CHAP. YIII. — CONDENSATEUR ÉLECTRO-CHIMIQUE
sens tel, que son effet soit de nature à oxyder le zinc et à désoxjder le sulfate de cuivre ou Tacide nitrique. Ce courant produit ainsi sur le couple le même effet que celui que produirait le cotirant d'un autre couple. La disposition de l'appareil ne présente rien de compliqué. C'est un morceau dé fer doux, entouré d'un gros (il de métal recouvert de soie ; le courant du couple traverse ce fil et aimante le morceau de fer ; aussitôt une petite tige de cuivre mobile aby et munie d'un appendice de fer f qui est attiré par le fer aimanté, est soulevée de manière à interrompre le circuit ; il se développe alors dans le fil un courant d'induction qui traverse le couple, et qui, réuni avec celui du couple lui-même, qu'il a renforcé, traverse le voltamètre qui est resté dans le circuit, et décompose l'eau. Mais le fer doux n'étant plus aimanté , la tige de cuivre retombe , le circuit métallique est de nouveau formé, le fer est de nouveau aimanté, et le même effet est produit de nouveau. Au moyen de cet appareil, un couple de Grove qui ne décompose Tcau que très- légèrement, un couple de Daniell qui ne la décompose pas sensiblement, deviennent capables de ïa dc»composcr avec une grande énergie. On peut obtenir jusqu'à 1 0 ou 15 centimètres cubes de gaz par minute. Un couple de peroxyde de plomb , qui donnait 9 centimètres cubes de gaz par mmute , en donne immédiatement 1 8 par l'interposition de l'appareil dans le circuit. Ce couple même donne également dans ce cas une forte lumière avec les pointes de charbon.
« Dans l'appareil dont je me suis servi, il y a trois fils de cuivre* de 1 millimètre de diamètre , faisant chacun 1 00 tours, et réunis par leurs extrémités correspondantes , de façon à représenter un seul fil de 3 millimètres de diamètre, faisant 100 tours. »
581. Des eevraiita d*liidocti«ii de divers srdres. — ■ Nous venons de voir que les courants d'induction produits par la rotation des aimants sont capables de produire tous les effets (|u*on obtient des courants voltaïques ordinaires , savoir* : effets physiques, effets chimiques, effets physiologiques; cependant^ il serait prématuré de supposer que ces effets sont essentiellemefit liés entre eu< par les mêmes rapports; car les courants dindiiction prennent quelquefois des analogies très-remarquables avec les courants des machines, et jusqu'à présent ceux-ci ne peuvent pas être
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compai^és aux premiers : nous les voyons, par exemple, produire des coininoiious redoutables, tandis que leurs effets chimiques sont prcscjuc nuls. Pour comparer les intensités des courants d'induction instantanés qui ne peuvent pas être reproduits et soutenus longtemps, comme dans Tappareil de Qarke, ouest donc conduit à choisir de préférence leurs effets qui semblent les plus instantanés, savoir : la commotion, Taimantation et Vaction qu'ils peuvent exercer sur le galvanomètre. M. Hemy, qui a fût les recherches les plus intéressantes sur les phénomènes d* induction ( Transactions of the ^American philosophie al Society^ années 1835 et suivantes), a employé comme épreuve d'aimantation, une spirale magnétisante : c'est une spire de 30 tours serrés , qu'il introduit dans le courant d^induction ,- et dans laquelle il place une aiguille à coudre, dont il observe ensuite l'intensité niagnétique; M. Âbria, qui a fait aussi sur oe sujet desi. travaux remarquables, a employé un procédé analogue. Ce moyen de comparaison ne peut pus sans doute donner des rapports d'intensité parfaitement rigoureux, mais il conduit du moias à des approximations qu'il faut bien acœpter, en attendant que Ton découvre une méthode plus sûre.
Supposons maintenant que Ton dispose ime expérience tdk qu'elle est représentée (Pl. 23 ▲, Fie. 12), d'après l'un des mémoires de M. Henry {Ann. de Chim. , 1841 , t. III, p. 394). a étant un ruban de cuivre recouvert de soie, de 30 mètres de longueur, sur 40 millimètres de largeur, et roulé en spK\ bj Cy fy des spires semblables , ayant seulement 20 mètres de longueur \ d el e des bobines de fil de cuivre d'un demi-millimètre, aussi recouvert de soie,- le fil de la première ayant 1 500 mètres de longueur, celui delà seconde 100 mètres; ^ est la spirale magnétisante qui est ici dans le dernier circuit, dans cdm de la spire f% Admettons qu'il y ait des ^irales semblables àu& les autres circuits. Alors, si l'on fait passer le courant d'usé pile dans la spire a (nous appellerons ce courant, courant du frt' tnier ordre)^ on constate -que, par ses intermittences, il fait nahre un courant du deuxième ordre dans les spires b et c, un couno^ du troisième ordre dans les bobines d et e^ et enfin , un ooirant du quatrième ordre dans la spire /*; on pourrait même ilkr plus loin.
