CHAPITRE V
De la Yiâott et des lustroments d*optiqae.
lOS, Stmetnre de l*aoli. — La forme extérieure, de Toeil est àpeu prèsœlle de deux seg9ients sphériques de différents rayons, réunis parleur base (Pl. 30, Fig. 24); le plus petit est celui qui offre au dehors la partie diaphane et saillante de Tœil. Cette fonne r^[ulière est maintenue par une membrane épaisse et fi- Ireose, d'un tissu très-ferme, que Ton nomme la sclérotique j lorsqu on la considère dans son ensemble» comme enveloppe externe de l'oi^ane; mais on la nomme cornée transparente dans la partie antérieure et diaphane, et cornée opaque dans les parties qui forment le blanc de rœil, et'dans toute la partie postérieure b\ Aux points s et s\ où la cornée opaque devient transparente, se trouve tendue, dans l'intérieur de l'œil, la membrane colorée de Viris , ayant , comme on sait , la forme d'un plan drculaire , dont l'intérieur est percé d'un trou rond plus ou moins ouvert, et parfaitement noir, que Von nomme la/?ttpille. Derrière l'iris se trouve suspendu le cristallin ce' ; il est ^enné dans une membrane particulière que Ton nonune la capsule cristalline^ et qui va s'attacher à la cornée par tous les points de son contour. Cette capsule forme une cloison continue qui sépare l'œil en deux parties ou en deux chopUfres; le liquide qui remplit la première chambre ou la chambre antérieure se nomme Y humeur aqueuse , et celui qui remplit la seconde chambre se nomme humeur vitrée. Ces liquidas sont contenus dans des membranes particulières; celle de l'humeur vitrée se nomme hyaloîde.
Entre rhyaloide et la sclérotique , se trouvent encore deux autres membranes, la choroïde et la rétine , qui jouent dans l ^cte de la vision le rôle le plus important.
La choroïde est une membrane vasculaire qui revêt toute la face interne de la sclérotique , depuis le fond de l'œil jusqu'à la capsule cristaUine; il y a même quelques anatomistes qui pré-
tendent qu'elle se prolonge en avant pour venir former l^iris, en se repliant sur elle-même.
La rétine n'est autre chose que rëpahouîssement du nerf cuprique ; elle est simplement posée sur la choroïde , et s'en détaciie avec la plus grande facilité lorsque l'on coupe l'œil pour en faire Tanatomie. Cette membrane, ou plutôt ce lacis nerveux, oflfrc une ti»ansparence presque complète.
Telle est à peu près la disposition générale des prindpales pièces qui composent l'organe de la vue. L^ dimensions mojennes d'un œil humain sont ainsi qu*il suit :
Rayon de courbure de la sclérotiqae 10 à 11 millimètres.
» de la cornée transpur. 7 à 8
Diamètre de l'iris li à 12
» delapupille Zk 1
Épaisseur de la cornée transparente • 1
Pistance de la pupille à la cornée 2
» » au cristallin.. . »• • • 1
Rayon antérieur du cristallin « 7 à 10
» postérieur du cristallin »••• 5à 6
Diamètre du cristallin ^ 10
Épaisseur •«...•• • • • • ^
Longueur de Taxe de Podil.. 22 I 24
Nous allons examiner maintenant, d'après ces donn<^es, les modifications qu'éprouve la himière en traversant les divers milieux qui composent l'œil.
Lorsqu'un point Imnineux est placé à 25 où 30 cendmètres au-devant de l'œil sur l'axe du cristallin ; une partie du faisceau qu'il envoie tombe âur le blanc de l'œil , et se trouve îrréguHè— rement réfléchie ■ dans tous les sens; une partie plus centrale tombe sur la cornée transparente, pénètre dans l'humeur aqueuse en se réfractant, et ses bords extérieurs viennent éclairer le contour de l'iris , tandis que la partie tout à fait centrale passe par l'ouverture de la pupille au milieu de l'humeur aqueuse, t verse le cristallin , l'himieiu' vitrée , la rétine elle-même , et tomber sur la choroïde. La lumière que reçoit l'iris est îrréçii— lièrement réfléchie dans tous les sens, et va reporter au dehors la forme et la couleur de cette membrane. Le faisceau central qui traverse la pupille se trouve réfracté par le cristalHn , conuM
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au méfiie point que deux xpi ont traversé les première»* Le faisceau central ce conterge plus près, et le fiiîsoeaa des boi*ds W va conrerger pluâ loin. Ainsi, lecristallin n^est pas une lentille à aa seul rojer, mais une lentille i un nombre infini de foyers différents. Ce fait me semble constant; sans essayer ici de le dévelo|tper dans tous ses détails, j'essayerai d'indiquer conunent il peut amcourir à Texplication.des phénomènes. D'abord, si l'on place au-deyant de Tœil une lame opaque percée d'un trou dont lediamètie soit moindre que 1 millimètre, on distingue nettement tous les dbjets jusqu'à des distances beaucoup plus petites ^ on ne le pourrait &ire sans cette précaution; c'est qu'alors le faisceau qui pénètre dans l'œil est si mince qu'il est à peiné né* (xssw qu'il soit amînei davantage par la convergence pour Êire des images nettes. Aussi n'obsenre-t-on aucune différetice lorsque le petit trou coïncide avec le bord ou avec le^ centre de la pupille. Avec un faisceau mince on peut donc voir nettement à toutes les distaûoes et par toutes les zones du cristallin.
