LOIS GÉNÉRALES DE LA NATURE. ÉIEIYDUE
Comme les corps sont composés de molécules ou de petites portions qu’on peut séparer, on dit par cela meme qu’ils sont divisibles. Cette dhisihilité peut être portée à l’infini par la pensée : elle est opposée au pouvoir de la cohésion. Elle ne peut s’opérer que par l’effort de quelque agent extérieur qui tend à s’introduire dans la masse , ou qui y pénètre réellement. Quelques corps se laissent ainsi traverser par les liquides , par les gazs , par la chaleur, la lumière , l’électricité. On dit alors qu’ils sont perméables. Pour expliquer, dans certains cas, œtte perméabilité, on est obligé de concevoir que dans le mode de l’attraction moléculaire, les particules intégrantes, rapprochées autant que possible, ont cependant laissé entre elles de certains pores ou interstices très ténus, qui sont vides de la matière du corps ; c’est ce que l’on nomme la porosité dont les modifications sont variées à l’infini. Ainsi le cristal est perméable à la lumière, à la chaleur; il ne l’est pour aucun liquide. L’or, le plomb se laissent pénétrer par le mercure, tandis que le fer est dans le cas opposé, et se laisse cependant pénétrer par l’étain.
Cette porosité , cette pénétrabilité des corps par certains agens , sert à expliquer comment ils deviennent et peuvent cesser d’être plus ou moins solides; comment ils augmentent de volume, ou occupent un plus grand espace, sans changer réellement de poids. Le défaut de pression qui s’exerce à leur surface, ou l’introduction dans leur substance, de la matière de la chaleur, produit cet effet qu’on nomme dans certains cas, d’une manière générale, la dilatation (5o), et, dans quelques circonstances déterminées, comme pour les gazs, la raréfaction, parce que sous un même volume, dans les fluides qui ont la forme de l’air, les molécules sont essentiellement plus rares ou moins nombreuses. On désigne en physique cette
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propriété ou cette manière d’étre particulière des corps , sous le nom de dilatabilité.
L’effet opposé à la dilatation est la condensation . C’est ainsi (}ue, par le refroidissement, la plupart des corps prennent un moindre volume ; que ceux qui ont été fondus ou rendus liquides par l’action de la chaleur, ou par celle de l’eau, se retirent sur eux-mêmes , et éprouvent un retrait en devenant solides, ou en se desséchant; c’est encore ainsi qu’une masse de fer forgée ou écrouie, c’est-à-dire battue à chaud ou à froid, diminue de grosseur et augmente de densité, quand elle a été comprimée. On donne en particulier le nom de compressibilité à cette propriété; c’est celle qu’acquièrent certains corps par l’action des forces extérieures. Ils diminuent de volume, et changent meme de formes, mais sans rien perdre de leur poids. Tantôt ils restent allongés et étendus plus qu’ils ne l’étaient avant l’action éprouvée , et on les nomme extensibles. Tantôt ils flexibles , ou ils cèdent plus ou moins à la
puissance qui les courbe et les recourbe, et quand ils rétablissent leurs parties dans leur premier état, après la compression , l’extension ou la flexion , on dit alors qu’ils sont élastiques, ou qu’ils jouissent de l’élasticité.
C’est de cette diversité dans les modes de cohésion et des résultats qu’ils produisent, que l’on a emprunté quelques caractères pour indiquer les différences que nous présentent sous ce rapport certaines substances, et en particulier les métaux, comme nous allons en rappeler quelques exemples , tels que la mollesse du plomb, pour indiquer le peu de cohésion entre les molécules qui forment sa masse ; la dureté du fer dont les surfaces ne se laissent pas facilement entamer, ce qui annonce leur résistance à la séparation; la ténacité du cuivre qui lui fait éprouver sans se rompre beaucoup d’efforts de pres.sion ,