LIVAE II. — DE LA CHALEUR
ÎDtérieiûe du caloiîque est ce que l'on appelle la condiicibiliié aa \» conductibilité ; elle est plus ou moins rapide, suivant la nature des corps. On nonune bons conducteurs ceux qui se laissent pénétrer facilement par la chaleur, et qui prennent rapidement la température qu'ils doivent avoir; et mauvais condttcteurs ceux qui se laissent pénétrer moins facilement, et qui sont plus lents à se mettre en équilibre de température dans toutes leurs parties. Les métaux sont en général de bons conducteurs.
Le verre, le soufre, le charboo, les pierres de difTérentes espèces, toutes les substances végétales et animales sont en général de mauvais conducteurs ; les liquides et les gaz sont les plus mauvais conducteurs que l'on connaisse.
j4 distance, le calorique se propage à peu près comme la lumièrej il traverse le vide avec une giande vitesse, comme la lumière traverse les espaces célestes; il passe daos certains corps sans s'y arrêter, sans les rendre chauds, à peu près comme la s lumière passe dans le verre, sans s'y éteindre et sans le rendre k lumineux. Ce mode de propagation est ce que l'on appelle le i raisonnement du calorique : c'est par rayonnement que le calo- i-rique du soleil arrive à la terre; c'est ausû par rayonneinent i qu'un foyer nous échauffe à travers les couches d'air qui nov m séparent de lui, et qu'un corps très-peu chaud nous fait sendr i^ sa présence , même à une assez grande distance. Le catm-iqm ié rayonnant devient du calorique ordinaire, lorsqu'il est ab- | sorbe par les corps et qu'il se répand par la conducibilité dam ic
NOTIONS GÉNÉRALES. i89
nelle examine toutes les unités dont on se sert pour estimer numériquement les grandeurs, on est convenu de prendre pour unité de chaleur la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élerer de 1* au-dessus de 0 la température de 1 kilogramme d*eau; car cette quantité est toujom^s constante. Ainsi, quand oft dit que le calorique spécifique du mercure est ~ , cela signifie ^e pour élever de 1* la température de 1 kilogramme de mercure, il ne faut que le j^ de la quantité de chaleur qui est nécessaire pour élever de 1* la température de 1 kilogramme d'eaû. Capacité pour la chaleur et calorique spécifique sont deux expressions synonymes ; la première semble mieux indiquer que la quantité de chaleur nécessaire pour produire dans uii corps un changement de température déterminé est tout à fait dépendante de la substance propre du corps, et qu'elle est plutôt une propnéié de cette substance elle-même qu'une propriété du calorique.
Le calorique latent d'un corps est le nombre des unités de dialeur que ce corps absorbe ou dégage au moment où il change d'état, n est nécessaire d'en citer ici un exemple pour faire bien conqiTendre cette définition : 1 kilogramme de glace à la tempoature de zéro^ et 1 kilogralnme d'eau à la température de SO*, donnent, après leur mélange et après la fusion complète de la glace, 2 kilogrammes d'eau à la températm^ G. Ainsi la ^ace a été fondue, mais elle n^pas changé de température; feau chaude à 80* est restée liquide, mais elle s'est refroidie joMia'à la température de la glace. Donc, le kilogramme de l^ace, pour se fondre^ a absorbé tout le calorique qu'a perdu le kilognunme d'eau, en descendant depuis 80^ jusqu'à 0; il Ta absorbé pour se fondre, puisque sa température n'a pas changé. Le cralorique absorbé et comme dissimulé dans la masse Uquide qui résulte de la fusion est le calorique latent ou le calorique de fusion. L'eau en se congelant reproduit et dégage de nouveau, pendant sa solidification^ tout le calorique qu'elle avait absorbé pendant sa fusion; c'est-à-dire que 1 kilogramme de l^œ à 0 et 1 kilogramme d'eau à 0 n'ont pas la mémo quantité de chaleur, quoique étant à la même température; l'eau en a plus que la glace, et ce qu'elle en dégage pendant qu'elle se congèle serait capable d'élever un autre kilogramme d'eau
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Le même phénomène se produit dans le pasuge de l'état liquide à l'état de vapeur. Au moment de sa fonnation , la vapeur se trouve à la même tempérulure que le liquide qui lui donne naissance : mais , à poids égal , elle a beaucoup plus de calorique; car elle en absorbe, à mesure qu'elle se tonne, bien plus encore que la glace n'en absorbe à mesure qu'elle se fond. Ce caWique absorbé et dis^mulé dans la masse gazeuse de la vapeur s'appelle encore calorique latent, et quelquefois co/orique de vaporUation ou calorique d'élasticité. Quaud la vapeur revient i l'étal liquide, elle reproduit et dégage de nouveau, pendant sa condensation , toute cette quantité de calorique qu'elle avait dû prendre pendant sa formation.
