CHAP, V. — ACCIDENTS BE LA VUE
dumt un peu, mais toujours dans la même verticale; alors ou troure mie position où le disque de droite est conçlétement iorisible : plus près ou plus loin il réparait à Tinstant, et jamais on ne cesse de le voir si la ligne des deux yeux est seulement un peu oblique par rapport à celle des disques.
le docteur> WoUaston a observé sur lui-même im phénomène oe^on extrêmement remarquable. Un jour, après un violent ^x^ce de deux ou trois heures, il reconnut soudainement çu il ne pouvait plus distinguer que la moitié des objets : en regardant, par exemple , un homme en face , il ne voyait que la moitié de sa figure et la moitié de son corps, etc. Ce phénomène de semi^ifision dura un quart d'heure environ; il svait lieu pour un oeil comme pour .Vautre, ou pour les deux en- <^le; c^était la moitié gauche des objets qui était invisible^ cëtait par conséquent la moitié droite de chacun des yeux qui était insensible.
Vingt ans plus tard^ le même accident se renouvela, mais en sens mverse ; cette fois , c'était la moitié droite des objets qui était invisible. (Voy. Texplication physiologique qu'il en donne^ ^nn. de Chîm. et de Phys., t. XXVII, p. 102.)
109. Besieles. — Les besicles sont des lunettes dont se servent les presbytes et les myopes pour avoir une vision distincte des objets à la distance moyenne de 25 ou 30 centimètres.
Supposons, par exemple, qu'un presbyte ne puisse voir nettement gu'à la distance de 90 centimètres : alors, il est évident que pour lui les images ne peuvent être nettes , à moins que la lumière ne pénètre dans ses yeux avec la divergence qu'elle a en Tenant de 90 centimètres de distance; ainsi, pour qu'il puisse ^oir, conune une personne douée d'une bonne vue, les objets à 30 œntimètpes, il suffit de placer les objets à cette distance et de modifier par une lentille la lumière qu'ils envoient , pour îu'elle ne soit pas plus divergente que si elle venait de 90 centimètres. Par conséquent, la distance b de l'objet à la lentille ^nt de 30 centimètres, la distance m de l'image virtuelle devra ^ de 90 centimètres; on aura donc :
dou /•= + 46;
c'est-à-dke qu'un presbyte, qui voit naturellement à 90 centimètres, doit employer immédiatement au-devant de Toeil tm verre convergent de 45 centimètres dé distance focale prind« pale pour voir les objets à 30 centimètres.
En général, si d représente la distance de la vision distincte, la distance focale principale /*de la lentille convergente ou divergente dont il faut (aire usage pom: voir i 30 centimètres, sera donnée par cette formule :
/ — JZHÔ"
Si rf> 30, fesx positif, l'œil est presbyte, il hiî fiaiut un verre convergent ; si rf<30, /*est négatif, l'œil est myope, illui faut un ,verre divergent : dans tous les cas , il suffit de connaître i pour en déduire /*, et par conséquent la force des lunettes qu'il convient d'employer.
Les lunettes du myope lui servent pour voit de près et de loin-; cependant le défaut de sa vue n'est pas également bien corrigé dans les deux cas. En effet, Fœil très-myope, dont la vision distincte est à 5 centimètres, doit porter des verres divergents dont la distance focale principale soit de 6 centimètres, qui sont presque ceux qu'il lui faudrait pour regarder les objets les plus éloignés ; mais l'œil moins myope dont la vision distincte est à 20 centimètres emploie, pour lire oonunodcment, des verres de 60 centimètres de distance focale principale, (f^ sont trop faibles pour regarder au loin. .
Le presbyte est obligé d'ôter ses lunettes pour regarder un peu loin, parce que tous les objets dont la distance est plus grande que la distance focale principale de ses verres, enverraient K son œil de la lumière cotiv^ente qui, en gén^» trouble la vision ; cependant il ne paraît pas impossible que certains yeux très-presbytes puissent voir plus nettement avec des rayons qui auraient un certain d^^ré de convei^ence.
110. Loupes o« ■Ueroseopes simples. — > Un microscope simple n'est autre chose qu'une lentille convergente d'un trèscourt foyer; ou l'appelle aussi une l(mpe. Cet instrument sert a voir de petits objets ou de petits détaib qu'il serait impossible dfe saisir à la vue simple.
