‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 39 sur 240 · CHAP. VI. — BE LA VOIX HUMAINE · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — BE LA VOIX HUMAINE

ifaniére en ayant, sans être horizontale, mais en s'élevant assez rapidement; cette fente est ce que Ton nomme la glotte : e& a 25 à 30 millimètres de longueur; ses bords sont appela les Ihres de la glotte; leur distance est très-petite en avant, nais en arrière eUe est quelquefois de 7 ou 8 millimètres : pu reste, cette distance est très-yariable ; il paraît que les lèvres de la ^ïtte peuvent se presser au point de ne laisser en arrière qu'une très-petite ouverture. Au-dessus des lèvres de la glotte sont deux cavités, Tune à droite et l'autre à gauche, qui s'étendent latéralement à la profondeur de 25 et quelquefois 30 milUaiètres; elles ont 15 millimètres de hauteur, on les appelle vemtriades. Les parois supérieures des ventricules se rapprochent de manière à former en quelque sorte une seconde glotte, à 15 ou 18 millimètres de hauteur au-dessus de la preonère. Enfin, il y a au-dessus du larynx une membrane ou f^Kâot un cartilage que l'on appelle épiglotte; il est fixé antérieurement par un de ses bords et peut s'abaisser sur la glotte. Cette description sommaire du larynx nous permettra de comprendre les principes sur lesquels on s'appuie pour expliquer la kimBÛon de la voix.

S9X& entrer ici dans le détail historique de toutes les explications plus ou moins vagues qui ont été données, nous nous contenterons de rapporter deux opinions entre lesquelles les phy^ciei» semblent encore partagés. Les uns considèrent l'organe de la Toix comme un instrument analogue aux instruments à andie; les autres le considèrent conmie un instrument analogue aux réclames.

Pour assimiler le son de la voix au son d^une anche , on suppose que, pendant Y expiration ^ Tair poussé dans la trachéeartère , et pressé dans le passage étroit du larynx , ne peut pas sortir sans frotter les lèvres de la glotte et sans les mettre en ribrafion; ces lèvres, dit-on, vibrent alors comme la languette d'une anche ; elles vibrent toutes deux , ce qui donne au son plus d^ntensité : ensuite Tépiglotte , le pharynx , le voile du palais, les fosses nasales, la langue, les dents , rouverttu*e de la bouche et la disposition des lèvres , donnent au son , ainsi formé, on accent et un timbre particuliers , comme le tuyau dVcoulement de Tanche donne , suivant sa forme , un timbre particu- Ser an son qui résulte des vibrations de la languette. Le son res- U. 9

tant le même , quant à Tintensitë et au ton , pourra receroùr modifications sans nombre , dans Taccent et le timbre , paroe que toutes les pièœs dont nous Tenons de parler peuvent elles^ mêmes être modifiées, par la volonté, d'une infinité de manières. Un seul son une fois expliqué, toutes les nuances des sons que la voix humaine peut produire s'expliquent aisémeat ; car un petit mouvement de la rasette change la longueur de la languette , et fait rendre à Tanche ordinaire un son plus grar^e ou plus aigu ; il suffit donc de donner aux lèvres de la glotte un peu plus ou un peu moins de tension , pour que la voix par» coure successivement plusieurs octaves ascendantes ou descend» dantes; et même, ajoutc«t-on, nous avons pour cda deux moyens, car nous pouvons non-seulement changer la tension des lèvres de la glotte , mais nous pouvons encore diaiçer leur longueur, puisque F ouverture de la glotte est tellement faite qu'il suffit d'un acte de la volonté pour l'agrandir ou pour la fermer presque complètement.

Ces considérations ingénieuses semblent fortifiées par quel* ques expériences directes. M. Magendie a mis le larynx à découvert sur des chiens vivants , et il a vu les lèvres de la glotte entrer en vibration dès que ces animaux poussaient des cris; il a pu constater aussi , dans les mêmes expériences , que les lèvre» de la glotte se rapprochent pour les sons aigus , et qu'elles restent au contraire plus ou moins éloignées pour les sons graves. Plusieurs observateurs ont fait des expériences analogues sur des larynx d'animaux récemment privés de la vie : en soufflant avec un fort soufflet dans la trachée-artère , ils ont obtenu des sons plus ou moins analogues à ceux que pouvaient rendre ces animaux.

Pour assimiler le son de la voix aux sons des réclames ^ on regarde les ventricules du larynx comme une espèce de tambour rempli d'air , et lés deux glottes comme deux ouvertures correspondantes pratiquées dans les deux bases de ce tambour ; ainsi les ventricules et les deux glottes forment un véritable rédame. L'air poussé par les poumons dans la trachée , sort avec plus ou moins de vitesse par le larynx ; il entraîne dans son mouvement une partie de l'air des ventricules, et Inentôt la pression étant devenue trop faible , l'air extérieur se précipite dans les cavités des ventricules ; puis il est de Qouveau entraîné au de-

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hois, etc., exactement oonmie duns les rëdames. Ces alterna, thés produisent un sen plus ou moins aigu, suivant la rapidité VKc laqneBe elles se succèdent. TkLrm cette hypothèse , comme daiB la précédente , Faccent et le timbre dépendent des vibraûma des lèvres de la glotte , et de toutes les parties qui peuvent prenàre diverses formes ou< divers mouvements, depuis rarrière» bonclie JQsqu^auT lèvres.

