‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 214 sur 232 · CBAP. X. — VITESSE DES PROJECTILES · texte numérisé non relu

CBAP. X. — VITESSE DES PROJECTILES

S 4. yitesse des projectiles.

347. Il me reste à donner ici en peu de mots une idée de la médiode dont j'ai fait usage pour constater le temps qui s'écoule entre Finstant où le dùen du fusil frappe la capsule et Tiustaut où la balle sort du canon. Dans un fusil d'infanterie avec une c-artoudie réglementaire, le temps a été, dans plusieurs expériences, de î^ à y{^ de seconde. La même médiode peut aisément servir, conune on le verra , à déterminer le temps qui s'é<x>ule entre deux points donnés de la trajectoii*e d'un projectile animé d'une tres-gi*ande vitesse, comme aussi à déterminer le temps qui s'écoule dans les réactions élastiques. {Comptes rendus de V Académie des sciences^ t. XIX, décembre 1S44.)

Si une aiguille aimantée est en repos et qu'un courant électrique vienne agir vivement sur elle y pendant un temps trèsoourt, par exemple, pendant un dixième, un centième ou un millième de seconde, il pourra résulter, de cette impulsion unique et presque subite , un mouvement de déviation lent et régulier, d'une amplitude déterminée et parfaitement appréciable. Ce mouvement de déviation sera, par sa cause, différent de celui d'un pendule balistique qui reçoit un projectile ; mais il lui sera fort analogue par ses effets, car il se transformera, comme celui-ci, en oscillations plu^ ou moins rapides. Dans ce dernier cas, la déviation primitive dépend de l'établissement du pendule , c' est^ à-dire de sa masse, de sa longueur, de son moment d'inertie, etc.; puis de la vitesse et de la masse du projectile , et les oscillations qui en sont la suite et qui sout produites par l'action de la pesanteur, dépendent elles-mêmes de cette première impulsion. Dans le cas de l'aiguille aimantée , la déviation primitive dépend aussi de l'établissement de l'aiguille, c'est-à-dire de sa masse pondérable, de sa longueur, de son moment d'inertie, de la c|uantité et de la distribution de son magnétisme libre ; puis elle dépend aussi de l'intensité du courant électrique et du temps piendant lequel il a exercé son action ; enfin les oscillations qui en sont la suite et qui sont produites par la force magnétique terrestre, dépendent elles-mêmes de celte première impulsion. Ainsi la masse et la vitesse du projectile sont ici remplacées par l'intensité du courant et par le temps pendant lequel il agit , si

bien que la durée de son action peut se déduire de son intensité , pourvu que les conditions relatives à l'aiguille soient complètement connues.

S'il arrive , par conséquent , qu'un courant électrique puisse agir d'une manière régulière et identique à elle-même pendant un instant très-court , tel , par exemple , qu'un millième ou un dix-millième de seconde, et s'il arrive en même temps qu'il puisse, par cette action si prompte, produire, sur un système magnétique convenable , une pnîmière impulsion , une déviation primitive assez lente et d'une amplitude assez étendue , rien ne sent plus facile que de déterminer avec exactitude des intervalles de temps qui se comptent par millièmes ou par dix-millièmes de seconde. Pour obtenir de telles mesures au moyen des aiguilles aimantées, tout se réduit donc à ces deux questions essentielles: quelle est la limite de temps nécessaire à un courant pour traverser un circuit donné? quelle est la limite d'amplitude des déviations qu'il peut produire sur le système magnétique le plus impressionnable ?

La première question a été examinée dans Fun des mémoires que j'ai présentés à l'Académie en 1837, sur les lois de rinteusité des courants électriques (voy. plus haut) ; j'avais constaté alors qu'un circuit de plusieurs milliers de mètres de longueur était traversé par le courant dans un espace de temps qui ne s'élevait pas à ^^ de seconde, et que dans cet instant si rapido, ce n'était pas seulement une partie de l'électricité qui se manifestait dans le circuit, mais que le courant passait intégralement avec toute son intensité. Je ne sache pas que, depuis cette époque , on ait poussé plus loin ce genre de recherches; j'admettrai donc ce résultat comme la limite de ce qui est démontré, mais non pas comme la limite de ce qui peut rêlrc; je suis porté à croire, au contraire, que dans un temps plus court l'électricité peut traverser un circuit d'une étendue beaucoup plus considérable. 11 serait intéressant de faire des expériences sur ce sujet avec des circuits de trois ou quatre cent mille mètres, comme ceux qui sont employés aux télégraphes électriques; en opérant sur de telles longueurs, on aurait de bien plus grandes facilités pour trouver la limite de vitesse avec laquelle se propage l'électricité, et aussi pour découvrir si cette limite dépend deb longueur absolue des circuits, ou de leur degré de conductibilité.

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