CHAP. IV. — DÉVIATION DU FIL A PLOMB
par la même puissance qiii les fait tomber sur la terre , et que , s'il y a une différence , elle provient seulement de la difl'érence des masses. Ce fait fondamental une fois prouvé, il ne l'esté plus qu'a observer la durée des oscillations des petites balles, la longueur du levier à l'extrémité duquel elles oscillent, et leur distince au centre des grandes sphères u et p, cpii ^)euvent être it>n6idérées comme les centres d^attraction. Ensuite après avoir corrigé les résultats des effets de la torsion di| fil de suspension, 1 on arrive à connaître Teffet d'une sphère de plomb du poids de 157^,925, pour faire osciller un pendule simple d'une lon- ^oieur c*onnue, et placé à une distance connue de son centre. La tjuestion étant amenée à ce point, il n'y a plus que des proportions à faire pour avoir la masse de la teiTe , comparée à la masse du globe de plomb; car ces masses sont entre elles comme les longueurs des pendules simples qui battent la seconde, étant placés à une même distance de leur centre. Dans cette proportion tout est connu, excepté la masse de la terre, que Ton peut par consétjuent en déduire ; on connaît d'ailleurs son volume par le^ mesures de Tare du méridien, et, en divisant la masse par le rolume, on obtient enfin sa densité moyenne. Pour dernier ré- Mrltat fie ces belles expériences, Cavendisli trouva que la densité movenue de la terre est de 5,48 ; nombre confirmé par des expériences récentes qui donnent 5,67 [Soc. j4str,(fe Lonrlres^ t. XiV).
Connaissant la densité de la terre et son volume , il est facile de trouver combien elle pèse de kilogrammes, ou plutôt coml)ieii de kilogrammes on trouverait si l'on pouvait successivement {•rendre par ]>etits fragments, d'un mètre cube par exemple, routes les Mibstances qui la composent pour les peser dans une l>;ilunce, à Limdres ou à Paris, et si Ton pouvait les remettre en pince après les .ivoir pesées ; car, d'après ce que nous venons de voir ^ur l'attraction générale de la matière, nous pouvons être >urs, quand nous faisons une pesée, que toutes les molécules du j;lube contribuent à faire pencbcr la balaïK-e.
Par les obsei'vations et parles calculs astronomiques, on évalue les masses des planètes et celle du soleil au moyen de la masse d«' la terre; d'où il suit qu'avec le poids de la leiTC nous pouvons trouver le poids de toutes les planètes.
\insi le petit appareil de Cavendisli est une balance dans laquelle on peut peser le monde.