‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 6 sur 232 · CHAP. I. — DES DIVERS ÉTATS DES CORPS · texte numérisé non relu

CHAP. I. — DES DIVERS ÉTATS DES CORPS

très, et maintenus à des distances plus ou moins grandes , et qu'enfin il est possible que, sans se toucher, ils agissent de i-oncert et se conununiquent des pressions ou des mouvements.

j>. Diea Forces. «- Les atomes simplement posés à coté les uns des autres ne pourraient constituer ni les corps solides, ni les autres corps de la nature ; ils ne feraient tout au plus qu'un amas incohérent, pareil à un monceau de sable ou de pous» sièie. l'ne pierre ou un morceau de fer sont des corps solides et resiitants : il faut donc qu'il j ait quelque chose qui retienne les atomes, qui les attaclie Tun à Tautre, qui les fixe à leur place. Les corps se briseraient sans effort s'il n'y avait que des atomes simplement juxtaposés, ou plutôt il n'existerait pas de corps; il nexisterait que de la poussière. Nous concevons que dans un morceau de fer un atome quelconque est preMe contre les ato* mes voisins, comme un bloc de pierre est pressé contre le sol; pour soulerer la pierre il fiiut un certain effort; ponr arracher Tatome, si Ton pouvait le saisir, il faudrait aussi un effort plus ou moins grand. Les causes de ces pressions ou de ces actions mataelles qae les diverses portions de la matière exercent les uofs sur les autres, sont ce que Von appelle en général des /brcet.

Ainsi , il y a des forces qui agissent sur les atomes de fer, qui les pressent les uns contre les autres , qui les i*ctienncnt en leur lieu , et qui donnent à la masse cette fixité que nous observons. De même , il y a des forces qui agissent sur les molécules de tous les corps solides, et qui leur donnent, à Tiatérieur, une structure déterminée, et à l'extérieur une forme permanente. Enfin , comme il n'y a pas de corps qui n'ait une certaine ma* nim d être et une certaine dépendance entre ses parties , on en ctHidut que, là où il se trouve plusieiurs atomes voisins, il y a toujours entre eux une action mutuelle , par laquelle ils se sollicitent les uns les autres et prennent un arrangement dérerminé.

Les liquides, qui sont si mobiles, ont eux-mêmes cette dé* pendance entre toutes leurs parties voisines : une goutte d'eau a toujours une forme particulière , soit qu'on rol>serve sur quelque surface ou plutôt sur les plantes où elle se dépose en rosée, »oit qu'on l'observe aux extrémités des corps où elle se tient suspendiue. Cette forme qu'elle prend est le résulut de Faction des

8 NOTIONS PRÉLIMINAISES.

molécules qui la romposent, car, sans ac^ons mutuelles, ces

molécules resteraient si'purées et toml)eraicnt isolément.

L'air, qui est invisible et qui est si subtil , n'est pas une exeeptioD à cette loi générnle. Il est impénétrable, puisqu'il ré&iste quand il est enfermé clans une vessie, dans un ballon ou dans un autre espace quelconque. Donc, il est aussi composé d'atomes et de molécules; donc ses diverse» parties exercent aussi une action mutuelle les unes sur les autres : entre mille phénomènes qui en sont la preuve , nous (;iterons seulement le phénomène de la respiration , que tout le monde peut observer. L'air extérieur pénètre dans les poumons , à mesure que la poitrine s'ouvre pour le recevoir; ain^ les molécules du dehors agissent sur les molécules du dedans, ellet. les pressent et les forcent d'entrer, et, quand l'air est enfermé dans la poitrine, les molécules inU'rieures réagissent aussi les unes siu* les autres pour en remplir toute la capacité, comme elles réagissent les unes sur les autres pour se répandre dans toute l'étendue d'un vase, quelque grand qu'il soit.

Ces forces, qui agissent sans cesse dans l'intérieur d'un corps entre toutes les molécules voisines , ou entre tous les atomes qui composent une molécule, s'appellent force* moléculaires, ou attractions moléculaires : il serait mieux de les appeler actions moléculaires, ou force* atomisliqiies, ou forces constitutit>et dei corps, puis(|u'en elTet ce sont ces forces qui donnent aux corps leurs constitutions particulières et leurs modes d'existence. Nous examinerons plus tard s'il n'y a qu'une seule force de cette n

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