Quand on veut regarder à la vue simple et sans diaphragme ^ objet de plus en plus rapproché, on rétrécit de plus en plus IWertore de la pupille; c'est un fait £Acile à verger. Le but i^ œ rétréassement est en effet d'arrêter les rayons qui tombe» nient trop loin du centre ^u cristallin, et dont la convergence Qc pourrait avoir lieu qu'au delà de la rétine.
Quand on veut regarder au loin , on ouvre au contraire la pupille autant c|u'il est possible , afin que le fidsoeau incident soit large, et que s<es bords extérieurs tombent près des bords du <^tallin, pour converger ensuite sur la létine. Alors, il est ^) la partie centrale du fiûsceau ^converge trop tôt; mais l'épuiouissement qu'elle peut prendre en allant depuis son point <le couTargence jusqu'à la rétine est toujours trè»-petit, et peut d'autant moins troubler la vision que l'édat de sa lumière est toujouis très-£ûble par rapport à l'éclat de la lumière des Wds.
iOS. JuiBem^at mv la eoulear» la ffenae* la altaattoB «< la anM4e«r 4es a1b|eCa. — Nous distinguons les couleurs œmme nous distinguons les sons, sans le secours du toucher; niais nous ne ies<Mstinguons pas de prime abord sans exercice lu sans comparaison. Il faut des expériences souvent répétées pour reconnaître qne le rouge, le jaune et le bleu, par exemple, II. 15
dant, sur ce point, on peut consulter avec intérêt les Mémoires de M. Chossat. ( Ann. de Chim. et de Phys. )
Pour résoudre la seconde , on a eu recoure à diverses hypothèses dont il est utile d^ndiquer au moins la substance.
104. Hypothèses > par lesquelles ' oit a esssyé d'expliqseï esBiBieBt l*œll s'aeeemmede mmx AIstaBees. — Pour démontrer d'abord que Tœil s'accommode aux distances, il suffit d'indiquer rexpérience suivante :
Sur un verre mince et transparent, on fait une petite tache, et on la présente ^devant Tœil à 20, 25 ou 30 centimètres de distance ; alors , lorsqu'on regarde cette tache , on ne voit qu'une image concise des objets qui sont au delà du verre ; et réciproquement , lorsque , sans déranger Tœil , on regarde ces objets plus éloignés, on ne voit plus qu'une image confuse de la tacbe. Donc les objets qui sont à 25 ou 30 -centimètres et ceux qui sont plus loin ne forment pas leurs images en même temps et avec la même netteté sur le fond de l'œil , car on les verrait à la fois distinctement et sans confusion. Par conséquent l'œil s'accommode par un acte de la volonté , tantôt pour voir près , tantôt pour voir loin : et en effet , on a le sentiment d'une modification différente pour chacune des distances auxquelles on regarde. Pour expliquer cette propriété, on a fait une foule d hypothèses : les uns admettent que l'œil entier s'allonge ou se raccoiurcit ; les autres que c'est seulement la cornée transparente qui devient plus ou moins convexe ; d'autres supposent que ceâ le cristallin qui agit, soit en se contractant, soit en se déplaçant. Mais il parait bien certain que l'œil ne s'allonge pas et que la cornée ne change pas de courbure ; pour le cristallin , sa contraction est très-improbable et son déplacement impossible.
En m'occupant de quelques recherches sur ce sujet, j'ai été conduit à une remarque qui me semble importante. La dissection d'un grand nombre de cristallins m'a fait voir que ce corps n'est pas composé de couches concentriques comme on le sup^ pose , mais de couches inégales en courbure et en épaisseur, comme on le voit dans les figures 25 et 26. Cette dernière figui* représente un cristallin dans lequel une des moitiés seulemei^ était disséquée. Il en résulte que les couches centrales étant toi^ à la fois plus courbes et plus réfringentes que celles des bordi^ les ra jont qui traversent ces dernières ne peuvient pas converge
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au même point que ceux qiir ont traverse les première». Le faisceau oentral ce' oonterge plus près, et le £BÛsoeau des bords U'va contergerpliuloin. Ainsi, le-cristallin nWpas une lentille à un seul fojer, mais une lentille i on nombre infini de foyers difftirents. Ce fait me semble constant; sans essayer ici de le déve* lopper dans tous ses détails \ j'essayerai d'indiquer oonmient il peut coQoourir à Texplication.des phénomènes. D'abord, si Fon p'aœ ainlevant de Tœil une lame opaque percée d'un trou dont le diamètre scHt moindre que 1 miUimètre, on distingue nettement tous les dbjets jusqu'à des distances beaucoup plus petites (|u on ne le pourrait faire sans cette précaution; c'est qu'alors le faisceau qui pénètre dans l'œil est si mince qu'il est à peiné né* ^xsseàit qu'il soit aminei davantage par la convergence pour iàire des images nettes. Aussi n'observe-t-on aucune di£Gérôfnce lorsque le petit trou eoindde avec le bord ou avec le' centre de 'a pupille. Avec un faisceau mince on peut donc voir nettement 3 toutes les distances et par toutes les zones du cristalliiv.