L'objet que l'on r4;arde à la loupe single doit être toujouis
CHAP. V. — LOUPES. ÎS7
en ayant à une distance moindre que la distance focale
^Je; sa position varie avec la portée de la vue, mais il
de déterminer dans tous les. cas le point p^éds où il
. En effet, soit x la distance à laquelle il faut placer
d-devant d'une loupe, dout la distance focale principale
. /, en sùf^posant que Fœil de Tobservateur soit appliqué im»
pédiatement contre la loupe, et que pour lui la distance de la
îisioD distincte soit représentée par d : il fai^t évidemment que
Jes Êûsceaox qui partent de la distance x possèdent^ après avoir
tnTersé la loupe, la même divergence que s'ils venaient natu*
idlement d'une distance d ; c'est-à-dire qu'après Témergence,
ils dohrent fiûre leur foyer viituel à une distance d. On a donc :
La mardie des rayons est in<fiquée (Pi«. 31, Fig. 1) : o est la position de l'objet, a'b' celle de l'image virtuelle, et les trian* gies semblables abc et a'Ve donnent pour le grossissement g :
Ce grossissement est le rapport entre la grandeur de l'image et celle de Tobjet : on voit qu'il est plus grand pour les presl>ytes que pour les myopes.
Si Tonl était placé à une dbtance \it derrière la lentille on
aurait:
f{d-a) d-ét.
^ Toit que x diminue et que le grossissement ' devient moins considérable. "Voici la règle générale qu'il faut suivre pour ^urer grapbicjuement un point de l'image correspondant à un point donné de Tobjet, par exemple du pointa : joignez le point a au centre optique c de la lentille , la ligne ac est Taxe du faisceau de lumière que la' lentille reçoit du point a, c'est donc sur lui que se trouve l'image a\ La distance ca' étant donnée par la formule il suffit de la rapporter sur la figure. Alors en joignant le point a' à un point quelconque de la seconde face de la lentille, le prolongement de cette ligne est la ^Qte que prend celui des rayons émis par le point a qui est Venu sortir en ce point de la deuxième face.
23g LIVRE VI. — OPTIQUE.
Quand l'œil est centre la lentille , il voit chaque point de rimage par Taxe du faisceau correspondant, mais lorsqu'il s'éloigne les axes lui échappent et il ne voit plus l'image que par des pinceaux obliques qui ont été réfractés près des bords de la lentille. En même temps il perd imè portion croissante du champ de vision.
111. Chambre elAtre ou eamem liielda* — Cet appareiï sert à tracer l'image exacte d'un objet, d'un édifice, d'un paysage, etc. n se compose essentiellement d'un prisme qtiadrangulaire abcd (Pl. 31, FiG. 2), ayant en b un angle droit, et en ^ un angle obtus de 135*. La face cb est tournée vers Tobjet dont on Teut prendre le dessin : rj:, par exemple, étant l'axe d'un pinceau envoyé par un point de cet objet, on voit que ce rayon, après avoir pénétré perpendiculairement dans Fintérieur du prisme par la face cft, éprouve en r une première r^exion totale sur«/, en r' une seconde réflexion totale sur flrf, et vient enfin sowir perp^idicolahement à bt face ab près- du sommet a du pnsme.. L'œil étant placé un peu au-dessus de (sette face , de maniàre que la pupille soit en />/>', son milieu corre^>ondaTit au sommet a^ iL est évident : l** que par k moitié antérieure de la pupillft on verra, par réflexion, l'image de l'objet x sur le prolongement/' r ;, et 2® que par Fautre moitié de la pupille on. -^erra directemenlt le point d'un tableau horizontal, sur lequel cette image se pn>jette. Ainsi, en tenant avec la main la pointe d'un crayon sut ce point du tableau, on pourra distinguer à la fois l'image et la pointe du crayon* Ce raisonnement s' appliquant aux points voisins du pomt x, il en résulte que l'on verra, sur le tableau. une image d'une certaine étendue, et la pointe^du crayon en. pourra tracer les contours les plus délicats. Tel est le pnnôpe. sur lequel repose la construction de la chambre daire de Wol* l^atoa et c'est seulement pour fixer les idées que nous avoDi supposé la pupille partagée en deux parties égales par la verticale du sonunet a,, car il est évident qu'elle peut varier de position dans -de certaines limites : la seule condition importante est cpi'elle reçoive à la Cois des rayons réfléchis et des rayons du«c***
Pour que cet instrument soit commode dans la pratique et n fatigue pas la vue, il faut employer des verres colorés afia^ donner à peu près le même éclat aux deux images, et des wor tilles pom* donner à leurs rayons le même degré de divergence.
