CHAP. VI. — COURONNE ET PROÉMINENCES. S
Tun et Fautre une image parfaitement nette dans le télescope , dont le pouvoir grofisiâsant était 34 ; la lumière du soleil, rasant les montagnes et les vallées de la lune , en dessinait le profil avec une grande pureté; bientôt ces taches dentelées s'efTacent Tune après l'autre très-rapidement, sans montrer aucune apparence du phénomène de division et de conglomération de lumière chserré par M. Baily; le disque du soleil est compléten^ent couvert par celui de la lune; presque aussitôt, M. Airy aperçoit les proéminences a, i, c, d; la plus remarquable a, est courbée conmae Tindique la figure, ayant une hauteur de 4' ou environ I do diamètre de la lune , la concavité parait blanche et le T^te d*un très-beau rouge ; b est hémisphérique et blanche ; dy comqoe et rouge; c, ressemble à un globe rouge, séparé du limbe par un intervalle égal à son diamètre ; l'aspect de la coulonne ne montrant dans cet intervalle rien qui se iasse remar-î qner. A:près quelques instants, d disparaît, e se manifeste; ensuite M. Airy reconnaît la longue chaîne de proéminences /*, à peu prés dans la portion du limbe où le disque du soleil, toujoms caché, devait commencer à reparaître.
A Faspect de ces changements, dit M. Airy, il est impossible de ne pas sentir vivement la conviction que les proéminences appartiennent au soleil et aucunement à la lune.
La diaine /'paraît d'un rouge écariate et beaucoup plus brillante cpie les autres proéminences qui , à l'exception de d qui a dispara, n^ont éprouvé aucune notable modification, si ce n'est peat-êcre quelque accroissement de hauteur.
Ce q>ectacle d'un intérêt si attachant avait duré 3' 16"; les premiers rayons du disque solaire rasent le bord du limbe de la lune, et à Tinslant la couronne et toutes les proéminences ont disparu.
M. Airy a fait ces observations à Hvalas près de Gottenburg; dles sont confirmées d'une manière plus ou moins complète par la ^opart des nombreux astronomes qui s'étaient rendus dans le Nord pour étudier tous les phénomènes de l'édipse totale; plus de quinze ont observé la proéminence a et lui attribuent à peo près la même forme; plusieurs aussi ont reconnu la proéminence Cy détachée du limbe de la lune.
Cest un sujet de recherche des plus intéressants, pour les (btures édipses totales.
i78 LITRE VI. — OPTFftUE.
131. Apparence du i^abe die 1« Ime. — Pour reconnaître le relief de la lune et sa foiine sphérique, pour constater Tétai solide de sa surface, ses montagnes et ses TallëeS) il svffit de l'observer avec une lunette n'ajant même qu'un fidble pouvoir amplifiant. L'isolement de ce globe au milieu de l'espace excite d'abord la surprise; sa solidité faisant soupçonner sa pesanteur, on s'étonne qu'il ne tombe pas comme les corps terrestres. On dit que Newton encore très-jeune en lut profondément frappé et que cette iinpresâon devint comme la première ofigine de ses grandes découvertes sur le système du monde.
La distance moyenne de la lime étant de 60 rayons terrestre, l'angle visuel de 1" correspond sur sa smface à 1846 mètres; ainsi avec des instruments d'un pouvoûr amplifiant considérable, nous pouvons y distinguer des longueurs qui ne dépassent goèfe 1000 mètres ou plutôt des surfaces d'environ 1 kilomètre carré, ou 100 hectares. Mais il n'est pas nécessaire d'employer d'aussi forts grossissements pour voir avec une netteté parfaite les hautes montagnes qui s'élèvent sur le globe de la lune et les profondes vallées, de forme circulaire, qui en couvrent la surface. Cest surtout vers l'époque des quadratures que ces observations offrent le plus d'intérêt; alors, à cause de l'obliquité des rayons éclairants du soleil, il y a des ombres portées qui donnent beaucoup plus de relief aux parties saillantes : dans la portion viAle de l'hémisphère éclairé , on distingue de grandes plages qui semblent parfaitement unies, et qui n'ont cependant ni le même éclat, ni la même couleur; les imes ont une teinte grise plu» ^^ moins sombre, d'autres ont une nuance verdâtre qui est quelquefois très-prononcée. Au centre des vallées circulaîres on voit ordinairement s'élever une sorte de colonile à sommet arrondi , dont la base semble étroite quand on ïa compaï^ au diamètre de la vallée. Quand la ligne qui sépare l'hAmsphère obscur de l'hémisphère éclairé , se présente 50us une obliquité convenable , on la voit marquée cte dentelures f^ foodies; et ça et là on distingue de haut^ sonnmtés qtii ^^ frappées par la lumière taiMfis que leur base est dwi» ^ ^ nèbrcs; ce phénomène est to«t à feit mnlogue à ceh» ^^ nous observons, au lever o« au coudter du soleil^ sur ks pcs tes plus élevés de no* montagnes^; et 21 a tout à fcit la m*")^ cause, si ce n'est que les pics des montagnes de to ^«^ ^