CHAP. V. — MICROSCOPE COMPOSÉ
les dispositions très^dlverses que l'on a successivement données à cet instrument reposent en dernier résultat sur les deux principes suivants :
.!• Les objets que Ton veut soumettre à l'expérience se placent au-devant d'une lentille convergente A , et un peu au delà de la distance focale principale (Pl. 31, Fig. 8). Cette lentine simple ou composée , achromatique ou non achromatique, se nomme la lentille objective ou Y objectif du microscope.
2* Les images réelles et amplifiées que donnent les objets, à une distance plus ou moins grande derrière l'objectif, sont regardées avec une simple lentille convergente c qui fait l'office d'une loupe. Cette seconde lentille, qui peut aussi être simple ou composée, achromatique ou non achromatique, se nonune la lentille oculaire ou V oculaire du microscope.
Ainsi, tout microscope dioptrique est essentiellement composé d'un objectif et d'un oculaire, et le grossissement définitif est le produit des grossissements qui résultent de chacun de ces verres ou de chacun de ces systèmes de verres. Si l'objectif grossit, par exen^le, 5 fois en diamètre, et l'oculaire 10 fois, le grossissement sera 50 en diamètre, et par conséquent 2500 fois en sur- &ce; il serait 1000 fois en diamètre, et 1 000000 de fois en surface, si les amplifications de l'objectif et de l'oculaire étaient respectivement 100 et 10, ou 50 et 20, ou 40 et 25, etc.
En ne considérant que ces principes fondamentaux du microscope, il serait facile d'en calculer eii même temps les dimensions et les effets. Supposons, par exemple, que l'objectif ait 5 millimèti'es de distance focale principale, et l'oculaire 20 : l'objet étant placé à ^^ de miUimètre au delà de la distance focale principale, son image réelle se formerait à 255 millimètres, et l'amplification de l'oculaire serait 40 ; pour un objet de -^ de minimètre de diamètire, l'image aurait donc 4 millimètres d'étendue. Ensuite, pour regarder cette image avec l'oculaire, il faudrait placer eeltii-ci à 18'"°,62 au-devant de l'image (en supposant une vue moyenne de 10 pouces ou 270 millimètres), et Ton aurait encore un grossissement de 14,5; ce qui donnerait un grossissement définitif de 40 X 14,5= 580 : dans cette hypothèse , l'instrument devrait avoir une longueur de 265 -t- 1 8,62 = 273«»,62.
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Âyec le même objectif et le même oculaire on pourrait obtenir d'autres amplifications, moindres ou plus grandes, suivant que Ton placerait l'objet à des distances plus grandes ou moindres au-devant de l'objectif ; mais en même teuàps il faudrait pouvoir raccourcir ou allonger Tinstrument, c'est-à-dire, diminuer ou augmenter la distance des deux verres, car le lieu <le Fimage réelle se rapprocherait ou s'éloignerait de l'objectif.
L'instrument dont nous venons d'indiquer la théorie est le microscope dioptiîque dans toute sa simpUcité, ou plutôt dans toute son imperfection, et tel qu'il sortit des mains des premiers inventeurs, vers 1620; mais, depuis cette époque, on y a fait de nombreux changements. AL Amici, de Modène, est par^ venu, par d'heureuses recherches, à lui donner enfin, il y a quelques années, un degré de perfection qui laissait peu à désirer; et M. Ch. ChevaUer, profitant de ces i*echercïie&, en a varié avec succès la disposition pour l'approprier à tous les genres d'observation. Nous décrirons donc de préférence le microscope de M. Ch. Chevalier.
118. Le microscope composé est représenté au quart de grandeur naturelle (Pl. 31, Fig. 9). L'objectif est en &, l'oculaire en c; le faisceau de lumière par lequel on voit l'objet s'élève d'abord verticalement, mais, au moyen d'une réflexion totale sur l'hypoténuse du prisme r (Fig. 8), ce faisceau est renvoyé horizontalement vers l'oculaire, ce qui permet à l'observateur de prendre une position conunode, soit pour varier ou prolonger ses expériences, soit pour dessiner les images qu'il aperçoit.
Voici, maintenant, la disposition des divCTses pièces et leur mécanisme.
V Objectif, ^^IJ'ohlecûf se compose d'une, deux ou tr<Ms lentilles adiromatîques, dont les distances ibcales princ^ales sont de 8 à 10 millimètres; elles portent les n"^' 1, 2, 3; on p^it employer la lentille n^ 1 . seule, ou les lentilles n"" 1 et n* 2, avec l'attention de visser la première sur le tube, et la secoude sur la premièie; ou les lentiUes n® 1, n® 2 et a® 3, avec Tattention de conserver encore leur ordre naturel en vissant le n* 3 sur le n® 2. Dans le premier cas, on a le moindre grossissement, et l'objet se trouve le plus loin possible de l'objectif 9 dans le se^ cood cas, le grossissement est plus fort, et l'objet phis près; enfin, dans le troisième cas, le grossissement est plus fort encoie,
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'*objiti se trouve alaeaé à une très-petite distance de Fob-
¥ Oculaàte.^'^Vom: ehacime des combinaisons de Tobjectif, «B peut adapter à Vinstrument Tun des six oculaires qu'il porte fous les n^ I9 2, 3, 4, & et 6. Les quatre premiers sont con- SMÎas sur le même pnadpe; chacun d'eux se coa^K>se de deux vtnss planft eonyexes, dont la conTexité est tournée du coté de Jlntge; entre œs Terres^ et au point précis où Tient se faire Ifittage réelle de l'-idijet) se trouve un diaphragme dont Fouvertnre est coiiYenableinent déterminée; dans cette ouverture on place crdinaîrement, à angle droit, deux fils très-fins qui servent de micromètre. Les oculaires n^ 5 et n^ 6 sont de simples In^ d*aii ibyer très-court..
