Six ëtaraines
Feuilles engainantes.
mâles, femelles , hermaphrodites réunis, mâles en panicule terminale. (4io) Maïs.
à feuilles engainantes simples
feuilles non engainantes
balle à deux vaEes , uniflore. (409) Riz. balle à plus de deux valves
A l’aide de ces trente et une questions ou propositions contradictoires, on est donc parvenu au nom des six plantes. Cela ne suffit pas : il faut en apprendre maintenant le caractère avec plus de détails. L’ouvrage servira de même et pour cette étude et pour celle des espèces qui peuvent appartenir au genre ; car, ainsi que les genres se distinguent entre eux par ces tableaux d’analyse , chacun d’eux renvoie à d’autres tables où les espèces sont de même opposées par leurs caractères. Mais pour plus de simplicité, nous supposons qu’on a présenté les espèces les plus communes , ou celles qui sont les plus utiles dans chacun des six genres, et nous allons emprunter dans l’ouvrage même les deux articles ^suivans qui les concernent.
« Les Graminées ou gramens sont des herbes dont la tige , nommée chaume , est cylindrique , ordinairement creuse , toujours marquée, d’espace en espace, de nœuds solides: chaque nœud émet une feuille dont la base entoure la tige par une gaine fendue latéralement et dans la longueur, et dont le limbe est étalé, entier, marqué de veines parallèles et longitudinales : les fleurs sont disposées en épis ou en panicules, presque toujours hermaphrodites , quelquefois unisexuelles Ou stériles par avortement, toujours composées d’écailles un peu foliacées, disposées sur un ou plusieurs rangs; les écailles extérieures qui ont reçu le nom spécial de gliime ou de calice , et qui jouent le rôle d’involucre ou de spathe , sont ordinairement divisées profondément en deux ou plusieurs valves
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apposées, et renferment une ou plusieurs fleurs dont l’assemblage se nomme epillet; Técaille intérieure ou l’enveloppe immédiate des organes sexuels, qui a reçu le nom de balle ou glumelle , et qui remplit l’emploi d’un vrai calice ou d’un périgone, est souvent bivalve et assez semblable à la glume : les étamines sont le plus souvent au nombre de trois , et ont des anthères oblongues, fourchues aux deux extrémités; l’ovaire est unique, libre, souvent entouré à sa base de deux petites écailles analogues à une corolle, et surmonté d’un style simple presque toujours fendu en deux stigmates plumeux. Le fruit est un cariopse nu ou recouvert par la balle : l’embryon est petit, attaché à la base d’un périsperme farineux, plus gros que lui , etc. »
« Quelques graminées , savoir le froment, le seigle et l’orge, naissent avec trois radicules, tandis que toutes les plantes connues n’en ont qu’une. Le nombre des nœuds du chaume est presque constant dans chaque espèce. Les racines des graminées sont toujours fibreuses ou rampantes ; et si quelques unes paroissent bulbeuses, cette apparence est due au renflement des nœuds inférieurs. Le périsperme féculent des graminées fournit à l’homme la plupart des farines qui font la base de sa subsistance : leurs tiges et leurs feuilles servent, comme fourrages, à la nourriture des animaux domestiques : le suc des tiges, surtout dans leur jeunesse, est un mucilage ordinairement sucré , comme on le voit dans le maïs et la canne à sucre. L’épiderme et les nœuds des gramens contiennent beaucoup de terre siliceuse. » (567)
Uapoine a pour caractères essentiels les dispositions que nous répétons ici : la glume est bivalve , et elle renferme deux ou plusieurs fleurs, le plus souvent toutes hermaphrodites, ou dont quelques unes sont mâles par avortement; la balle est
à deux valves pointues, dont l’extérieure porte sur le dos une arête genouillée. L’espèce dite cultivée [avenu sativa) a la tige droite, feuillée, haute de huit à dix décimètres ; ses feuilles sont larges de douze à quinze millimètres, glabres et un peu rudes lorsqu’on les fait glisser entre les doigts : la panicule est très lâche, quelquefois unilatérale et longue de deux décimètres; ses épillets sont inclinés ou pendans sur leurs pédoncules, et ont leur glume composée de deux valves lisses, striées, verdâtres, blanches en leurs bords, pointues, et plus longues que les fleurs; les valves des balles sont chargées de barbes fort longues, roussâtres à leur base, et qu’elles perdent souvent par la culture ; les semences sont allongées , lisses et noires ou blanches, selon les variétés. Cette plante qui est annuelle est cultivée dans les champs. Ses graines servent à la nourriture des chevaux, et même en plusieurs pays à celle de l’homme. La décoction de l’avoine noire grillée donne aux mets l’odeur de vanille. Les balles servent à remplir les paillasses. On fait un fort bon gruau avec l’avoine blanche séchée au four, et privée de sa pellicule sous les meules des moulins tenues un peu espacées. Dans quelques pays, on fait avec l’avoine de la bière, et on en extrait de l’eau-de-vie.
