CHAP. III. — RECOMPOSITION DE LA LUMIÈRE
coBime dans rexperience précédente , ramenées dans la même dffection pour former du blanc : il suffit seulement qu'elles coDcoorent au même point, comme nous allons le voir par les expériences suivantes.
V On reçoit le spectre sur un grand miroir concave m (Fie. 1 0), etVoQ dirige le faisceau réfléchi, soit dans le faisceau incident Im-oSme, soit au dehors, comme le représente la figure. Alors, toutes les nuances du spectre réfléchies dans des directions dif<v> faenies viennent concourir au même point /*, et là , Timage sohire reçue sur un petit écran ou sur un verre dépoli paraît d'une Uancheur éblouissante, comme si le faisceau incident était un faisceau de lumière blanche. Il suffit donc du concours de toutes les nuances simples pour produire du blanc. Mab si, au lieu de recerotr le faisceau réfléchi au foyer même où le concours est complet, on le reçoit plus près ou plus loin du miroir, on n*obsene qu^une recomposition imparfaite : plus près , les couleurs
eitmnes àa spectre reparaissent dans leur ordre ; plus loin, elles reparsiisseDt dîans un ordre inverse. Enfin , si Ton place au foyer on petit miroir métallique très-poli m\ il n^y a aucun doute que la lumière qui tombe sur lui ne soit blanche comme celle qui tombait tout à Theiu^e siu* Técran, et cependant Tirnage réfléchie parce miroir est un spectre; ce qui prouve évidemment qu'en se réunissant au foyer les divers rayons conservent leur existence indépendante et ne se modifient nullement les uns les autres.
2* On reçoit le ^ectre sur une lentille / (Fig. 1 1), et au point f'^ où convergent tous les rayons divers on obtient une lumière blanche conune au foyer du miroir précédent. L'image ronde ^ en résulte est seulement colorée vers ses bords, parce que les rayons de réfirangibilités différentes ne peuvent pas faire leur ^er exactement à la même distance derrière la lentille. Au delà du foyer le spectre reparaît, mais renversé en r'u'j ce qui est une nouvelle preuve que les rayons peuvent se croiser air même point sans se modifier, et que chacun d'eux se comporte toujours comme s'il était seul.
3* 11 y a enfin un moyen mécanique de recomposer la lumière Manche, dont Teffet semble toujours fort surprenant. Imaginons on cercle de carton, ayant environ 3 décimètres de diamètre, percé en son centre d'un petit trou, et offrant deux zones peintes tti noir. Tune près du centre, l'autre près du bord. «Dans Tin-
tervalle de ces deux zones on colle de petites bandes de papier; la première d'un rouge qui imite autant qu'il est possible le rouge du spectre, la deuxième orangée, la troisième jaune, etc.; quand la période des sept nuances est épuisée, on recommence dans le même ordre pour acheyer le cercle , arec l'attention que tontes les périodes soient complètes , et que dans chacune d'elles les bandes aient des largeurs à peu près proporriotmelles à Tespace que les diverses coulein^ occupent dans la longueur du spectre. Lorsqu'un tel carton est mis en monrement rapide autour de son centre, soit arec la main sm* une t^e qui passe par l'ouverture centrale , soit par quelque autre moyen , tdutes les nuances des bandes colorées disparaissent, et l'intervaBe des ^zones noires paraît d'un blanc plus ou moins complet. Ce phénomène singulier peut s'expliquer de la manière suivante : s'il n'y avait qu une seule bande ronge sur un fond noir , on verrait par la rotation un cercle rouge, comme dans l'expérience ai connue du dianwn allumé que l'on tourne en rond avec tme grande rapidité; su n'y avait qu'une set^le bande violette , on veiraît par la tneine raison un cercle violet , puis mn cercle vert pour une bande Tcrte, etc. Or, si toutes ces bandes existent et tournent en même temps , on verra à la fois au même lieu rni cercle rouge, un orangé, un jaune, etc., et par conséquent un cercle blanc, puisque la sensation du blanc n'est que la sensation àmuhanée de toutes ces nuances.
