CHÂP. I. — EFFETS DE LA PESANTEUR
ments da liége et des corps légers qui s'élèvent du fond de leau à sa surface ; tels sont encore les mouvements de la fumée , des brouillards et des ballons qui s'élèvent dans les airs. Tous ces phénomènes, qui semblent si contradictoires, ne sont que les effets variés de la même force , que nous venons d'appeler pe^ santeur.
Pour embrasser dans toute son étendue l'étude d'une force aussi féconde en résultats , nous aurons donc à rechercher tous les phénomènes différents qu'elle peut produire , et à déterminer ensuite les lois des actions qu'eUe exerce, suivant les lieux qu'occupent les corps , suivant les arrangements de leurs parties et Tespèce de matière qui les compose.
Nous voyons d'abord que la pesanteur agit sur presque tous les corps qui se présentent à nos observations , mais qu'elle agit sur eux pour les faire tomber avec des vitesses très-difTéi'entes. Les pierres et les métaux tombent très-vite , le bois et les autres substances végétales tombent plus lentement : et il existe des corps, comme les plumes, les duvets et les flocons de neige, qui semblent à peine pesants, car ils flottent dans les aii's et ne tombent qu^avec une grande lenteur. Il résulte déjà de ce premier aperçu que , si la pesanteur n'est pas une force univei'selle , c'est au moins une force très-générale , car il n'y a qu'un petit nombre de corps, comme la flamme et la fumée, qui semblent se soustraire à son action. C'est là du moins ce qui anîve en nos climats , et ce dont nous sbnunes témoins dès les premiei-s jours de notre enfance , mais la terre est si grande qu'il est curieux de savoir ce qui se passe en d'autres lieux , sur les mei^s éloignées , sur les Ses ou sur les continents qui n'ont plus ni les mêmes saisons, ni la même position par rapport à l'axe du monde. C'était aux voyageurs à nous l'apprendre, et les voyageurs nous assurent que, si d'un pays à l'autre on voit changer les hommes, l'aspect du ciel et les productions du sol , il y a toujours une chose qui , aumOieu de tant de variations, n'éprouve point de changement : c'est la forcre de la pesanteur. Partout elle agit de la même manière, soit au milieu des mers ou des continents, soit dans les régions des pôles ou de l'équateur. Que s'il se trouve quelques \è^ms difTérences, elles ne sont pas sensibles dans les phénomènes ordinaires; et il est vrai de dire que, non-seulement la pesanteur agit sur presque tous les corps , mais encore qu'elle agit I. 4
,. 80 LIVAE PREIIIER. — PESANTEUR.
& peu près ds la même manière dans toat le vaste contour du globe de laterre.