Le froment porte sur chaque dent de l’axe des épillets solitaires et opposés à cet axe; sa glume est à deux valves, et renferme plusieurs fleurs dont la balle est bivalve. On distingue quatre races parmi les variétés du froment cultivé [trîti^ cum œstivum), savoir, i°. les épis glabres et dépourvus de barbes : deux dits d’automne, l’im à épis blancs, l’autre à épis dorés ; celui à grains de riz ; le tonzelle , le trémois sans barbes ; et ceux de Phalsbourg et d’Alsace : a®, les épis glabres munis de barbes, comme celui à barbes caduques d’Anjou ou de la Providence; à barbes divergentes, serrées; à grains ronds d’Italie, de Sicile : 3”. à épis velus, dépourvus de bar-
bes, comme le froment grisâtre du pays d’Auge : 4°. enfin la race à épis velus, garnis de barbes, comme le gris de souris, la pétatrielle rousse de Gascogne, le blanc, autrement dit moiitin ou blé d’abondance d’Avignon, et le froment de Bar-* barie. On ignore la patrie du froment ; on soupçonne qu’il est originaire d’Asie. On le sème soit en automne soit au printemps, et dans ce dernier cas on le désigne sous le nom de marsais ou de trémois, parce que toute sa végétation s’opère en trois mois, étant semé en mars on le récolte en juillet. Le froment à épis rameux ou blé de miracle , l’épeautre , le lociiiar, sont des espèces distinctes.
Dans le seigle les épillets sont solitaires sur chaque dent de l’axé, et diffèrent de ceux des fromens en ce qu’ils ne renferment que deux fleurs, qui portent une arête au sommet de la valve externe de leur balle : on trouve quelquefois le rudiment stérile d’une troisième fleur. L’espèce cultivée {secale cereale) a les tiges garnies de feuilles assez étroites. Elles s’élèvent jusqu’à deux mètres environ; leur épi est grêle, long de 12 à 18 centimètres, et chargé de barbes assez longues. Les épillets sont biflores, leurs valves garnies de cils rudes, accompagnés chacun de deux paillettes calycinales sétacées, dont la longueur ne surpasse pas celle des fleurs. On cultive cette plante annuelle dans les champs ; l’épi est souvent attaqué de l’ergot (562) : la farine du seigle produit un pain nourrissant, sucré, mais un peu lourd, qui sert de nourriture aux habitans du Nord. Ce pain reste plus long-temps mou ou frais ; mais il faut qu’il soit rassis ou cuit depuis plus d’un jour ou deux, autrement il est collant. On obtient avec la farine de seigle, fermentée avec l’eau, et que l’on fait distiller, une sorte d’eau-de-vie de grains, que souvent on aromatise avec des baies de genièvre , et qu’on nomme alors improprement eaude-vie de genièvre. Le seigle fournit aux bestiaux un excellenl
fourrage vert au premier printemps : on peut le faucher deux fois en un mois, et mettre ensuite les bestiaux au pâturage dans les terres ainsi cultivées. La paille qui est très longue et flexible sert à faire des paillassons pour les jardiniers, des nattes pour les chapeaux communs , des liens pour les bottes de fourrages et pour les salades que l’on veut faire pommer ou étioler au centre; elle sert également à rempailler les chaises, à couvrir les chaumières, etc.
Uorge porte trois épillets sur chaque dent de Taxe. Les deux latéraux sont souvent mâles et pédicellés , et celui du milieu sessile et hermaphrodite : les glumes sont à deux valves , qui par leur réunion jouent le rôle d’involucre à six feuilles; chaque glume renferme une seule balle à deux valves. Uorge commune (^hordeum vulgare) a toutes les fleurs hermaphrodites, munies de barbes longues et droites : ces fleurs sont réellement disposées sur six rangs ; mais deux rangées sont plus proéminentes que les autres : l’épi est long de 9 à 12 centimètres ordinairement. Cette plante annuelle, originaire de la Russie et peut-être aussi de la Sicile, est cultivée dans toute la France , principalement dans les montagnes , où elle réussit mieux que les autres céréales , à cause de la promptitude de sa végétation. On la coupe en vert pour la donner aux bestiaux : son grain nourrit les chevaux, la volaille. On en retire l’amidon : on en fait de la bière , de l’eau-de-vie et une sorte de pain : on la monde , on lui enlève son écorce dans des moulins préparés exprès comme pour râper le grain , en lui donnant en même temps la forme sphérique; ce qui l’a fait appeler encore orge perlé. L’orge à six rangs ou e s courge , celle à deux rangs ou pamelle , l’orge pyramidale , sont d’autres espèces qu’on emploie aux mêmes usages.
