CHAP. II. — DE LA FONTE ET DE L'ACIER FONDU
a des états d'agrégation différents, mais bien à des proportions Tinables de charbon que l'analyse chimique ne peut assi^er. il eo est sans doute de même pour Tacier fondu , car de trèspetite différences dans les proportions du charbon pourraient d<Hmer des états cfistallins très-différents à Tœil.
•■ fer. — Il paraît que le fer du commerce le mieux purifié
contient encore des traces de charbon , et connue dans cet état
OD ^proure déjà de grandes difficultés à le mettre en fusion, Ton
peut condure que du fer absolument pur serait excessivement
difiBc3e à fondre , surtout à cause de la nécessité où Ton serait
d'criier le contact de toutes les matières charbonneuses. Ce
n est donc pas par une fusion complète que Ton obtient le fer
dans ks arts, mais seulement par une fusion pâteuse, qui donne
aux molécules assez de liberté pour qu'elles puissent s'arranger
et même former diyers systèmes cristallins, très -perceptibles
àans \a cassure. Ce métal nous donne donc une nouvelle preuve
que, même à Tétat soUde et sans Uquéfaction, les molécules
pet/nrax se déplacer et s'agréger par leur affinité mutuelle, de
manière à produire des cristaux plus ou moins volumineux.
Car les martinets qui corroient le fer, et les cylindres qui le
eompriment poiu: en chasser les scories liquides, peuvent bien
lui donner de la ténacité ; mais à coup sur ces forces mécaniques
sont peu propres à déterminer les cristallisations régulières qu'on
y observe sotnrent.
B« pi«Ume. — Le platine en petites masses peut bien être fondu par l'action de la pile ou par celle d'un chalumeau à gaz oxygène, mais U est si réfîactaire que nos moyens les plus efficaces ne peirvent en fondre que des parcelles. Cependant on sait à fRésent l'obtenir en grande masse ; on le passe à la fiUère, on le lamine, on le travaille au marteau pour en faire des fils, des tubes, des creusets, des cornues, des siphons, des chaudières et phisîears autres instruments qui sont d'une grande utilité dans la cfamue et dans les arts. Toutes ces formes qu'il peut prendre supposent entre ses molécules une affinité puissante et une mo- Uiité assez grande pour qu'elles ptiissent s'arranger sans que la masse soit liquéfiée. Pour mieux faire comprendre cette vérité, i suffît de rappeler en peu de mots la série des manipulations que reçoit le platine pour être tiré du minerai et transformé en «ne masse solide.
D'abord on fait passer le minerai par une série de dissolu* lions qui ont pour objet de séparer le platine des nombreux métaux auxquels il est allié, et l'on arrive enfin à une dissolution qui ne contient plus que de Thydrcchlorate de platine et d'ammoniaque.
Ce sel double se précipite par Tévaporatlon en une poudre dont la couleur est un jaune orangé assez éclatant.
On Texpose à une haute température, et tout se vaporise, excepté le platine qui reste en masse spongieuse, plus friable que de la cendre agglomérée par le feu. C'est avec cette pous* sière infusible que Ton parvient à faille une masse solide et homogène.
L'art de la verrerie , la fabrication des porcelaines et des poteries, offrent une foule d'exemples des divers modes d'agrégation par lesquels peuvent passer les corps solides soumis à l'action du feu.
17. Des propriétéfi qae prenttent !«■ eorps en se préelpItaM^ des dissolalioBS qui les eonUenneni. ^^ S'il y a , comme nous venons de le voir, un grand nombre de corps soUdes que l'on peut obtenir par la voie sèche ou par l'action du feu, il y en a beaucoup d'autres que l'on ne peut obtenir que par la voi^ humide , c'est-à-dire , par des Uquides qui les prennent en dissolution et qui les laissent déposer par l'évaporation. C'est ainsi., par exemple, que le sel ordinaire se produit dans les marais salants par l'évaporation de l'eau de mer , et que le sucre solide se tire des sucs de cannes ou de betteraves convenablement évaporés. Les corps que l'on obtient par cette voie peuvent prendre des structures encore plus distinctes et .plus variées dans leurs apparences que ceux que l'on obtient par le feu. Quand l'évaporation s'accomplit lentement dans un lieu tranquille, sans variations sensibles de température , le corps solide qui se dépose, s'arrange en beaux cristaux parfaitement réguliers, transparents pour l'ordinaire, et terminés par de larges fisK^es planes et polies; mais quand l'évaporation est très-rapide, le corps solide se précipite en poudre opaque, qui n'ofiBns aucune trace de régularité ni d'agi'égation. Entre ces deux extrêmes, il est vrai de dire en général que le corps solide prend en se prédpitant toutes les nuances de structure que l'on peut imaginer depuis l'état pulvérulent le plus informe jusqu'à rétat cri^alUn
CHAP. U. — PEOP&IËTÉS D£S CORPS PRÉCIPITÉS. ' 3i
le plus parfait. Ainsi la pierre à bâtir ordinaire (carbonate de ehoMLz) et le beau marbre blanc de Carrare ou de Paros ne sont qu'ose même substance qui a pris à son origine des états d'agr^ation différents; le maii)re lui-même n'est encore qu'une criitallisation confuse^ car elle est sans transparence, et il y a bien des degrés intermédiaires entre sa structure et celle des cristaux limpides du spath d'Islande. Pareillement le charbon, b faonBle, le lignite, Tanthracite et le diamant ne sont qu\me sede et même substance diversement agrégée.
Les substances qui se déposent en cristallisant dans les dissehtems aqueuses se combinent ordinairement avec une certaine quantité d'eau qu'elles conservent à Tétat sec, et que Ton appelle Veau de cristallisation.
M. Haidinger ar?aît observé, et M. Mitscherlich a confirmé par un grand nombre de fSaits cette vérité importante ,' qu'ime uiènac si^jelance , en cristallisant à diverses températures , peut prendre des proportions variables d'eau de cristallisation et en vaine temps afiecter des formes différentes. Ainsi le sulfate de sonde, qui est, comme on sait, plus soluble à 33* qu'à tout antre d^[ré de chaleur moindre ou plus élevé, cristallise à cette ttnq>érature sans eau de cristallisation , tandis qu'à la température ordinaire il prend de l'eau et une tout autre forme.
Le seléniate de zinc peut prendre trois proportions d'eau et trais formes distinctes , suivant qu'on le fait cristalliser dans une dÎHuluiÂon chaude, dans une dissolution tempérée ou dans une dmolatioo convenablement refroidie.
M. Ebehnen, en prenant l'acide borique fondu comme disaolvaat de Tatumine, de la magnésie, de la gluciue et des osjdes métalliques, est parvenu à faire de petits cristaux de la fanOle des spinelles et d'autres pierres fines , à la température des faors de porcelaine qui suffit pour vaporiser l'adde borique. (Ctm^ftet rendus j 16 août 1847.)