CHAP. U. — DE LA CRISTALLISATION
16. Des propriétés que prennetU les corps en se consolidant après une fusion complète ou incomplète.
CwimÊmilimmtàmm de Pcmi. — U y a peu d'obsenrateurs qui a dent eu la cniriosité d'examiner la congélation de Tean, et de aune raccroissement des fines aiguilles de glace qui se forment d'atxxd à la superficie ou sur les solides qu'elle touche. D'un instant à l'autre ces aiguilles se développent et se ramifient de miZie manières par le progrès de la solidification. Il est rare, à k Terité, qu^elles prennent des formes cristallines régulières comme celles que l'on observe dans le givre ou la neige (voj. la Météorologie) ; mais leur aspect suffit cependant pour montrer ccsnunent les corps solides se cxmstituent, et comment, dans un Tolfone donné de glace , on peut concevoir une infinité de sur- £u3es courbes, qui séparent ce qui a été solide dans un moment de ce qui a été solide dans l'instant suivant. C'est au reste ce «{ae noos allons mieux vou* encore par d'autres exemples.
C^rtetaUftntfoM d« soMfre. — Un cylindre de soufire paraît à peu prés liomogène à l'extérieur, mais lorsqu'on le brùe on Foit autour de son axe une infinité de petites aiguilles transparentes qui se croîseat sous tOMS les angles. Cette cristallisation «^[ulière s'est opérée dans l'ijitérieur, parce c[ue le refroidissement y a été plus lent qu'à l'extérieur. En edet, la grandeur des cristaux dépend de la masse qui était en fusion et de la rapidité de son refroidissement. En faisant fondre ensemble 50 livres de soufre , M. Mitscherlick a obtenu des cristaux de plus d'un ceniimètre d'épaisseur qui avaient une grande régularité. Le bain était refroidi lentement pendant quatre ou cinq heures , et l'on perçait la croûte épaisse qui s'était formée au-dessus pour décanter le liquide intérieur. Ces cristaux, une fois formés, ne se seraient pas sans doute décomposés pendant la solidification du liquide restant; ils se seraient seulement enveloppés de nouvelles couches solides plus ou moins régulières, et lorsqu'on aurait brisé la masse après une solidification complète , sans décantation , la cassure , tout en présentant quelques facettes cristallines , n'aurait pu donner une juste idée de l'état d'agrégation des molécules.
CTrfstolliMtioM du Mnavth. — Le bismuth très-pur est, parmi tous les métaux, celui qui cristallise avec la plus grande Cnilité; on le £ait fondre dans un creuset, on le verse dans
un test un peu chaufifé d'avance , et l'on attend que la croûte superficielle ait acquis une solidité convenable; alors on dé^ cante^ c'est-à-dire que l'on prend le test conrnie pour verser ce qu'il contient; le liquide intérieur coule après avoir percé la croûte par son poids , et la calotte solide qui reste attachée au test présente de beaux et larges cristaux irisés, formant par leur arrangement mille reflets et mille accidents sîngidiers.
Cette expérience curieuse et la précédente sont bien propres à nous faire concevoir la structure intérieure des corps ; ce n'est qu'en suspendant ainsi leur formation, et en séparant à un instant donné ce qui est déjà solide de ce qui reste encore liquide, que l'on peut se faire une idée des groupements moléculaires qui constituent les masses. Et comme les cristaux qu'on obtient par ce procédé dépendent, pour leur grandeur et leur arrangement, de la vitesse avec laquelle la masse se refroidit, on ne peut douter que toute la texture d'un corps solide quelconque ne dépende des circonstance* sous lesquelles il s'est consolidé.
Consolidations sons diTerses pressions. — > La pression sous laquelle se trouve le liquide au moment où il se solidifie exerce aussi, pour l'ordinaire, une influence marquée sur l'état d'agrégation qui en résulte. Ainsi , lorsqu'on jette dans le moule une cloche de grandes dimensions , les couches inférieures ne prennent pas exactement la même texture que les couches supérieures; il en est de même pom* les canons, et l'on sait qu'il n'est pas indifférent de les jeter dans un moule horizontal ou vertical , ni de les forer en plaçant l'âme à la partie supérieure ou inférieure du cylindre de coulée.
De In fonte et de l'ncier fondn. — Il J a des corps qui semblent changer de nature par des fusions répétées , tels sont le laiton , la fonte et l'acier ; mais on peut remarquer en général que ces modifications ne se montrent que dans les corps composés qui peuvent éprouver quelque altération dans les proportions de leurs principes constituants , soit par la haute température à laquelle ils sont soumis , soit par l'action des corps étrangers avec lesquels ils sont en contact. Ainsi , quand la fonte douce devient aigre par une seconde ou par une troisième fusion, il est probable que cet effet singulier ne tient pas seulement