‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 15 sur 55 · LOIS DE LA NATURE. MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LOIS DE LA NATURE. MOUVEMENT

lie tiraillemens , d’allongemens ; la fragilité àn bismuth, qui brise en éclats par le choc; la friabilité de l’antimoine que l’on divise facilement en particules pulvérulenles à l’aide du pilon; la malléabilité de l’argent qui laisse ses molécules s’étendre , s’aplatir sous le marteau; la ductilité de For, dont les particules, très adhérentes entre elles, ne se séparent pas, se suivent, et peuvent être étendues en lames ou en fils très déliés, à l’aide du marteau et des instrumens propres à l’allonger en cylindre, ou à l’aplatir en feuilles. Nous ne croyons pas nécessaire d’étudier ici beaucoup d’autres circonstances qui sont de véritables propriétés distinctives , mais qui tiennent à des affinités chimiques, telles que la fusibilité par Faction du feu et par le degré de chaleur qu’exige chaque métal ; la plus ou moins grande facilité, selon laquelle les oxides sont réduits à l’état métallique; leur volatilité , telle que celle du mercure et de l’arsenic qui s’élèvent en vapeur; et par opposition la fixité du platine et de For. Ces propriétés et plusieurs autres seront expliquées quand nous en sentirons la nécessité.

Après avoir indiqué les phénomènes principaux que les corps présentent sous le rapport de l’attraction et de l’étendue , nous allons considérer ceux du déplacement qu’ils peuvent recevoir ou produire, soit dans leur masse, soit dans leurs parties. Lorsque les corps palpables tombent sous nos sens, iis peuvent être et rester dans les mêmes rapports de situation avec les objets qui les entourent, et dans les mêmes points de l’espace ; on dit alors qu’ils sont en repos. S’ils viennent à changer de place, ce transport d’un lieu dans un autre se nomme le mouvement; le corps est appelé mobile, et la propriété dont il jouit, la mobilité,, c’est-à-dire la faculté qu’il a d’être déplacé ou transporté d’un espace de lieu dans un autre, ou d’être mis en mouvement.

aa LOIS I)E LA NATURE. MOUVEMENT.

(Test une propriété inhérente aux corps de conserver îe repos ou le mouvement, et de persévérer dans l’im ou l’autre de ces états, jusqu’à ce qu’une cause, une force, un agent extérieur les en tire. On désigne cette résistance ou plutôt cette indifférence à l’un ou à l’autre de ces états , sous le nom de force d'inertie. Elle est constamment relative à la masse du corps, ou à la quantité de matière qu’il renferme, sous un volume donné.

Les principes ou les causes du mouvement résident dans tout ce qui rompt le repos. Ces causes sont très variées ; on les nomme forces motrices. Les principales sont dues, ï°. à l’action des organes des animaux, en particulier à leurs muscles; a®, à la pesanteur, ou mieux au poids des corps qui combat l’impénétrabilité , et qui s’oppose à ce que deux corps distincts puissent occuper le meme lieu à la fois ; 3®. à la tendance des molécules pour l’agrégation et pour la combinaison ; 4®- à l’élasticité, à la dilatabilité et aux phénomènes que produisent l’action de la. chaleur, de l’électricité , du magnétisme , etc.

Nous aurons rarement occasion d’appliquer les autres modifications du repos et du mouvement à l’étude de l’Histoire naturelle; nous ne nous étendrons donc pas davantage sur ce sujet. Il nous suffira d’indiquer et de définir quelques termes dont nous ferons usage. Tels sont la vitesse du mouvement qui est le rapport entre la longueur de l’espace parcouru et la quantité de temps employé pour le parcourir : V équilibre du mouvement, lorsque l’action d’un corps qui se meut est contrebalancé par celle d’un autre corps qui résiste, soit par sa masse, soit par une action opposée : la chute des graves, ou Faction de tomber dont la vitesse indique le poids de ces corj)s : le choc, ou ce qui a lieu entre deux corps qui se heur-

LOIS DE LA NATLKE. MOUrEMEîsr. , ^

lent àii iiiüiii(?iU oii iis se reiicoiUrent, cl les vibrations qui en résultent dans les corps élastiques , dont les molécules vont et viennent, et produisent ainsi le bruit ou le son, en se communiquant à bair qui les environne.

Les principales qualités des corps palpables j visibles, ou • perceptibles à nos sens, parce que nous pou vous les saisir, dépendent, il est vrai, de la différence qu’établissent entre eux les divers degrés comparés de la gravitation de leur masse et de leurs molécules, de la variété de leur étendue respective, et de la nature de leurs mouvemeiis dans l’espace; mais ces modifications ne suffisent pas pour en donner une idee, une connaissaiice exacte. Tous les corps sont en outre influencés par plusieurs puissances actives qui les pénètrent cl qui leur donnent alors des qualités et des propriétés très différentes les unes des autres.

si ces puissances résidoient dans une matière , si elles avoieut une substance , une étendue, du poids, on pourroit les considérer comme des corps; mais on ne connoît guère que leur mou vement; elles ne manifestent leur existence qu'au moment où elles sont arrêtées par d’autres êtres matériels, qu’elles s’y unissent, ou qu’elles s’en séparent. On ne les a jamais vues isolées, puisqu’elles ne deviennent sensibles qu’au moment où elles se combinent avec d’autres matières, ou lorsqu’elles les abatidoiinent. Ces forces agissent alors sur les corps en leur communiquant d’autres qualités , d’autres propriétés; aussi les a-t-on nommées des agens. On les désigne aussi sous le nom de fluides , et ce mot de fluide est im terme de convention pour indiquer que leurs molécules ou les particules qu’on suppose les former, sont très peu liées entre elles; qu’elles coulent, pour ainsi dire ,les unes sur les autres, et qu’elles se meuvent avec une grande facilité. Comme on ne peut contraindre ces

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