96. Des eottlears eomplémentatres et des nvuiees pr«évites par le mélange dé diverses eoalears Élaiples es il' verses proportions. — Puisque toutes les couleurs simples» prise» ensend>le dans leur proportion naturelle (c'est-à-dire dans la proportion que donne le spectre ) , reproduisent la winière blanche , il est évident que , potur al^i'er la blancheur, u suffit de supprimer l'une dcB couleurs simples, ou seulement d'en altérer la proportion. Ainsi , en supprimant le rouge dans le spectre, et en composant entre eBes toutes les couloirs ï**" tantes, on obtient une teinte bleuâtre; cette teinte mêlée au Touge i^roduitdu Manc. Toutes les fois que deux couleurs saor pies ou composées remplissent cette condition, c'est-à-o^ toutes les fins que, mêlées ensemble, elles reproduisent du blanc, elles sont ifites eomplémentatres l'une de l'ainre. B n'y a pas «ouleur, quelle qu'e'le s^it, qui n'ait sa couleur TOinplémentaire,
CHAP. m. — BCS COULEUIS COMPLÉMENTAIRES. IM
car/â eUe n'est pas falanche, il lui manque seulement qudi^ue»-
des âéaient&de la coolear Manche, et ces élcneots mëkmgcB
eoz Sormem^ sa coaleur oompléBBcntaîre^ Mois, si aa mé-
knge de ces é^Bients on ajovitait du blanc en diverses .propor-
lioBs, cm yuMfait autant de nuances difîEçrentes, cfà seraient
égalcmeiit efficaces pour reproduire la coukur Uandie
k co«leiir doanée. 11 y a donc ngourenaament une ioft»
me de nwniaccs dîfiéreales qui ont la même ooidear oomplé-
nemaire» et mie inlaûté de nuances complémentaires qui a^^par-
tiemient à la même couleur donnée. Lia plupart des Terts dttt
pav coulenrs oamplémentâires des Taolets ph» ou moins rou-
geâlics, et les jaunes des indbgos |4us ou moins yiolacés. Pour
etadicr, par TempérieBoe , les teintes qui résultent de plusieurs
«ooiturs simples mâÉii|;ées^ on peut employer un appareil com-
fOÊt de sept aiiroirs: on le place à une grande distance du
frâaefour que le ^etre seit bien étalé, et Ton incline conve-
a-ihlfiacnt les miroirs pour dii^per en un meule point d'une
haSk de papier blanc celles desmiances dont on Teut observer
k compoHtian. Il parrait que !Newtoa a fait un grand tembre
d'eipériences sur ce sujet, soit par ctitte médiode, soit par d'au-
ùts anakigues, et il est ensuite parvenu à une coustruction
fBQtnetrique Irès-remarqudide qui représente avec une fidélité
étonnante le résultat de toutes ces expériences. Nous pourous
seulement décrire cette construetioii-et en indiquer Tusage ; car
Hcmon, après l'aToir ▼érifite par rexpérienoe, ne Ta Justifiée
psr le ndsounement dans aucun de ses ouvraiges, et personne
jusqu'à présent n'a pu devi^sr la bdson cachée qu'elle a sans
doirile avec la théorie. .
Ob dtrise la eircouférence du cercle rcgvbm (Fia. 13) en sept parties qui aient les grandeurs suiraittes :
oj = 34 10 38
#v as DU ••«(••• 4a • • h • • • • #4 bizsbh « . i 1
ÎM 3SS jOa •••^••« IV «^...w. vU
ar =^ M 4fi 1 34
Eià suppoflàirt ^ipib ces sept arcs représentent les tept eMkurs simples, sayoir ro le rouge, oj Torangé^ eie.^ latrs eanires 4e
iM LIVRE VI. — OPTIQUE.
-gravité r', o\ /, u b\ i\ u\ ainsi que le centre de gravité c de la circonférence entière , représentent les points d*appUcation '■ des forces qu'il faut composer entre elles pour avoir la nuance '^ qui résulte de plusieurs couleurs simples données.
D'abord , si Ton veut savoir la couleur qUe donne le mélange de toutes les nuances, il faut composer ensemble les forces cor- respondantes aux sept centres de gravité des sept arcs, comme on compose les forces parallèles^ leur résultante passant évi- '^ demment par le centre, c'est une preuve que la nuance du mé- "^ lange est le blanc par^t.
Pour composer, paj exemple, le rouge avec une certaine : proportion de blanc , il faudra attribuer au centre de gravité t ^ une certaine valeur dépendante de la proportion de blanc que l'on veut mélanger : cette valeur sera égale à la somme des n- h leurs des centres de gravité r', o', y", etc., si la proportion de j blanc est celle qui résulte du mélange de toutes les nuances; v^ elle en sera la moitié, si l'on ne prend qu'une propoftiondc blanc moitié, etc. : ensuite on composera ce centre de gravite ;, avec r', la résultante tombant évidemment sur la ligne rV; cest ■ une preuve que la teinte du mélange sera rougeâtre, et d autant \ plus lavée de blanc que la résultante tombera plus près du cen- ■ tre c. On agirait de même pour composer avec du blanc \^^ ^ quelconque des nuances simples. ^
En ^suivant la même règle , il est facile de voir : j
1" Que deux couleurs simples consécutives donnent toujours par leur mélange une nuance intermédiaiFC. Le rouge et lorangé donnent un rouge plus voisin de l'orangé, ou un orang* plus vokin du rpuge , etc. Newton cependant recommande de ^ ne pas appliquer cette règle au rouge et au violet, qui ne se suivent pas dans le spectre.
2* Que deux couleurs distantes d'un rang donneront, par ^^ mélange , la couleur qui les sépare. Ainsi ,
Le rouge et le jaune donnent de l'orangé.
L'orangé et le vert » du jaune \
Le jaune et le bleu » . du vert.
Le vert et l'indigo » du bleu.
Le bleu et le violet ». de l'indigo. ' Mais l'indigo et le rouge donnent une espèce de pourpre ç*» diffère sensiblement du violet.