GHAP. VI. — PH&NOMÈIŒS OE PHYSIQUE CÉLESTE. S
s ik étaient près, ce grand physicien, ae nïtn à Vœuvie , travaille
des Terres, lesajuste, les tourne vers le ciel, et qudques «emaines
ajprès étonne le monde par Téclat et la nouTeauté de ses décoiH
vertes. On apprend, contrairement à toutes les idées qu'on avait
pu se fiûre à cette époque, on apprend : qu'il y a des montagnes
eu» la lune, des taches sur le soleil; que Venus a des phases
qù prouvent sa rotation et celle de la terre; que Jupitor a des
satellites tournant autour de lui, comme la lune autour de nous;
que Saturne n'est pas un globe analogue i celui des autres jdft?»
nètes, mais qu'il est accompagné de deux ailes lumineuses symé*
tiiqoes et permanentes ; c'est ainsi en effet que devait apparaître
l'anneau, dans une lunette fabriquée sans règle, par les seules
io^pîratîohs du génie, et qui grossissait à peine 30 fois. L'ou^
na^e qui annonçait ces découvertes, Nuncius sidereus^ fut un
grand événement, on comprit que la constitution des astres de-
Toiait enfin accessible à la science.
Deux âècles et demi se sont écoulés pendant lesquds on a
perfiactîonné les instruments et multiplié les observations; ces
gonds travaux se rapportent en général à l'astronomie mathe-
i&atique, qui a pour objet les mouvements des ccMrps célestes,
le calcul des orbites et des perturbations, en un mot, le système
(b monde considéré dans son ensemble et dans le jeu des forces
fui en maintiennent Tharmonié. Cependant plusieurs résultats
^ rap|Kvtent aussi à Tastrononûe physique, ou à la constitution
«les corps célestes, et à la structure du cielj suivant l'expression
de W . Hersdiel, le grand astronome qui a illustré deux siècles, la
6n du xvui* et le commencement du xix*. Ces vérités ont un si
grand intérêt, qu'il m'a semblé nécessaire d'essayer au moins
dVu donner une idée dans ce chapitre, plutôt avec l'intention
d'inspirer à mes lecteurs le goût de les étudier qu'avec l'espé*-
rance de pouvoir en si peu de mots satisfaire leur curiosité.
i&B. TaelMs dm aolea* — En regardant directement la surface ^ soleil avec des verres noirs ou colorés pour atténuer à un P<^t convenable son édat éblouissant, on distingue quelquefois ^ petites taches sombres parfaitement limitées, de formes très»> ^^rerses, qui persistent pendant plusieurs jours, mais en chan-* géant de place avec une certaine régularité. Il est rare cependant V^ ces taches du soleil occupent sur sa surface une étendue asse^ ^^^^^^^dérable pour être ainsi visibles à l'œil nu ; car il faut pour
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cela qu'elles soas-tendent un angle d^nTÎron ^ de Fangle vimd du dbque solaire, et qu'elles aient en oonsëquoice une largew d!>sc^e d'environ 10 ou 12 diamètres terrestres, paisque le diamètre du soleil est 112 fois aussi grand que oehù de latene. MaiS) les télescopes, par leur pouvoir grossissant, nous permeltent de distinguer des espaces beaucoup pins petits : ils nousfciK "voir nettement des espaces angulaires qui ne s'âèvcnt p»à l'î or 1' est la 1^0* partie de 32', diamètre mojai du sciai, el correspond par conséquent sur cet astre i ime grandèar absolue de -f^ = 0,06, c'est-à"^re 6 centièmes de diamètre tenestre, ce qui correspond à 764 kilomètres. Ainsi nous pouvons reoonjiaitre sur le soleil des taches qui ont moins 4e 7 on 980 kilomètres ou moins de 200 lieues d'étendue linéaôre. LesTcmes colorés qui s'adaptent à l'oculaire pour fiûre ces observatioiis, doivent être choisis avec soin, M. J. Herscfad donne la préfêreDoe à un verre triple, composé d'un verre bleu de cobalt, compris entre deux verres verts; il recommande en même temps les grossissements de' 1 00 à 1 80, suivant l'état de l'atmosphère, povBrdxe^ ¥er les détails des taches; des grossissements moindres donoanl plus de champ et font mieux voir Tettsemble.
Il y a une autre méthode d'observation, qui o£fre de pr^ein avantages; elle ne domie aocone firtigue à la vue, elle iait m les tadies à un nombreux auditoire, et permet de les dessine! .très-fidèlement. On obtient ces résultais en transfimaant la lanette en microscope solaire : l'image formée au foyer de Tobjectif déviait alors l'objet, l'oculaire fait l'office des leatilles à microscope, et les rayons émei^ents vcmt peindre sur antableai] l'knage de l'objet, c'est-à-dire de l'image focale primitive.
