CHAP. IV. — DÉVIATION DU FIL A PLOMB
ont s^ns doute d'immenses cavités qui réduisent de beaucoup 1 énergie de leur action.
Depuis Bouguer, on a répété les expériences en divers lieux : Maskeline, en 1772, les a surtout répétées avec de grandes précautions, au pied des monts Shéhalliens, en Ecosse, où il a trouvé une déviation de 54". Il en résulte que certainement les montagnes agissent sur le fil à plomb , et qu'elles le dévient d^une quantité sensible, qui dépend de leur voliune et de la nature des substances qui les composent. Maskeline avait fait ces expériences pour en déduire le rapport de la masse de la terre à celle de la montagne, et par suite, la densité de la terre elle-même; il trouva de cette manière que la densité de la terre, prise dans son ensemble, est 4,56, ou à peu près quatre fois et demie la densité de Feau. C'est, je crois, la première notion que Ton ait eue sur la nature des substances qui composent les couches centrales du globe.
En 1824 , M. Carlini a fait, au sommet du Mont-Cenis, des observations d'une autre espèce, qui Tout conduit à peu près au même résultat.
S4. Enfin, nous devons à Cavendish une autre détermination de la densité moyenne de la terre. Son appareil paraît être le plus exact que Ton puisse employer à cette recherche. La première idée de sa construction est due à Michell, de la Société royale de Londres : Michell n'ayant pas eu le temps d'achever ses expériences, et voyant sa fin approcher, légua son appareil à ITionorable Francis- John" Hj^de fVollaston ^ professeur à Cambridge; et celui-ci, à son tour, en fit don à Cavendish, qui était déjà compté parmi les premiers physiciens de l'Angleterre. Voici l'idée principale sur laquelle repose ce procédé : si l'on avait une grande boule de métal de 2 ou 3 mètres de rayon, il est clair qu'elle ne pourrait pas dévier le fil à plomb, puisque les montagnes ne le dévient que de quelques secondes ; mais, si, au Beu d'un fil vertical sur lequel agit la pesanteur, on lui présentait au niveau de son centre un levier horizontal, bien équilibré et parfaitement mobile, il est clair qu'elle devrait l'attirer à elle et le faire tourner, puisque la pesanteur serait alors sans effet pour contrarier son action. Le levier horizontal serait donc une espèce de pendule qui oscillerait par l'attraction de la boule, comme le pendule ordinaire oscille par l'action de la terre. Si même, au
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lieu d'une boule, ou eu mettait deux, agissant chacune sur l'une >■ des extrémités du levier, on voit que l'effet serait doublé; ainû, = par ce moyen, en prenant des boules assez grosses et des lerien assez mobiles, on peut sans doute rendre sensible l'action de la matière sur la matière, et produire en petit, autour de ces sphères „ de métal, ce qui se produit en grand autour du globe de la terre.
L'appareil de Gavendish est représenté, planche 3, dans les figures 15 et 16. La figure 16 en représente la projection horizontale : H et c sont les deux sphères de métal; elles étaient de plomb, et pesaient chacune 157^,925 : abcd représente la section d'une caisse dans laquelle on avait enfeimé le levier mobile pour le garanUr complètement de to\ites les agitations de l'air; ^ et / sont deux petites balles suspendues aux deux extrémités du levier mobile et parfaitement en équilîl>re.
La figur« 1 & est une coupe verticale ; les mêmes lettres dé- »guent les mâmes choses : on voit ici comment les deux petites balles sont suspendues par un fil d'ai^ent qui traTene les extrémités du levier ; ce fil vient en n s'attacher au fil vertical ff dont la ténacité est assez grande pour porter le fléau et les balles * et s', et dont la torsion est la seule force <{ui s'oppose aux oscillations : les deux masses m et v sont ellesmêmes suspendues par des tiges do fer, et peuvent tourner autour de la caisse; elles passent successivement, des posiuons u et c figurées en lignes pleines (Fin. 16), aux positions n' et «/ figurées en Ugnes ponctuées; elles y sont conduites par une ma- : qui s'exécute du dehors : enfin, tout l'appareil est en-
lTïons du PEN!
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