‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 50 sur 55 · I. - îfi · texte numérisé non relu

I. - îfi

fceptacles, sont placés sous la face inférieure et sur les nervures de la feuille. On découvre au-dessous des petites membranes qui les recouvrent , des points pulvérulens qu’on regarde comme des étamines , et de petites coques ou capsules de formes diverses, remplies de séminules dont on a vu sortir l’embryon, accompagné d’un très petit lobe latéral. C’est à cette famille qu’on rapporte les adianthes ^ dont les graines sont situées par lignes interrompues, sous le bord replié des feuilles; les ptérides , dans lesquelles ces lignes sont continues; les scolopendries , qui offrent en dessous des lignes saillantes parallèles, disposées par paires et à angles droits avec la nervure principale; les doradilles ou asplénies ^ chez lesquelles le centre de la feuille est occupé par la fructification ; les os~ mondes , dont les feuilles fructifères semblent se changer en grappe, etc. On a rapproché aussi de cette famille les lycopodes y dont les graines sont placées à l’aisselle des feuilles; les rhizospermes , comme la pilulaire; les prêles à tiges articulées, creuses, garnies de feuilles verli ciliées et à fructifications en épi, dont les racines sont vivaces, etc., etc. (566)

Quatre familles appartiennent à l’ordre des plantes monocotylédones à étamines distinctes, et attachées au-dessous du pistil. Ce sont, i®. les graminées (445), à chaume ou tige articulée, à gaine des feuilles fendue en long, à glume ou calice à deux valves ; 2°. les cypéracées (44?) ? ^ tiges presque lisses , à feuilles non fendues à la base, et à glume à une seule valve; S*’, les typhacées (44^) 5 semblables aux cypéracées par la tige et par les fleurs toujours monoïques, qui ont un calice de trois pièces, et dont les mâles sont toujours placés au-dessus des femelles disposées en chaton; 4°* les aroïdcs (449), qui ont aussi les fleurs en chaton, le plus souvent protégées par un spathe coloré, et dont les fruits sont des baies.

Les Graminées , dont nous avons déjà indiqué les principaux caractères en exposant le système analytique de M. de Lamarck (4o3) , sont des herbes dont les fleurs sont disposées en épi ou en panicule, le plus souvent hermaphrodites, à étamines au nombre de trois, et dont la graine est un caryopse. Le nombre des styles, des étamines, des fleurs de chaque épil~ îet, a servi à distinguer les divers genres qui composent cette famille. Nous nommerons seulement ici , avec les six principaux précédemment décrits (4^4 et paragraphes suivans), la Jlouve , le Dulpin ou queue de renard, la phléole , le phalaris oualpiste, le panic , dont une espèce donne le mil ou millet, \agrostis , la canne à sucre ou canamelle , la hougue ou sorgho, la candie, le roseau, la fétuque , le paturîn , la hrize , le brome, le coïx ou larme de Job, etc., etc. (667)

La famille des Souchets, Cypéroïdes ou Cypéracées, a beaucoup de rapports avec celle des graminées, par la graine et par la conformation générale des fleurs et de la tige, mais le plus ordinairement l’ovaire est surmonté d’un stigmate fendu en trois parties. La plupart végètent dans les terrains humides, et sont de mauvais pâturages. On range ici les carex ou laiches dont les fleurs, disposées par épis d’un seul sexe, sont portées quelquefois par des plantes différentes , ainsi que la //naigrette, les scirpes et les souchets, (570)

Les Massettes, Typhoïdes ou Typhacées, sont pour la plupart des plantes aquatiques dont les fleurs sont disposées en épis ou en chatons d’un même sexe; leurs tiges ne sont jamais fistuleuses, mais semblables à celles des jonos.-^On n’a encore rapporté que deux genres à cette famille; celui des typhes ou masses d’eau’, et celui des rubaniers ou rubans d’eau dont les graines sont réunies en boule.

î44 Méthode naturelle.

Les ARomES (571) sont très différentes de toutes les plantes de cette classe, par la disposition de leurs fleurs sessiles autour d’un chaton situé à l’extrémité de la tige, ou sur une hampe qui provient de la racine; pour l’ordinaire, elles sont entourées d’une sorte de corolle ou d’un spathe coloré. On range dans cette famille les jouets ou arums, et les callas ( vayez Pl. vi, u“ 23 ) ; o^n en a aussi rapproché les zostères.