A la vérité, le mouvement diurne, dont l'étendue est amplifia dans la même proportion, déplace raFpidemént le disque solake; mais- par des mouvements ccmibinés de l'axe de la lunette et it tableau lui-même on peut maintenir l'image trèa^^fixe sar d& repères marqués à cette fin; c'est alors qu'il est possible de ra« eer, snr le papier du tableau, la position des tadies, leurs contours, les accidents » variés qu'elles présentent, et toutes te arpparences qui se manifestent snr cette image amplifiée du soleil Les fils micrométriques se peignent conmie le reste, et fonneni im réseau de dimen^ons connues, qui sert d'échelle pour cstimei les gnmdeurs absirfues. En été, quand le soleil est très-éleré soi
CHAP. VI. ~ TàCHKS bu soleil. t7i
rhorizoDy le tableau se trouye placé d'tme manière peu cornmode pour dessiner, à moins que Ton n^pève dans un local disposé tout exprès; en m'occupant autrefois de recherches sur ce sujet, j avais voulu lemÀfier à eet inconvénient, seit en dirigeant sur la lunette un faisceau réfléchi par Fhéliostaty soit en plaçant des léSedeius à Toculaire; mais je m'aperçus bientôt qu'il fallait, pourcQMerver quelque pureté aux images, employer des réfleo teuEsieaucoup plus parfaits que ceux que j'avus sous la main. Au nste la photographie sur papier fiiit disparaître aujourd'hui la plupart de ces diflicukés; tout se réduit maintenant à rendre Fimage immobile pendant un instant trè&^court, alors elle se pÔDt d'elle-même avec une fidélité que la main la plus habile fie saorsut atteindre. Cette invention promet de grandes déco«» fortes dans la physique câeste, et particulièrement dans les phéooQièiies si extxaordinaiœs qui se produisent sans cesse à la sur- &œdu5o]eiL
Noos avons représenté (Pl. 31 b, Fie. 2, 3, 4, 5, 6) quelques^ unes des taches observées et dessinées par M. Herachel (Traiié t Astronomie et Résulté ofaetr. obs. mode duringtkeyears 1 834, 1335, 1836, 1837, 1838, at the cape of Good-Hope^ etc. I^odres, 1847). Les figures S et 3 appartiennent à des taches ayan km pénembre très-complète; on appelle pénombre cette au* Role d'un éclat intermédiaire, bien moins brillante que le reste du disque, mais bien plus lumineuse que le fond presque noir de la tache dont elle suit tous les contours. Il arrive souvent que des taches petites ou grandes, et de formes diverses, n'ont que àes pàMwibres partielles; il arrive quelquefois que tout en ofiEnuit des intensités très-différentes, elles ne font voir autour de leurs ~ direrses parties aucune trace de pénombre qui se puisse disdn- ^er nettement.
C'est ce que l'on voit sur la figure 4, où les contours des espaces noirs ne semblent aucunement reproduits par les portions environnantes, dont l'édat cependant est assez semblable à celui des pénombres. Les fils du micromètre sont ici indiqués, ils sont distants de 2', œ qui suffit pour faire juger de suite que Fensemble de la tache occupe un espace de près de 5' carrées. Or, ^' carrée occupant siff le soleil un espace qui contient plus de 12 fois le carré construit sur le diamètre de la terre, il en ré^ cnlte que cette taidie contient en somme 60 fois le carré construit
Î7Î . LIVRE YI. — OPTIJSOE»
kir Je dtftmètir» ée hà^teTre, ou^ etiid'amres tem^f ijM jy^iabes ^4a teneim^àeôlé Fua de Fautif fie sofiBraw^^^poérta eouTrir.
Que leà tadieg scS^it «vec pëiKmiI»re ou dm* peBdnbre, gipaiides ou petites, axfondîes ou^coutonmëes, dieit onl loiQOttni U dovdble fraptiki d'étte àla fais persisianteê et nuAttes 2- dies sont perwteates en ce sens qu^^es durent lAusieim joors, tantôt uee. semaine, tantôt quatre ou dnq semaines, rarement j^os (Je ^ semaines; elles sont mobiles en te qn'dles ne conservent pas la même, apparence, on les ^voit d'un joor à l'autre et opA-* i^fois d'un instant à l'antre, se déformer, te restreindre ou se ramifier de mille £a^^ns dîlEârentes. Lorsqu'on observe souvent 1» surfikoe du solml il n'est pas n»e de Tok des taches à kor origine ou 4 leur fin : quand elles prennent naissânee elles grau* disant par ime rapide expansion; quand elles di^araiseent on remarque totqours que la pénombre se resserre d'abord^ sentie couvrir la portion noire et centrale pour ne dîqparahre qo'apès elle. La vitesse de ces mowvemems est fecife k oatculer à*zph le diangement des dimensions absolnas et Von arrÎTe ainsi i cette conclusion certaine, que d'immenses abknês, ciipables d'engloutir 10 on 20 foi^ le globe de la fer«e^ s'ouvreat et se ferment si promptement que les fiuidaB an aetn ^tesqueb ^sû* comf^issenft ces phénomènes dcnvent se dépiacer avec plus àt vitesse que ne fait l'air dans nos ^is violentes impétes sfino^ qpbériques.
Ces signes de mobilité et d'incessante agitatmt î&uis ts^nssses voluminenses et profondes qui fcament Tem^dkïppe visible èa globe du wÀsA^ nesont pas les seuls iipie Ton j puisse aperce^ voir; on y distingue encore -des faemU^ et À^^pcres.
Les facules sont des espèces de rubans de lumière jrfns éda* tànts que le fond sur lequel ils se développent tantàt en eoud)es bu^ment ondulées, tantôt en combes mnit^les et oNKseeS ocMEnrae des réseaux, imitant ainsi le sonunet des grandes vagu^ de la mer quand dles peuvent se déployer sans dMade. (^ ^ observe surtout près des bords des grandes tadies, ou , si elks fft montrent ailleurs, il arrive presque toujours que destacbc^ n^ tardent pas i se fcucmer dans leur voisinage; ce qui semble in(v' ^^ler que les fieicules annoncent en e£fet des vagues veûsûxsûs^ 4ni se forment avant que l'atmosi^ièye lumineuse se decbv^