CHAP. VIII. — PHÉNOMÈNES D'INDUCTION
L*ai|;ent paraît doué d'une grande force, For d*une très- (kible; le mercure se 'place entre Fantimoine et le bismuth.
Lorsqu'un disque offre des solutions de continuité ou des fentes dans le sens de ses rayons, il. perd ime grande partie de sa force, et l'on doit aussi à MM. Herscbell et Babbage cette remarque curieuse, qu'en ressoudant les bords avec un métal quelconque , même arec du bismuth , quand le disque est de cuivre, on lui rend presque la totalité de la force qu'il avait perdue. Mais, en remplissant seulement ces Intervalles avec des poudres métalliques bien pressées , ou avec des liquides tels que 'eau ou l'acide sulfurique , on ne parvient pas à réparer sensiblement ses pertes d'intensité.
Enfin, MM. Herscbell et Babbage ont encore constaté les deux faits sunrants : V que les écrans de substances non magnétiques (c'est-à-dire non magnétiques à la manière du fer ou de l'acier) n'exercent aucune influence lorsqu'on les place eûtre l'aiguille aimantée et les disques tournants ; 2® qu'un disque en mouvement n^a aucune puissance pour entraîner un disque en repos ; ce qui prouve que ce n'est pas le mouvement lui-même qui dé^ compose les fluides magnétiques, et qu'il n'agit que pour agrandir les effets des fluides préalablement décomposés.
M. Barlôw a constaté que le fer en mouvement agit à la manière des autres métaux, mais avec beaucoup plus d'énergie.
Voici maintenant les principes d'après lesquels ces phénomènes et tous lès autres analogues paraissent s*eiq>liquer de la manière la pilus satisfaisante.
Lorsqu'au lieu d'une aiguille mobile on suspend au-dessus du disque tournant un aimant fixe et assez énergique, on reconnaît bientôt que le disque est traversé par des courants électriques dont la direction est très-remarquable : c'est Nobili et Antinori qui paraissent avoir (ait l'aiialyse là plus complète de ces courants {Jinn. de Chim. et de Phys.^l. L, p. 280). Pour plus de simplicité, nous ne considérerons qu'un seul pôle (Fig. 26); la flèche f. indiquant le sens de rotation du disque, on observe aisément, avec les deux extrémités du fil du galvanomètre , qu'il y a de chaque côté du pôle des courants dont le sens est indiqué par la direction des flèches. On voit donc que les parties du dif^que qui arrivent sous le pôle prennent des courants opposés à ceux qcâ constituent l'aimant au point le plus voisin, et qu'au con-
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traire les parties du disque qui viennent de passer sous le pok et qui s'en éloignent prennent des courants marchant dans le même sens que ceux de Taimant, dans les points qui sont ks moins éloignés d'elles, conformément à la proposition générale (270).
On comprend alors que les attractions et les répulsions qui s'établissent entre ces courants d'induction et les courants constitutifs des aimants, qui sont ici les courants inducteurs, doi*» lient nécessairement donner naissance à des forces capables de mouvoir des aimants, quand les aimants sont mobiles. Lorsqu'en effet on fait l'analyse complète de ces forces, on reproduit tam les résultats découverts par M. Arago et par les autres observa* teurs. Pour ce qui regarde le sens des mouvements, cette analyse est facile, et il est inutile de la développer ici : mais, pour ce qui regarde l'intensité des effets pi*oduits, il est impossible de la tenter avec le secours seul des résultats qui sont jusqu*à présent connus.
Le magnétisme terrestre ne peut manquer d'exercer sur les disques tournants une action analogue à celle des aimants; plusieurs observateurs ont, en effet, constaté l'existence des courants qu'il développe, lorsque la rotation des disques a lieu dans des plans plus ou moins inclinés au méridien magnétique : mais CCS phénomènes n'ont pas encore été variés et discutés avec l'attention qu'ils méritent. Il en résulte cependant cette conséquence générale, c'est qu'il est presque impossible de faire mouvoir un corps conducteur sans y développer des coiurants d'indiiction plus ou moins intenses, soit par l'influence des aimants on des substances magnétiques qui avoisinent le corps, soit par I influence du magnétisme terrestre qui fait partout sentir sod action.
320. Condensatevr éleetro - ekimiqve de M. de E.a Mive* — M. de La Rive a très-ingénieusement tiré parti)des courants d'induction pour composer un appareil qu'il appelle condensateur i'iectro^chimique (Pl. 23, Fig. 18); voici la description qu'il en donne lui-même {Archiif, de VElectr.^ t. III, p. 169) :
« Le principe de cet appareil consiste à employer le courant d'un couplç à force constante qui doit opérer la décomposition, à produii*e en même temps un courant d'induction, et à diriger ce courant d'induction à travers le couple lui-même, dans un