Les monocotylédones à étamines distinctes, situées autour du pistil, offrent des fleurs à sexes réunis ou séparés, toujours incomplètes, mais quelquefois accompagnées d’un spathe; il leur succède des capsules ou des baies. Ces plantes constituent un, ordre très nombreux en genres. On les a distribuées en cinq familles, qui meme ne sont pas encore fort distinctes, d’après les rapports très naturels qui semblent lier tous ces groupes les uns aux autres. La première comprend, sous le nom de palmiers (4^ 1) , les plantes dont le stipe porte des baies à une loge,' ou des drupes dans lesquelles sont renfermées des graines dont le périsperme est très volumineux, et devient dur comme de la corne. La seconde renferme les aspar'agées (452), qui ont des tiges branchues, des fleurs hermaphrodites et des baies à trois loges. La troisième comprend les foncées (453), dont les fleurs ordinairement à six étamines, sont enveloppées dans des sortes de gl urnes réunis en épis , en panicules ou en corymbes, et produisent des capsules à trois valves, La quatrième famille comprend, sous le nom de liliacées (454), toutes les plantes qui ont quelques rapports avec les lis parles six divisions du périgone, les six étamines, le style unique souvent à trois stigmates, la capsule à trois valves : elle se divise en plusieurs familles secondaires^ comme les asphodèles, les narcisses, etc. Les iridées (455) composent la cinquième grande famille; elles sont faciles à reconnoître par leurs fleurs

à trois étamines, et par la forme de leurs feuilles qui sont le plus souvent engainantes, ou engagées les unes dans les autres.

La famille des Palmiers est composée d’arbres et d’arbrisseaux, dont les fleurs, de sexes différens, sont quelquefois portées par deux plantes. Leurs feuilles sont placées au sommet de la tige qui tient lieu du plateau qu’on retrouve à la base des bulbes; elles varient par la forme. Les étamines, presque toujours au nombre de six, sont réunies à leur baseï On divisé communément pour l’étude cette famille en deux sections, suivant que les feuilles sont ailées , ou qu’elles sont disposées en éventail* On les distingue plus naturellement encore en hermaphrodites, polygames, monoïques et dioïques. On y rapporte les rotangs , le cliamœrops , Varéca , les cocos, 'le sagou,, le dattier, le lontar, le latanier, etc. (572)'

Les Asparacées ou Asparagoïdes ont tiré leur nom de l’asperge qui a été regardée comme le chef de cette4ribu. La plupart des plantes qui constituent cette famille portent des baies : les fleurs’n’ont qu’un périgone. Leur racine n’est jamais bulbeuse : la plupart sont herbacées ; quelques unes sont des sous-arbrisseaux grimpans. On a distingué les espèces en hermaphrodites, comme les genres , asperge , parisette ,

comallaria ou muguet; et en dioïques, dont on a fait meme une petite famille sous le nom de Smilacées , où l’on range le fragon , le smilax , le tamme ou taminier. (578)

Les Joncs, Joncacées ou Joncées, ont quelques rapports avec les scirpes de l’ordre précédent et les lis qui composent la famille suivante; et si les genres de ces trois groupes étoient disposés par ordre naturel dans un jardin, il faudroit en faire trois groupes limitrophes, comme trois départemens se touchent dans une carte géographique. Ce sont des herbes à feuilles

a46 MÉTHODE NATURELLE.

engainantes, au moins vers la racine; leurs fleurs sont le plus souvent liermaphrodites , à six divisions au périgone. L’ovaire est libre, surmonté de trois stigmates, et forme une capsule, qui s’ouvre par trois valves. Les genres de cette famille ont été distribués en quatre sections : i®. ceux qui ont le calice en forme de glume, comme les joncs , les acores et les aphyllantes ; 2°. ceux chez lesquels les divisions intérieures du calice ressemblent à une corolle, commet \2i comméline , V éphémère; 3°. ceux qui ont un calice dont toutes les pièces ressemblent à des pétales, qui ont ordinairement trois ovaires, et qu’on a aussi désignés sous le nom de Colghicacées, comme les tojîeldies , les V araire s , vératres ou hellébores, les colchiques ; 4”- enfin les genres qui, ayant aussi plusieurs ovaires, toujours au-delà de trois, dont chacun se change en une capsule, ont été nouvellement désignés sous le nom d’ALisMAcÉs , comme les potamogétons , les Jluteaux ou plantains d’eau, les sagittaires ou flèches d’eau, les hutomes ou joncs-fleuris, etc. (574)

La famille des Liliacées est remarquable par la beauté des fleurs toujours divisées en six parties, et garnies de six étamines. L’ovaire est simple et forme une capsule à trois valves et à trois loges dont chacune renferme deux piles de graines , souvent aplaties. On a subdivisé cette famille en plusieurs autres : telles sont, ï°. les Liliacées proprement dites, qui ont l’ovaire libre et trois stigmates; comme la tulipe , la fridllaire, la glorieuse ou méthonique, le lis , etc. : 2”. les Asphodélées, qui avec l’ovaire libre n’ont qu’un stigmate, comme les asphodèles, les hémérocalles , les j’acinthes , les anthérics , le phor^ miiim , les s cille s , les ornithogales , les aulx , tels que le poireau, Xéchalotte, la rocambole, la civette ou cive, la ciboule, la ciboulette et toutes les espèces d’oignons , etc. : 3°. les NarcissÉES,dont l’ovaire est adhérent, amaryllis , \epan-

crace, les narcisses, la perce-neige ow galanthine , ^\k tuhéreiise , X ananas, V agace , etc, (^j5)

