‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 64 sur 240 · CHAP. Y. — PERSISTANCE DES IMAGES · texte numérisé non relu

CHAP. Y. — PERSISTANCE DES IMAGES

passagères et les couleurs accidentelles permanentes, 1* Quand, après aroir regarde le soleil' pendant quelques instants, on ferme les yeux, Timage prend diperses couleurs pendant sa persistance; quand, après a^oir regardé un corps viTement coloré, on porte subitement les yeux sur un corps d'une autre couleiu:, on éprouve une sensation complexe, qui se compose de Fimage actuelle du second corps et de Timage persistante du premier; ainsi le second corps n'est pas tu avec sa couleur naturelle. Ces deux exemples suffisent pour donner une idée des couleurs accidentelles passagères, sur lesquelles on a fiût plusieurs théories dont aucune ne nous parait satisfaisante. 2^ Quand un corps coloré est sur un fond noir, il apparaît avec sa couleur naturelle ; quand, sur le même fond noir, on vient mettre près de lui un second roipsde couleur différente, ces deux corps s'influencent /nutaellement : leurs couleurs, ou plutôt leurs nuances, sont changées, et ce changement paraît indépendant de la persistance des images, car il subsiste aussi longtemps que les corps sont juxtaposés. M. Chevreul a fiiit une étude particulière de ces phénomènes, et il les a soumis à des lois remarquables (JUém. de PAcad. des sciences^ 1 833 ).

108. Aeeldents de la ^wne. "^Les presbjrtes ont la vue trop longue, ils sont obligés de placer à 50 ou 60 centimètres de distance un papiertpi'ils veulent lire ; plus près, toutes les images sont confuses. Cette espèce d'infirmité, qui vient d'ordinaire avec Tige, résulte évidemment d^un défaut de convergence dans les faisceaux qui traverscmt les humeurs de l'œil; et l'on suppose, en général, qu'elle tient à un aplatissement de la cornée ou dû cristallin. Tous les presbytes ont ordinairement la pupille trèspeu ouverte, comme s'ils ftdsaient un effoit continuel pour se servir du centre du cristallii!! , plutôt que des bords, qui ont en effet, comme nous l'avons vu, une distance focale encore plus grande. Les myopes ont la vue trop courte; pour voir nettement les objets, ils sont obligés de les approcher à la distance de quelques centimètres; tout ce qui se trouve au delà est pour eux enveloppé d'un nuage, et ne forme au fond de l'œil que des images conAises. Cet aoddent est opposé au presbjtisme, et il résulte en effet d'une cause contraire f les ftdsceaux qui traversent l'œil d'un myope éprourent une trop rapide convergence ; ils se croisent avant de tomber sur la rétine. On suppose, en général, que

les myopet» ont la cornée ou le cristallin trop coavexe^ on marque aussi que leur pupille est toujours trèft-dilatée, s'ils essayaient de se servir des bords du cristallin plutôt (gae parties centrales, qui ont une distance focale principale enoo^e plus désavantageuse pour eux parce qu'elle est plus petite^

De quelque manière que s'accomplisse la vision distincte, soit qu'elle se fasse à la distance moyenne de 20 ou 25 centimètres comme dans les bonnes vues, soit qu elle se fasse à 50 ou 60<9entimètres comme diez les presbytes, ou à quelques qentjroèjres seulement comme chez les myopes, il arrive toujours que, pour voir avec la plus grande netteté, il est nécessaire dç tourner l'œil convenablement, de telle sorte que l'image tondre .sur un. certain point de la rétine et non pas sur un point quelconque. Le point, ou plutôt le petit espace sur le<piel on amène les images pour voir le mieux possible, se nomme le point sens&le de la rétine ; il est placé en général près de l'axe de l'oeil.

Il y a aussi au fond de l'œil uni point que l'on appelle \e point insensible ou punctum cœcum , c'est le petit eq>ace circulaire occupé par Textrémité du nerf optique, et d'où partent tous les filaments nerveux qui s'entrelacent de mille mamères pour former la rétine. La lumière qui tombe sur cet espace ne donne pas plus d'impression que si elle tombait sur un nerf quelconque mis à découvert; et, comme on ne distingue pas la lumière par les nerfs de l'ouïe, du goût ou de l'odorat, non plus que parles ner& des bras ou des jambes, on ne distingue pas la lumière par le nezf optique avant qu'il soit épanoui en réseau et étalé sur la choroïde. Ce fait remarquable semble bien indiquer encore que la vétine sen£ les images sur la choroïde, comme la main sent les fermes, les contours et les divers degrés de poU des corps qu'elle touche*

On reconnaît l'existence et la position du point insensilUe de la rétine par l'expérience suivante (Pl. 30, Fie. 27). Sur un fond noir et horizcpital mi on place deux petits dbques blancs ou deux petites boules, dont les centres sont à envh'on un décimètre l'un de Vautre; ensuite, on regarde d'en haut à la distance de 25 à 30. centimètres^ et dans une position teDe que l'œil .droit soit verticalement au-dessus du disque de gauche, et que la ligne des deux yeUx soit parallèle à la ligne des disques ; <;es deux oonditions étant rempUes , on ferme l'œil gauche , et l'jon regarde le disque de gauche avec l'œil droit, en l'éloignant ou en Taj^pro-

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