Les sons différents seront produits , soit par diverses formes que les cavités des ventricules peuvent prendt^, soit par diverses Amensions des ouvertures de la glotte , soit enfin par divers degrés èe tension dans les lèvres de la glotte et dans toutes les parties du larynx et de rarrière-bouche. Savart a fait plusieurs eipmences qui senAlent fortifier cette hypothèse. ( j4nn, de Chim. et de Phys.^ t. XXX, p. 64. )

Ces deux opinions paraissent sans dbute plus différentes qa'elles aele sont en effet ; mais , quoique liées par des rapports intimes, dtes ne peofmt pas encore dans leur ensemble donner une expfc'caCïofl oc«iplète du phénomène de la voix. On doit les considérer otHmne de simples aperçus moins propres à résoudre la ppesùxm qu^à en montrer toutes les difficultés.

00. Be la ▼•ix 4ea olsieavx. ^- Qiez lès animaux, l'organe de la veîx n'est pas à l'arrière4>onche , mais il se trouve au contraire à l'extrémité inférieure de la trachée , là où elle se bifurque pour donner naissance aux bronches. Cuvier a fait voir, en effet, <ia'm& canard qui vient d'avoir la tête tranchée pousse encore pendant quelques instants des cris très-forts et très-bien ardcnJés ; et la même expérience peut être faite sur la plupart des obeaux. L'observation anatomique confirme ce résultat; car, en savant l'organisation de la trachée , on trouve qu'à son extrémité supérieure eUe se termine par un simple rétrécissement, on par une espèce de glotte qui n'offi^e aucune des dispositions nécessaires à la production des sons; tandis qu'à son extrémité inigieure elle présente un appareil très-complexe et merveilleuicoient ajusté pour produire une longue série de sons graves et aigiB : mais , comme il nous serait impossible d'en donner une idée sans entrer dans des détails anatomiques qui nous écartenâeiit trop de notre jdan, et comme, d'une autre part, il se présente encore de grandes dffîcultés dans les théories qui ont été proposées jnsqn'à présent pour expHquer tous les phénomènes

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qui résultent de cette organisation , nous nous contenterons de renvoyer aux ouvrages qui ont été publiés sur ce sujet, et particulièrement aux mémoires de Savait. {Ann, de Chim. et de Phys., t. XXXII.)

61. De l*org»ne de renie. — La seule partie extérieure de cet organe est le pavillon a (Pl. 26, Fie. 32 et 33), dont les replis et les contours ne sont , comme on sait , que répanouissement du conduit auditif b. Ce conduit, après s'être enfoncé à une petite profondeur, est terminé obliquement par une membrane mince, mobile et élastique r, que l'on appelle la mem^ brane du tympan. Derrière cette membrane est la caisse du tympan; c'est une cavité osseuse, tapissée de diverses membranes et remplie d'air ; elle est fermée de toutes parts , excepté en un point où aboutit la trompe d'Eustache qui part de l'arrière-bouche; par ce moyen l'air peut se renouveler et se mettre sans cesse en équilibre avec la pression atmosphérique . On distingue encore dans la caisse du tympan deux ouvertures fermées par des membranes , savoir : la fenêtre ovale en haut ^, et plus bas la fenêtre ronde. Enfin , dans l'intérieur même de cette caisse est suspendue la chaîne des osselets^ qui se compose de quatre petits os irréguliers , que l'on appelle par analogie de forme le marteau^ Venclume^ le lenticulaire et Vétrier^ m, e^ /, t (FiG. 35). Le marteau est attaché longitudinalement sur la membrane du tympan (Fig. 32 et 34) ; il forme une espèce de rayon solide, qui vient de la circonférence au centre. A son autre extrémité il se lie à l'enclume , l'enclume au lenticulaire , et le lenticulaire à l'étrier, qui va s'attacher sur la membrane de la fenêtre ovale (Fig. 32) : plusieurs muscles agissent sur cette chaîne pour la tendre ou la relâcher, et, par conséquent, pour tendre et relâcher en même temps la membrane du tympan et celle de la fenêtre ovale. La membrane de la fenêtre ronde sépare la caisse du tympan d'un conduit osseux ^,* contourné en spirale, qui se nomme le limaçon; l'autre extrémité de ce conduit s'ouvre dans une cavité qui s'appelle le vestibule. Le vcîstîbule est séparé de la caisse du tympan par la membrane de la fenêtre ovale ; enfinr il communique avec trois canaux osseux « que l'on nonune canaux semi-circulaires, et qui sont remplie d*ane matière grisâtre dpnt l'usage est inconnu.

Le vestibule et les spires du limaçon sont remplis par le //—

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