paraît être résolue par les travaux de divers expérimentateurs, et surtout par ceux des officiers de la Vénus; c'est la question de savoir si les variations diurnes sont les mêmes sur les cotes orientales et sur les côtes occidentales d'un même continent. On comprend qu'il y a là une donnée essentielle pour Toxplication du phénomène; car il y a une telle liaison entre \v mouvement du soleil et les mouvements diurnes de l'aiguille, qu'il eût été assez naturel de rapporter ces derniers à quelque? changements de température dans les couches superficielles du sol; et, comme les eaux et les continents se trouvent à cet égard dans des conditions tout à fait différentes , les aiguilles placées sur les cotes orientales et occidentales ne pourraient guère, sans doute, présenter les mêmes variations. Or, les officiers de & A 'énus ont observé à Pétropauloskoi^ sur la côte occidentale du Ktmitschatka ^ quant aux heures et aux amplitudes, les mêmes mouvements diurnes qu'on aurait observés sur la coXe orientale. Ii*inégale distribution de là chaleur, à droite et à gauche do méridien magnétique, nç pataît donc pas exercer une^ influence sensible sur les' variations diurnes de l'aiguille aimantée.
I^s mêmes officiers ont aussi constaté dans l'hémisphère austral au Callao, sur les côtes du Pérou, un fait important, déjà signalé par M. Gay, et mis par lui tout à feît hors de doute sur plusieurs points de la côte du Chili , et particulîèrement à Valdivîa , par une année entière d'observations. Dans ces parages* Tiiiguille a, pendant le jour, trois temps d'arrêt, ou une doubla