‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 37 sur 240 · CHAP. V. — COMMUNICATION DES VIBRATIONS · texte numérisé non relu

CHAP. V. — COMMUNICATION DES VIBRATIONS

nème principe, mais elle est autrement ajustée. On y distingue deux tnjaux mis bout à bout ^teXt' (Pl. 25, Fig. 27), un bouchon i qui les sépare, et Tanche «, proprement dite , qui traverse ce boocboD. L'ancbe elle-même est représentée en détail dans la Egare 28; eUe se compose de trois pièces essentielles, la r/gole r, k languette / et la rasette z,

La rigole est un tube de métal prismatique , fermé au bout infakur , ouvert au bout supérieur , et percé latéralement d'une koètre qui établit la communication entre les deux tuyaux de part et d'autre du bouchon.

La languette est la lame vibrante ; dans sa position naturelle elle lerme la fenêtre ou à peu près, c'est-à-dire qu'elle en rase les parob par ses trois bords libres pendant qu'elle accomplit ses battements ; son quatrième bord est soUdement fixé sur la paroi du tube.

La rasette est un fil de métal très-ferme , recourbé à sa partie inféxieure par laquelle il appuie fortement sur toute la largem- de h languette , comme on le voit dans la figure 25. Elle gliflie à frottement dans le bouchon ; elle sert à changer la longaear T3>rante de la languette , car , au-dessus de la rasette , rien ne peut vibrer.

Le vent du soufflet entre par le pied du tuyau t^ presse la languette pour s'ouvrir un passage , traverse la rigole et sort par le tuyau ^. La languette ainsi écartée pour un instant est bientôt rappelm par son élasticité , et accomplit sous ces deux forces contraires des vibrations qui se répètent aussi longtemps que dore le courant d^air. La figure 27 représente un tuyau à anche qui est vitré vis-à-vis la languette pour que Ton puisse en obserrer le jeu. Le nombre des vibrations dépend siutout des dimensîotts de la languette et de sa rigidité ; il est en général peu différent de ce qu'il serait si cette lame vibrait à vide par un écartement mécanique. Mais l'ajustement des tuyaux donne au son un timbre et une intensité remarquables; ces deux quaUtés sont ici très-intimement liées : cependant l'intensité dépend surtout de la vitesse du courant, et le timbre de la forme des toyanx. L'on conçoit en effet qu'un courant plus rapide détermine dans la languette des oscillations dont l'amplitude est plus grande , leur durée restant la même ; ainsi , l'intensité du son crcMt avec la vitesse du courant, à moins que cette vitesse ne

soit assez grande pour fléchir la languette et y déterminer un norad de yibration. L'on conçoit ensuite cpie la languette ^ les tuyaux et les masses d'air qu'ils contiennent^ forment im système yibrant dont toutes les parties donnent au son un thoahre particulier. Une condition fondamentale pour que Y SLuétke parole bien et rende un son plein et agréable , c'est que les masses d'air des tuyaux soient telles par leur forme et leur étendue, (ju'eDes se mettent facilement à l'unisson avec la languette; mais cette condition peut être remplie pour chacun d'eux d'une înpTiité de manières , et l'on a fait de nombreux essais pour produire par ce moyen des sons articulés imitant la voix humaine : on a donné au tuyau inférieur des formes anguleuses , rentrantes y on diversement contournées ; on a fait le tuyau supérieur conique , évasé, renflé en son milieu; on- y a tendu des membranes, et disposé des feuilles ou des lames diverses ; il n'y a pas nœ de ces modifications qui ne donne au son un timbre particuli^ , et l'on peut ajouter que plusieurs combinaisons de cette aorte, imaginées par M. Grénié , n'ont pas été sans âuccès poor finie sortir des tuyaux d'anches certains sons plus ou moins analo* gués au son des voyelles articulées par la voix humaine.

Dans les jeux d'orgues, il y a des anches d'une aiiAre sorte qui sont appelées anches battantes ou anches canardes^ à canse du timbre particuUer de leurs sons; eUes difierent des précédentes en ce que la languette vient par ses bords battre sur les bords de la rigole (Pl. 25, FiG. 24, 25 et 26).

Les embouchures* de basson, de hautbois et de ciannette, ne sont autre chose que des anches diversement ajustées : dans ces instruments, c'est la pression des lèvres qui tient lien de rasette.

58. Des lasttmiieaiB à cordes. •-* Tous les instruments à cordes ont une caisse sonore , et tout le monde sait qae la qui^ lité du son dépend de la construction de la caisse. La corde, la caisse et l'air qu'elle contient, forment encore un système vibrant dont chaque partie imprime au son un timbre particulier. C'est la corde qui donne le ton, c'est-à-dire que, dans le reste de Finstrument, toutes les pièces doivent se mettre à Funisson avec elle, et pour cela se partager oonvenablenMnt par des lignes nodales.

n est clair, en effet, que la liaison de la corde avec tout le

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sjsième ne peut pas modifier le gon qu'elle doit rendre d'après sa loogaeur et sa tension, car les points par lesquels elle touche les cheralets sont inéyitablement des nœuds, et ces' nœuds une IcHS déterminés, le son en est une conséquence nécessaire. Il bot donc qae la caisse soit d'une teUe substance et d'une telle forraie « qu'elle puisse instantanément prendre l'unisson de toutes ks cordes dans tous leurs tons, et il faut en outre qu'elle puisse instanfanément aussi imprimer ses vibrations à la masse d'air ^'eDe contient, et par conséquent que cette masse d'air soit ipte à les recevoir. Ces conditions multipliées font assez voir conbîen îl est difficile de faire un bon instrument à cordes ^ et, par exemple, un bon violon; car, en supposant que la matière de la caisse vibre parCûtement bien, il pourra se faire que par sa farme la masse d'air qu'elle enveloppe reçoive mal ses vibra^ tioDs, et que l'instrument manque de qualité.

n suffit quelquefois d'im changement léger dans les pièces mofaiks pofur rendre un violon meilleur ou plus mauvais; car les nbratibas passent de la corde à la table supérieme par le ckeimlet, et de la table supérieure à la table inférieure au mcyen de Y âme, La position absolue de ces pièces et leur positon reladve ne peuvent donc manquer d'avoir de l'influence sur k &dlîté avec laquelle le son passe de la corde à la caisse et de la caisse à la masse d'air. Savart a fait des expériences variées et intéressantes pour montrer aux yeux par le mouvement du saUe la transmission des vibrations dans les diverses pièces du violon, et il est parvenu ainsi à indiquer les fonctions principales que chacune d'elles doit remplir. Cependant la pièce la pbs simple doit satisfaire à tant de conditions différentes , qu'il est à peu près impossible d'en faire une analyse exacte , et sans âoQte, si on Toulait la changer pour mieux l'approprier à tel ou vA but, il est très-probable qu'elle deviendrait moins apte pov tri ou tel autre, et que l'on perdrait d'un côté au moins aotuit que Ton gagnerait de l'autre.

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