CHÂP. T. — CHAMBRE CLAIRE. 23^
On peat feîre aussi une chambré' claîre avec un sunple mîroîr métal]a|ne percé <l*un trou de 3 ou 4 millimètres; alors les objet 5*apcreoîvcnt directement par ïe trou, et le crayon est vu par réflexion sur le miroîr.
lis. Ctembre notre. — La chambre noire est destinée i
pioàmre sur un tableau limage réelle d'un champ de vision
ph» 00 moins étendu. Dans sa construction la plus simple, elle
coBSBte en un seul verre convergent ir (Fie. 4), placé dans
rouTortore du volet d'une chambre complètement fermée fghu.
S do centre optique c de la lentille on décrit un cône dont
l^angle ocf soit é^al an champ qu'elle peut embrasser, tous les
. objets compiris dans ce cône viendront former des images nettes
i des (fistances plus ou moins grandes dans Tintérieur de la
^bambie noîie. II semble par conséquent quH soit impossible
d aToir à la' fois Fimage distincte de tout le paysage at : mais si
* tableau est concave , et s'il est une portion de sphère c'a' d'un
. njron égal à la distance focale principale de la lentille, il suffira
, ^IWKner convenablement en c'a"^ par exemple, pour avoir
"ne représentation fidèle de tout le champ de vision ; seulement,
su y avait des objets très-voisins, comme un arbre b , il serait
'"Çossîble, en le regardant du point c , d'avoir en même temps
son image et ceDe du sol sur lequel il se projette.
Dws cet appareil, les images sont reinfersées : pour les re- ®^«er et les amener à la portée de la vue , on place ordînaire- ''Mtt on miroir étamé au dehors et en avant de la lentille ; on obtient même par là un autre avantage , c'est qu'en faisant ^'''^'Hier lè miroir ou en Finclinant de diverses manières, on peut ""^CT sor le tableau successivement tous les points de vue-quT sont au-devant du volet. On parvient au même résultat au nioyèa du prisme ménisque de la figure 5 , dont la base ah fsiit 1 office ie réflecteur, tandis que les faces ac et cb font l'office oe lentille convergente.
Pour que les images soient plus vives et plus nettes, il est bon dmtercepter, avec des tubes, des écrans ou des diaphragmes conrenablement ajustés, tous les rayons lumineux qui ne partent pas du champ de l'instrument.
^ figure 3 représente une chambre noire portative. Il sera Me, d'après ce que nous venons de dire, d'en saisir la disposition.
240 LIVRE YI. — OBTIQUE.
113. Chaaibpe Boîre plioi«gimpkiq«e« — La chambre noire inventée à Naples^ par Porta, vers 1570, n^avait servi, pendant près de trob siècles, qu^à Tamusement des amateurs et à quelques dëmonsti*ations scientifiques, comme nous venons de le voir. La découverte de Daguerre est venue donner à cet appareil une importance inattendue, inespérée. L'image. si délicate qui se forme sur le tableau de la chanïbre noire peut s'imprimer d'elle-même et se fixer ensuite d'une manière durable. Au début de cette merveilleuse invention, il fallait longtemps, 4 ou
minutes, pour que les pinceaux de lumière pussent laisser sur le tableau des traces assez profondes;, aujowd'hui on est parvenu à composer des tableaux qui ont presque la sensibilité de 'la rétine, la lumière y marque sa place dans un instant aussi court que l'instant nécessaire à une sensation : on peut recueillir au daguerréotype l'image d'un éclair. A ce progrès si surprenant s*en ajoute un auti'e qui n'a peut-être pas moins de portée : on ne connaissait d'abord comme tableaux propres à recevoir les iikipressions et à fixer les. images que les plaques ai^entées soumises à ceitaines préparations ; maintenant, on fait des tableaux non moins sensibles avec du papier, avec de la toile, arec un tissu quelconque, même avec des lames de verre recouvertes d'une couche imperceptible de certaines matières transparentes. toL photographie est donc arrivée à un point où elle donne dcja des résultats du plus grand intérêt; elle se compose de deux parties distinctes : les procédés optiques qui permettent d'obtenir des images parfaitement nettes et fidèles ; les procédés chimiques qui préparent les tableaux destinés à recevoir les imageSi et qui servent ensuite à faire prendre à ses images le lustre, 1^ force et la solidité qu'elles doivent avoir.
Nous allons indiquer ici les principes des procédés optip^j nous pourrons plus loin , si ce volume ne doit pas en être gros» outre mesure , exposer au moins sommairement les actions ^' miques de la lumière, pour les appliquer ensuite aux divers prt>oédés photographiques.
Les objectifs des anciennes chambres noires ne. pouvaient donner que des images imparfaites pour la photographie; *" n'étaient pas achromatiques, ils avaient en général des foy^ trop longs, et un champ trop restreint : les objectifc à^ •«' nettes n'avaient pas le premier mconvénient, mais îk conter-