CHAP. VI. — APPARENCE B£ LA LUNE
Tent afoîr d'énoffmes dimensions pour être TÎsîbles à cette distauœ.
Phisietirs observateurs ont &it à diverses époques, une étude approfondie et détùUée de tout ce que la science peut découvrir à la surface de la lune; parmi ces habiles sélénographes ^ M. Madter est le plus récent et l'un des plus habiles. ^Sa carte de la Inné est plus complète et plus fidèle que celles de* ses prédeeesseuis; cependant lorsqu'on la compare aux meiUeures cartes aïKieimes, cosune celle d'Hevelius de 1647, on arrive à cette conduflOD : que , depuis deux siècles, notre satellite n^a été le théâtre d'aucune grande catastrophe, d'aucun bouleversement profond qoi en ait modifié la surface d'une manière appréciable. Les points les plus inqportants de la sélénc^raphie se rapportent à la hauteur des montagnes, à l'étendue des vallées, à 'aspect du sol, et à la question de l'atmosphère de la lune»
Montoffues, — Nous pouvons mesurer la hauteur de nos mon.tsgoes avec une approximation de quelques décimètres ; il n'en <^ pas de même d^ montagnes de la lune, puisqu'il £iut d'excellents instruments pour y distinguer une étendue de lOOÔ mètres; ^^dant, par la mesure micrométrique de Tétendue des omi^ suivant les diverses obhquités des rayons solaires qui les produisent, on arrive au moins à une valeur approchée de la hauteur de leur sommet au-dessus du sol des vallées. M. Madler attribue une hauteur de 7259 mètres au pic le* plus élevé de la lune, auquel il a donné le nom de Nevirton ; et il a mesuré vingt autres montaignes dont la moins haute a encore 4340 mètres; ^^25 compter une foule de chaînes ou de chaînons dont les pics OQt plus de 2000 ou 3000 mètres.
f^alléeg. — Les vallées circulaires au centre desquelles s^ élève une colonne ou un cône k pente abrupte, ont une telle ressema l>Unce avec le cratère du Vésuve, et surtout avec les cratères des volcans éteints de l'Auvergne et des champs Phlégréens, qu'il paraît imposable de ne pas les considérer comme ayant été forinées autrefois par des actions volcaniques analogues à celles de ^ terre, mais incomparablement plus puissantes. On les appelle ^nc des cratères; on en a fait le dénombrement; on a marqué leur place en lon^tude et en latitude lunaires; on leur a donné les tyûms pour les distinguer et les reconnaître. M. Madler a m^ uré cent quarante-huit de ces cavités circulaires; le diamètre des
plus larges atteint jusqu'à 240 kilomètres ou 60 lieues; leur profondeur est considérable , les bords sont à pic , et tout l'espace qui s'étend jusqu^au cône du centre , paraît être eu général une vaste plaine de niveau. Ces cratères sont groupés par régions, de telle sorte que la lune semble aussi avoir ses terrains volcaniques et ses formations géologiques dues à des causes moins violentes.
Aspect du sol. — Les taches moins brillantes que Ton aperçoit à la vue simple, sur le disque de la lune, soit quand elle est pleine, soit quand elle est à diverses périodes de ses phases, ont été considérées comme des mers^ dès les temps les plus anciens. L'invention des lunettes n'a aucunement justifié cette dénomination primitive ; les observations les plus assidues , faites avec les instruments les plus puissants n'ont jamais rien pu découvrir sur la lune qui ressemble à une surface liquide tranquille ou agitée; une telle surface ferait l'office de miroir et serait facile à distinguer dans certaines positions, pour peu qu'elle ait quelques centaines d'hectares d'étendue. Cependant, Ton a conservé le nom de mers, pour désigner ces plages unies et en général moins resplendissantes ; c'est ainsi que l'on trouve sur les cartes de la lune, mare imbrium^ mare nectaris ^ oceamts proceU laritmj etc., etc. Mare imbrîum est la plus sombre de toutes ces plages ; mare crisium^ celle qui semble avoir la teinte verdâtre la plus marquée.
On aperçoit dans quelques endroits des traces sinueuses et brillantes comme des fils d'argent; plusieurs observateurs ont été tentés de voir là des coulées de laves ; ce n'est jusqu'à pràent qu'mie hypothèse.
On remarque ailleurs des fissures rayonnantes au nombre de quatre ou cinq, partant d'un même centre, que l'on serait tente aussi de considérer comme produites par un effort souterram qui aurait brisé la croûte superficielle , en la soulevant en fonûe de pyramide à très-large base.
Atmosphère. — Quelques observateurs, et en particulier M. Madler, inclinent à penser qu'il pourrait bien y avoir, autour du globe de la lune, une sorte d'atmosphère analogue à Tatmosphere terrestre. Cette opinion soulève de graves objections : premièrement on n'a jamais pu découvrir aucun nuage qui cache ou qi» voile seulement quelques points de la surface ; secondement, ni dans les éclipses de soleil, ni dans les occultations des étoues,