. Quand les courants d'inducti<m sont produits par la nfO^
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du courant de la pile^ dont la direction est représentée par -f-, on trouve, comme cela doit être, que celui du deuxième ordre est + 9 mais celui du tiroisième ordre — ; celui du quatrième ordre +; celui du cinquième ordre — ; et ainsi de suite altematirement. Ces successions se démontrent par le sens de Taimantation de la spirale magnétisante, ou par les indications d^un galvanomètre que Ton interpose dans le circuit.
On observe les mêmes inversions, mais à partir du deuxième ordfe , lorsque les courants d'induction sont produits , non plus par la rupture^ mais par la fermeture du circuit primitif.
Ce résultat est remarquable : il fait connaître qu'un courant d^induction peut lui-même donner naissance à un autre courant d'induction; ce qui semble d'abord assez surprenant; car son existence est si courte qu'il ne bât que paraître et disparaître ; au moment où il prend naissance il doit, suivant la loi commune, produire un courant inverse ; mais au moment où i\ finit, il doit produire un courant direct : or son conunencement et sa fin sont si rapprochés, que ces deux actions contraires semblent devoir être égales et se détruire l'une l'autre. On compi'end que dans le circuit du deuxième ordre l'aiguille s'aimante, parce qu'elle se trouve là soumise k un courant instantané comme celui de la bouteille de Leyde, et toutes les expériences indiquent qu^il suffit d'un moment indivisible pour déterminer l'aimantation ; mais il était nécessaire de faire voir que ce courant éphémère agit lui-même par induction , pour produire un courant du troisième ordre. Ce premier point établi , le sens de l'aimantation conduit à une autre conséquence : puisque le courant du deuxième ordre agit, il est présumable qu'il agit successivement comme courant qui commence et comme courant qui finit, c'esvà-dire qu'il produit un courant inverse et un courant direct ; or, A ces deux courants étaient égaux, l'aiguille de la spirale magnétisante , aimantée d'abord dans un sens , puis dans un* sens inverse , par une action égale et contraire , paraîtrait devoir relomber à Fétat naturel; puisqu'il n'en est rien, et puisque son magnétisme est celui du courant inverse , elle semble indiquer ^pie le courant inverse a plus d'intensité que le courant direct, ou plutojt qu'en s'éteignant et en naissant il ne passe pas par les mêmes périodes. L'invei*sion alternative qui s'observe dans les
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ordres stÛTanU, proure que dans tous les circuits les phénomènes s* accomplissent suhrant des lois analogues.
M. Yerdet a démontré d'une manière ingénieuse et décîsire Vexistence de ces deux courants successif , dans un circuit induit du troisième ordre. Il s*est servi de deux bobinés à dem fils , contenant chacune un cylindre de fer doux ; le premier fil de la première bobine recerait le courant d*une pile , dont le circuit était ouvert et fermé, un grand nombre de fois dans 1', au moyen d'une roue pareille à celle de la figure 26 (Pl. 21;; le deuxième fil de cette bobine formait avec le premier fil Av la deuxième- un circuit fermé du deuxième ordre; enfin le deuxième fil de la deuxième bobine était mis en communication avec un voltamètre, où devait passer le courant du troisième ordre. Un commutateur était disposé de telle sorte que les courants induits, directs ou inverses eussent toujours la mecu* direction dans la deuxième bobine. Or, dans ces expériences chaque éprouvette du voltamètre contenait les deux gaz, non pas en égale proportion, mais toujours assez mélangés pour prodiiin* un mélange détonant. {rAnn. de Chim, et de Phys. t. XXIX, p. 501.)
5S2. iBtevsItéa dlAérestes que paraissent atsIp les «•■• nuits d*lMdiietlsB t salvMit «■*•■ les ezasilMe par la spirale ■uiirB^^^M^"^^®* P*' 1^ l^lvaasaiétre an par la eaaiBiatlea. — M. Henry a démontré par des expériences tout à fait concluantes :
!• Que le courant im^rse qui naît par la fermeture du cîmiit primitif, ^t le courant tlirect qui naît par sa rupture, peuTCiit paraître égaux lorsqu*on les compare au moyen des déviations galvanométriques ; tandis qu'ils sont très-différents si on les compnre au moyen de la commotion, celle du second étant très-rude , et celle du premier presque imperceptible ; très-différents aussi par la spire magnétisante, le premier n^aimantant pj Faiguille, et le second Taimantant à saturation.
2® Qu'en variant les conducteurs du courant primitif, soitt-n longueur, soit en épaisseur, et en augmentant convenablement le nombre- des éléments de la pile, on peut rendre les couranb ihduits, directs et inverses, sensiblement égaux entre eux, soit qb*on les compare au moyen du galvanomètre, de la commotion, ou de Taiguille magnétisante.