Ces absorptions de calorique en proportions différentes , pendant la fusion et la vaporisation , et les reproductions ^ales pendant la soUdification et la condensation se manifestent nécessairement dans tous les corps. Le pliénomène de la chaleur latente est une condition essentielle des changements . d'état.
Les sources de chaleur et de froid dégagent et absorbent da s quantités de chaleur qui peuvent être mesurées et exprimées mi> >mériquement comme le calorique spénfîquc et le calorique la* ^ tent ; pour le comprendre , il suffit de jeter un caaç d'cnl sv ^ les phénomènes naturels et d'examiner les causes général» dt ^ rédbaudffinnent et de lefroidissement. En effet, le calorique peK ^ éne accumulé dans les corps , mais il ne peut pas j être retcM ^ et enfermé, comme l'air, l'eau et les autres fluides pondérabfai i^
NOTIONS G&NËRALES. 191
difiërent : une portion de sa chaleur passe aux molécules d'air qui le touchent, mais une portion s'échappe sous forme rayon* oante, à peu près comme la lumière s'échappe de la flamme; et «s rayons de calori(jue se répandant de toutes parts , les uns lODt tomber sur des corps qui les arrêtent et les absorbent en partie, les autres s'élèvent vers le zénith, traversent toute l'épaisseur de l'atmosphère et vont se perdre dans le vide du ciel. Il y m a sans doute qui vont tomber sur le soleil et sur les corps célestes, comme il arrive aussi à la lumière d'une bougie de se répandre jusqu'aux astres. Ce qui est vrai d'un corps suspendu dans Tair est vrai pareillement du globe entier de la terre , suspendu au milieu de l'espace . Ainsi, la teri'e se refroidit : à chaque instant, Tatmosphère et tous les corps terrestres qui sont exposés à l'aspect du ciel perdent de leur calorique par le rayonnement. Il faut donc qu'il y ait des sources de chaleur qui réparent à chaque instant les pertes que fait la terre, et qui puissent maintenir sur sa surface cette température moyenne dont l'intensité est une condition nécessaire des phénomènes de la végétation et des fonctions de la vie.
Nous verrons qu'il y a trois sources de chaleur pour compenser Je refroidissement que la terre éprouve , et pour maintenir d'une manière à peu près permanente l'équilibre des températares terrestres.
La première est une chaleur primitive qui règne encore à de grandes profondeurs, et qui se dissipe peu à peu ; elle entretient les parties centrales de la terre à une chaleur sans doute plus grande que celle du fer fondu , mais elle ne contribue que dans me faible proportion aux températures de la surface.
La seconde est la chaleur solaire , dont nous donnerons la mesure dans les éléments de météorologie : nous verrons que tout le calorique que le soleil répand sur la terre dans le cours d'une année est capable de fondre une certaine quantité de glace que nous sommes parvenus à déterminer par des moyens simples et rigoureux.
La troisième source de chaleur est celle qui résulte des actions mécaniques et chimiques qui s'exercent sur la matière. Le simple contact des corps dégage de la chaleur : la compression, le frottement, la percussion, et tous les changements mécaniques que peuvent éprouver les molécules matérielles, dégagent pareille-