CHAP. I. — VITESSE DU SON
trois livres de poudre. Les observateurs placés autour de la pièce étaient MM. de Prony, Arago et Mathieu. A Montlhéry, le captaine Pemettj fit disposer une pièce de même calibre, avec des gaigousses de même poids; les observateurs étaient MM. de Hvmiboldt, Gay-Lussac et Bouvard. Les expériences furent faites de mot et commencèrent à onze heures du soir, le 21 et le 22 jum 18^2. De Villejûif, on apercevait le feu- de Texploikm de Montlhéiy, et vice çersd; le ciel était serein et Tair à peu près calme.
Les chronomètres étant bien réglés, il avait été convenu que diaque station tirerait 12 coups à 10' les uns des autres, et que la station de Montlhéry commencerait 5' avant celle de VîDejnif ; de telle s<Mte qu'un observateur qui aurait été placé ^Kte au milieu de la ligne des deux canons, aurait entendu de 5' en 5' des coups croisés ou réciproques ^ le premier venant de Mondhéry, le deuxième de Yillejuif , le troisième de Montlhéry, etc. Ces coups réciproques étaient le seul moyen de déamvrir â le son emploie le niéme temps pour parcourir le même espace dans les deux directions opposées.
Les observateurs de Yillejuif entendirent parfaitement tous les oovps de Montlhéry ; chacun d'eux notait sur son chronomètre le temps qui s'écoulait entre Tapparition de la lumière et l'arrivée du son; la plus grande différence que l'on ti*ouve entre les ti*ois lésakats correspondant à une observation ne s'élève pas à plus de 0",4, et entre les douze obseiTations la différence des moyennes ne dépasse pas 0",3 ; le temps le plus long est 55", le plus court 54",7, moyenne 54",84.
A Montlhéry, on ne put entendre que sept des douze coups tirés à Yillejuif. Cependant les résultats sont assez concordants : le temps le plus long est 54",9, le plus court 53",9, et le temps moyen de 64",43.
Ainsi, on peut prendre 54",6 pour le temps moyen que le son mettait à passer d'une station à l'autre.
Restait à mesurer exactement l'intervalle des deux stations; M. Arago fîit chargé de ce soin, et, en s'appuyant siu* la triangulation de la mâidienne, il trouva* que les deux canons étaient à une distance de 9549,6 toises.
En divisantcette longueur par 54",6, diu^e moyenne de propagation. Ton trouve 174,9 toises ou 340™,88, poiu* l'espace que
le son a parcouru en 1'' dans la nuit du 21 juin 1822; la température était de 16' centigrades; le baromètre marquait à Villejuif 756"'",5, et Thygromètre 78*.
Ainsi, à 16Ma vitesse du son est de 340"',88.
En réduisant, par le calcul que nous verrons plus loin, cette vitesse à ce qu'elle serait pour 10*, on trouve 339 mètres, et pour la température 0* on trouve 332 mètres.