‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 215 sur 232 · CHAP. X. — VITESSE DES PROJECTILES · texte numérisé non relu

CHAP. X. — VITESSE DES PROJECTILES

La seconde question n'est pas résolue par la première : de ce que le courant passe intégralement dans -y^^ de seconde , et de ce qu'il maintient en équilibre l'aiguille de la boussole d'intensité , par son retour périodique à des intervalles aussi rapprochés, il n'en résulte aucunement qu'une seule de ces actions doive imprimer à l'aiguille une déviation sensible et observable. Il fallait donc isoler l'un de ces chocs pour en connaître l'efFet. J'y suis parvenu de la manière suivante :

Sur un plateau de verre de 84 centimètres de diamètre est collée une bande d'étain d'un millimètre de largeur, s'étendant comme un rayon de la circonférence vers le centre ; là elle communique à une bande circulaire plus large qui entoure l'axe de rotation. Supposons que le plateau tourne à raison d'un tour par seconde, et que les deux extrémités d'un circuit électrique s'appuient par des ressorts , l'une sur la bande centrale qu'il touche toujours, l'autre sur le verre du plateau près de sa circonférence ; au moment où la l^ande d*un millimètre viendra passer sous ce dernier, il y aura communication électrique , et la durée du courant sera justement égale à la durée du passage de la bande , c'est-à-dire à ^—^ de seconde si l'on touche près de la circonférence, à YJJ5 si l'on touche au milieu du rayon, etc.

Si le plateau fait deux tours, trois tours, quatre tours par seconde, on obtiendra ainsi des passages d'une durée deux, trois ou quatre fois moindre.

Or , en faisant l'expérience , j'ai trouvé qu'une pile ordinaire de Daniell , à six éléments , ayant à traverser un circuit d'environ 40 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre , donne un courant assez intense poiu: que l'action qu'il exerce pendant -^^-de seconde imprime une déviation de 12 degrés à l'aiguille d'un galvanomètre peu sensible; l'aiguille met environ 10 secondes à parcourir cet arc, de telle sorte que l'action rapide des fluides électrique et magnétique , qui s'est exercée pendant ^^ de seconde, se trouve par là transformée en un mouvement cinquante mille fois plus lent, lorsqu'il passe dans la matière pondérable de l'aiguille.

Le galvanomètre de M. Melloni a une sensibilité qui est maintenant connue de tous les physiciens ; elle est variable dans les divers appareils ; cependant elle peut être prise pour terme de comparaison, lorsqu'il ne s'agit que de donner une idée ap-

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proximative des effets électriques. L'un de ces instruments donne 1 5 degrés de déviation , lorsqu'on fait agir sur lui pendant rrrrir de seconde, le courant d'un seul élément de Daniel!, dont le circuit se compose d'environ 20 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre. Ainsi, avec cet instrument, l'on peut apprécier «ans peine la dix-millième partie d'une seconde.

On comprend qu'il y a ici à déterminer les lois suivant lesquelles l'amplitude de la déviation varie dans le même appareil, avec l'intensité du courant et la durée du contact ; ces lois peuvent se déduire de diverses considérations théoriques; oependaDt il sera nécessaire de les vérifier par des expérieûces prédses. En attendant, je me suis borné à graduer empiriquement l'appareil qui m'a servi, c'est-à-dire à dresser une table des dériatioib qu'il éprouve sous Finfluence d'un courant connu agissant pendant un temps déterminé. Cette graduation une fois faite, le galvanomètre devient, en quelque sorte, un pendule balisdquequi donne le temps pendant lequel le même courant exerce son action.

Parmi les applications que j'en ai pu faire jusqu^à pèsent, je citerai seulement celle qui est relative à la vitesse d'inflamnation de la poudre.

L'expérience se dispose de la manière suivante (Pl. 23 c. FiG. 8) : les deux extrémités d'un circuit dans lequel se trouvent le galvanomètre et un élément de Daniell, viennent s'adapter , l'une à la capsule mise en place sur sa cheminée , et Vautnau chien du fusil , toute la batterie étant bien isolée du canon: une portion du fil passe devant le bout du canon , à quelqœ distance , de manière à être coupée par la balle à l'instant où elle sort. Voilà tout l'appareil. Lorsqu'on tire, le courant passe donc pendant tout le tçmps qui s'écoule depuis l'instant où k* chien frappe la capsule jusqu'à l'instant où la balle coupe le fil. Les déviations produites dans diverses expériences faites avec la même charge de poudre sont parfaitement concordantes; I^ observations se font avec la plus grande facilité, et, avec la charge dont j'ai fait usage, les valeurs extrêmes sont y^;, ^ 7^ de seconde, pour le temps qui s'écoule entre l'instant ou la capsule est frappée et l'instant où la balle sort du canon.

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