CBAP. YIII. — COURAUTS HIHDUCTION. 7t9
3^ Que le courant direct, apprécie par Ik commotion, augmente en général avec le nombre des éléments, sans que le courant inrerse éprouve des augmentations pareilles.
3fi3. laMveaee des plaques Imterposées emtre la spire 1bdlaisaBte et la spire ladalte. — Les plaques non conductrices n*exercent aucune influence sur l'intensité du courant d*induCtion ; mais les plaques conductrices exercent ime influence remarquable : par leur interposition , les commotions s'affaiblissent rapidement ; Faiguille de la spire magnétisante reçoit une aimantation beaucoup moindre; et cependant les indications galvanométriques restent sensiblement les mêmes. Ces plaques reçoivi^nt elles-mêmes une sorte d'induction ; car M. Henry a jant enlevé «m secteur dans un disque de plomb , et soudé de part et d'autre sur la circonférence, les extrémités d'une spirale magnétisante, il a constaté que Taiguille s'aimantait, qu'ainsi la partie enlevée du disque empêchait le 'courant de se développer pleinement. Cette expéiîence explique directement l'effet des solutions de continuité, et fait voir comment les fissures un peu grandes réduisent les plaques conductrices au rôle de plaques non conductrices, dans ces expériences comme dans celles de M. Faraday.
324. Réaetlea qve les eevraats d*ladvetlea exereeat les ■as sar les aotres. — M. Abria a traité ce sujet avec habileté (Jnn. de Phys. et de Chim.^ 1843, t. VII, p. 462). Nous regrettons de ne pouvoir citer ici qu'un petit nombre de ses expé^ riences.
Lorsque trois spirales planes et égales a, 6 et c (Pl.- 23 à, Fie. 8), sont superposées et très-r^pprochées, si l'on fait passer dans l'une d'entre elles un courant primitif, le courant induit qu'il détermine dans Tune des deux autres par sa rupture, n'est pas modifié par la présence de la troisième quand elle reste ouverte ; elle n'agit alors que comme une plaque non conductrice^ Biais il n'en est plus de même quand elle est fermée, c'est-àdire , quand elle peut recevoir la double action du courant primitif, et du courant induit dans la seconde. Si le courant primitif passe dans 6, le courant induit de a diminue quand on ferme r, et ifice uersa; s'il passe dans a, le coiu*ant de c est fortement réduit quand on fermée, et 6 se trouve lui-même sensiblement réduit si l'on ferme c.
On conçoit en effet qu'il doive en être ainsi,* par cela seul
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qu'un courant d'induction peut lui-même agir par induction, et produire des courants alternativement dii'ects et inverses; en effet , quand a est le courant du premier ordre et b celui du deuxième , si c est fermé il de;vient aussi du deuxième ordre par rapport k a, et réagit en conséquence sur b pour en £iire un courant du troisième ordre , comme b réagit sur loi pour le (aire pareillement du troisième ordre, et ces actions sont contraires.
U en est de même lorsque le courant primitif passe dans la spire du milieu b.
On dispose trois spirales planes au-dessus Tune de Fautre, (X)mme dans Texpérience précédente : la première, a, est de 24 tours d'un fil de cuivre de 2""°,6; la seconde, i, et la troisième, c (FiG. 9), sont Tune et Tautre de chacune trois fik de 160 mètres de longueur, de 0"**,64 de diamètre, très-bien recouvertes de soie. Le courant d'un élément voltaîque pas6e par la spire a, et les effets d'induction produits par sa ruptwt sont observés sur les spires b et c,
c étant ouvert , on observe que la commotion reste la même, soit que. Ton preAne les extrémités d'un seul fil de & , les deux autres restant ouverts, soit que Ton prenne simultanément ks trois fils ; ainsi , dans ce cas , la section n'a pas d'influence sensible. Si , au contraire , on assemble les trois fils pour n'en (uv qu'un seul , la commotion devient plus vive ; d'où il suit que, dans les conditions de Texpérience , l'induction estimée par h commotion augmente avec la longueur du fil.
Les secousses de c deviennent nulles lorsqu'on ferme &; celtes-i-i sont seulement diminuées lorsqu'on ferme c.
En prenant dans c une longueur de deux fils, c'est-à-dire deux fois 160 mètres , b étant ouvert , la secousse est plus rm que quand on prend un fil- dans 6, c étant ouvert; et cependant ^ l'on ferme c , la secousse de b persiste , et si l'on ferme i, !> secousse de c s'éteint.
Toutefois , lorsqu'on prend dans c la longueur totale des trotf fils, on reçoit encore une secousse lorsque b est fermé.
M. Abria constate par une expérience ingénieuse l'inductioi du courant sur lui-même : il prend une spirale a, i, e (Fie. li) d'un gros fil, dans laquelle il fait passer uni courant; ensuite, K moyen d'un fil assez fin, dont une partie h est tournée en ^îrfi il £iit une dérivation entre les points a et e ; le conrant Airt^