Quand on vent regarder à la vue simple et sans diaphragme un objet de plus en plus rapproché, on rétrécit de plus en plus IWerture de la pupille; c'est un Sût Sicile à verger. Le but de ce rétrécissement est en effet d'arrêter les rayons qui tomberaient trop loin du centre ^u cristallin, et dont la convergence ne pourrait avoir lieu qu'au delà de la rétine.
Quand on veut regarder au loin , on ouvre au contraire la pupille autant qu'il est possible , afin que le fidsoeau incident soit large, et que ses bords extérieurs tombent près des bords du ^'nstoUin, pour oonveiger ensuite sur la pétine. Alors, il est ^1 la partie centrale du fiûsceau ^converge trop tôt; mais l'ë- P^oiûssement qu'elle peut prendre en allant depuis son point le cofUTei^nce jusqu'à la rétine est toujours trèa^tit, et peut Tautant moins troubler la vision que l'édat de sa lumière est ^HJours très-fiaible par rapport à l'éclat de la lumière des K)rds.
iOo. Jugement mv te eoulenr» te fforaie» te altaatten !t la ipmadear 4es olbleCa. — Nous distinguons les couleurs ^mme nous distinguons les sons, sans le secours du toucher; aais Qous ne les- <M^nguons pas de prime abord sans exercice i sans comparaison. Il faut des expériences souvent répétées our reconnaitre que le rouge, le jaune et le bleu, par exemple, U. 15
mt font pas la méiiie impresâoii sur nous ; comme il hxA des Expériences souvent ^répétées pour reconnaître une différence cnUe les sons graves et les sons aîgns. Nous voyons la lumière avant de savoir démêler les coideurs, comme nous entendons du bruît avant de savoir démêler les sons. Ce résultat, qui semUe hîtii naturel^ se trouve ccmfirmé par les obseivatioiis que Voa a faites sur les aveugles- de naissancei auxquels on est parvenu à rendre la vue dans tm âge plus pu moins avancé.
Les- imag^ tracées sur la rétine sont, pour la conleor, le eontour et la forme, une représentation fidèle des objets; il suffit donc, pour- -que nous puissions prendre directement me idée de ki f<»me des corps, que nous puissions distinguer les points de la sétiiie qui sont en repos et ceux qui sont affectés ou ébranlés par la huBÎère. Or , il n'y a pas im des points de notre eaielopper extérieure sur lequel cette distinction ne soit fiicile* Une pîqàffe au bras se distingue d'une piq^e an doi^, et nous pourrions sans doute , arec te bra» comme arec la paumct de la Éueki, saisir la différence qu^il y a entre an ceide 6t mu casré. Par conséquent,, il rij a pas de raison poor que œtfie d&ffércBcene puisse être saisie avec plus, de netteté encore, et plua de prédsiou, sur la membrane de la rétine. Les objets donnent au fond de Toril des images renversées^ et de là on a voulu conclure que natureHement nous devons voir les o^ remisses. Cette conclusion serait légitime si Ton snppMait qoe Tâme regartU ks images, et qu'elle est placée demère iW, ccmmie une personne derrière le tad>leau d'une chambre noire. Biais ^ si Ton suppose que Tàme ne regarde pas les im^y <^'dle les sent , et qu'elle s'âèrè de la sensation à la cause qm la produit, il est évident que l'existence extérieure des corps et leur rituation résultent pour nous d'un seul et même jugement. n paraît toutefois que le sens de la vue seul ne pourrait pas plo^ nous cnndwiiTe à la connaissance du monde extérieur q«e le sens de l'ouïe ; tout semble indiquer que sur ce point le sens du too- (^er nem fiournk des données indispénsd^le» et ^'il ^^ P^^ être suppléé par aucun antre sens.
L'extériorité des objets une fois constatée , leur d^tance peat être appréciée de plusieurs manières. 1* Le cône Iumii»€«* Ç" tombe sur la pupille est d'auUnt plus diverçent que ^ po»»* qui L'^ivoie est plus rapproché de l'œil, et d'après ce q«e ^^^