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Le riz cultivé ( oriza saliva ) a les fleurs disposées en pani-
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cule ; leur glume est à deux valves aiguës , uniflores : leurs balles sont en nacelle, inégales, dont l’extérieure striée se termine par une arête : l’ovaire a deux écailles à la base, il est surmonté de deux styles : chaque Heur a six étamines : le grain est oblong, obtus, strié, renfermé dans la balle interne : le chaume, haut de huit décimètres environ, porte des feuilles un peu épaisses. Cette plante annuelle ne réussit que dans les pays très chauds : elle exige des terres submergées. On ne la cultive guère qu’en Espagne aux environs de Valence ; en Piémont ; en Sicile : les marais où se fait cette culture sont malsains. Le riz forme la principale nourriture des Orientaux ; il remplace le blé. On est obligé de le monder ou de lui enlever la balle intérieure. La paille de riz est fine et solide ; on en fait des tresses qui servent à la fabrication de chapeaux très légers.
4lO.
Le maïs , blé de Turquie ou blé d'Inde ( zea maïs ), est monoïque. Ses fleurs mâles sont disposées en panicule terminale, et leurs glumes renferment deux fleurs; les fleurs femelles sont disposées en épis axillaires et cachées dans de grandes gaines foliacées. Leurs glumes sont uniflores; le style est filiforme, extrêmement long ; les graines sont arrondies, lisses et crustacées à la surface, nues, disposées en épi serré et cylindrique, rangées par séries longitudinales et comme incrustées dans l’axe de l’épi. Cette plante aime les terrains gras et légers; elle craint la sécheresse et les expositions trop froides. On la sème au printemps; on coupe la sommité de la tige après la floraison , afin de forcer les sucs à se porter sur les graines ; on récolte celles-ci à l’entrée de l’automne ; leur farine , qu’on nomme polenta ou poulinte , est très saine et très nourrissante , peu propre à faire du pain , mais excellente sous la forme de soupe, de bouillie ou de gâteau. Le maïs paroît originaire de l’Amérique méridionale; il y éloit cultivé lorsque les Européens en firent la conquête. Il paroît que ces noms de blé de
Turquie et de blé dTnde tiennent à ces circonstances : pour l’un , qu’on l’a désigné sous le nom de blé à barbe de Turc; et pour l’autre , que l’Amérique étoit alors appelée les Indes orientales.
Telle est la marche analytique employée par M. de Lamarck. On conçoit que c’est un moyen tout-à-fait artificiel ; mais il a lè grand avantage de pouvoir s’appliquer à la méthode naturelle , en tenant compte de toutes les anomalies , de toutes les aberrations que les espèces d’un genre , d’ailleurs très naturel, peuvent cependant présenter ; et en indiquant ces espèces autant de fois que leurs caractères semblent en apparence opposés au genre et quelquefois même à la famille auxquels elles appartiennent; de sorte qu’il est plusieurs de ces genres qui se trouvent répétés jusqu’à trois fois et même plus. Il y a, par exemple , des espèces de frêne parmi les plantes monoïques , dioïques et hermaphrodites, et l’on trouve ce genre indiqué dans ces trois divisions : il en est de même des genres de la sali- Caire, de la pimprenelle, de la verveine, du trèfle, qui s’offrent autant de fois que les espèces présentent entre elles de différences essentielles; et ce double ou triple emploi ne produit aucun inconvénient.
A l’aide du tableau que nous présentons ici , on pourra se faire une idée de l’analyse , en supposant que chacun des numéros correspond aux divisions naturelles des familles que l’on trouvera indiquées dans le chapitre suivant, où nous exposons la méthode naturelle ; de sorte que cette table servira très avantageusement à l’élève qui, au moyen de l’analyse, désireroit se familiariser avec les distributions des végétaux en familles. C’est dans cette vue que toutes fois qu’une famille se trouve indiquée, nous avons eu soin de faire connoitre, par un numéro correspondant , l’article de cet ouvrage où le genre est nommé, et quelquefois même où il est décrit suffisamment pour en donner une idée exacte.