y AjusiemeBi Héchûrage des objets transpatremts. — Les ob-
fels tnuB^MBrents doivent tovqours être {dacÀ entre deux lames
4a vm, et OB les nouîUe d'une goutte d'eau pure pour qu'ils
■nirl ffyjil/lnmf nt environnés de ce liquide* Ces kmes en gé-
aml SB maimieniient d'elles-mêmes à une distance couTcnable
ans altérer l'objet» S'il arrive, dans quelques occasions, que
l'obyet doive être simplement placé à sec sur une lamé trans-
pirwiit, cfa peut bien encore l'observer avec le même grossis-
SÊSBaeoÊSiy jnais son image est toujours moins claire et moins
distincte. Le système des lames se place sur l'owverture u du
porte objet, et la pièce dj qui s'élève ou s'abaisse à firottement,
tôt à les BMÛntenir et à les presseï*.
Le miroir concave m rassend>le la lumière des nuées cm celle d'une kmape pour la ccMicentrer sur l'objet. Le diaphragme mo- Ue f S0t à modérer l'éelat de la lumi^e ; on le fait tourner ptm ou moins pour amener celle des ouvertures qui convient te mieei à l'ofijet qm est soumis à l'^ipénenee : en général, les corps très-minces et très-transparents exigent ubc lumière Inoins éditante* Au-dessous du diaphragme se trouve encore un verre dépoli, «pie l'on tourne de manière à recevoir le fidsceau lorsqo'on vent employer la lumière solaire ou celle d'une forte lampe.
Enfin^ l'objet est amené près du foyer au moyen d'un pignto dnit le bouton est en j» , et la vis nncrômétrique p' sert à le mettre exactement au point.
4* jiJmsÈement ei éclairage des corps opaques^ — Les corps opaipes doiren^ être placés sur im trèfr-petic disque de verre
noir collé sur une lame transparente, et mis ensuite sur le porteobjet : alors, pour les éclairer , on peut se, servir ou d'une lentille ou d'un miroir, ou de ces deux moyens réunis.
5** Moyens de parcourir le champ, -^ Il y a pour cela deux vis micrométriques A et ç : la première sert à pousser en avant ou à retirer en arrière le char du porte-objet et tout ce qu'A porte ; la seconde sert à le faire marcher latéralement de droite à. gauche ou de gauche à droite. Au moyen de ces deux mouvements combinés on peut parcourir toute l'étendue de Tobjet dans un sens ou dans l'autre sans perdre de vue son image.
6* Grossissement, — L'un des meilleurs moyens dé détenniner la force amplifiante du microscope est d'employer une chambre claire qui ^'adapte à l'oculaire dont on fait usage, afin de voir en même temps un micromètre de verre mis au-devant des lentilles conune objet, et une règle divisée mise dans la verticale de l'oculaire à une distance convenable : l'image amplifiée du micromètre se projette sur la règle, et l'on peut lire aisément le nombre des divisions qu'elle y occupe. Dans ce microscope, les combinaisons d'objectifs et d'oculaires qui ne grossissent pas plus de 500 fois en diamètre, donnent des images d'une netteté remarquable. Les combinaisons qui portent le grossissement à 1000, 2000, 3000 ou 4000 fois, donnent des images un peu conftises.
Quelquefois, on se contente de mesurer le grossissement on plutôt là grandeur réelle des objets au moyen des vis micrometriques k eX q dont nous avons parlé ; ces vis ont un pas trèspetit et déterminé d'avance; en outre, leurs têtes sont divisées, en sorte qu'il suffit de voir de combien de tours ou de firactions de tours il faut tourner pour faire passer un objet d'un cote a l'autre du fil micrométrique de l'oculaire, dont la disposition est indiquée plus haut.
Ce microscope peut être placé verticalement. Il sufiSt pour cela de dévisser le prisme, de mettre les lentilles dans le pr^ longement du tube, et de faire tourner celui-c^ autour du genou z 5 on peut même , au moyen du second genou z'f rendre la pièce zz' verticale, mettre le tube horizontal, et observer 9Sf le porte-objet, qui est alors vertical. Enfin, le même instrument prend avec la plus grande facilité la disposition convenable po les observations chimiques : pour cela on tourne la pièce >