Les Iridées ont été aussi nommées triaires , parce que les organes de leur fructification sont disposés par trois*^ comme trois étamines ; trois stigmates ; capsule à trois loges , à trois valves j périgone à trois divisions externes et à trois internes. Elles ont une tige ordinairement comprimée, à laquelle les feuilles sont souvent parallèles par leur plan. C’est là qu’on range les iris, les ixias , les glayeids , le safran ou crocus, etc. (5^6)

Les monocotylédones épigynes ne comprennent que quatre petites familles faciles à distinguer les unes des autres par le nombre des étamines et la forme du fruit. Ainsi certains genres n’ont qu’une seule étamine , et tantôt une capsule uniloculaire, comme les orchidées (4^7) ; tantôt trois loges, comme \es drymyrrhizées (458). Les autres genres ont plus de deux étamines ; tantôt six avec un fruit à trois loges, comme les scitaminées {459), tantôt neuf étamines ou plus, et un fruit à beaucoup de loges , commé les hydrocharidées. (4Ô0)

La famille des Orchidées est composée de plantes herbacées, à fleurs disposées en épi ou en grappe, garnies chacune d’ime bractée , ordinairement de formes irrégulières et anomales. Elles sont gynandres, c’est-à-dire que les anthères sessiles sont supportées par le pistil, qui est quelquefois percé d’un stigmate sur le côté ou à la base du style; leur capsule est à trois valves, et contient des graines excessivement menues. On rapporte à cette famille les orchis , les sérapies , les ophris , \di vanille , etc. (077)

Les Balisiers ou Drymyrrhizées ont reçu ce dernier nom

de l’odeur agréable que répandent la plupart de leurs racines.

Ce sont des herbes à feuilles engainantes , dont les fleurs ont un périgone le plus souvent irrégulier, quoique composé de six pièces, mais inégales : telles sont la canne dTnde ou le balisier, le gingembre ou amomum , le zédoaire, le galanga, le curcumaA^nCi)

Deux petits genres de plantes se rapportent à la famille des Bananiers ou Scitaminées. Ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux de la famille précédente, dont ils diffèrent cependant par le nombre des étamines, et par le fruit, comme nous venons de l’indiquer. Le bananier ou le figuier d’Adam, et la strelitzia, sont encore les seules plantes connues de cette tribu. (578)

Les Hydrocharidées ou les Morrènes sont des plantes aquatiques qui fleurissent à la surface de l’eau , et chez lesquelles les organes de la fructification sont ordinairement portés sur une hampe ou sur un pédoncule isolé. La plupart se perpétuent par drageons : tantôt elles ont une capsule à six loges, comme les hydrocharis , les stratiotes ; tantôt la capsule est à une seule loge, comme dans la valisnerie. C’est à tort qu’on avoit rapproché de cette famille deux genres de plantes dicotylédones, le nénuphar et le nélombo (i). (58o)

M. de Jussieu, pour donner plus de facilité dans l’étude des plantes qui germent avec deux cotylédons, a établi des sous-classes d’après la considération des fleurs, qui sont tantôt unisexuelles, tantôt hermaphrodites, avec ou sans corolle d’un seul ou de plusieurs pétales; chacune de ces sous-classes se partage ensuite en ordres, s’il est nécessaire, d’après la con-

(1) M. Decandolle, Bulletin des Sciences , tome iii, page 73, fig. 3, n® 57.

sidération de Tinsertion des étamines , comme pour les monocotylédones (443). Cette disposition des étamines, ou ce qui revient au même, de la corolle monopétale qui supporte ces organes, et qu’on dit alors staminifère, offre trois modes d’insertion : 1°. celle dite liypogynique : dans ce cas l’ovaire est libre, et les étamines, ou la corolle, sont insérées au pourtour même de sa base; 2°. l’insertion périgynique dans laquelle les étamines, ou la corolle, sont attachées au calice, à une certaine distance de la base de l’ovaire; 3®. l’épigynique, dans laquelle l’ovaire est inférieur, et les étamines ou la corolle insérées sur son sommet.

Le tableau suivant donne une idée exacte de la méthode naturelle de Jussieu, dont nous allons continuer l’exposition.

On voit par cette table que les plantes dont les graines ont deux cotylédons, forment beaucoup plus d’ordres que les autres végétaux. En général, leurs fleurs sont hermaphrodites; il n’y

25o méthode naturelle.

a même que le quinzième ordre qui comprenne des plantes véritablement unisexuelles. Quand on rencontre, parmi les autres , quelques végétaux dans ce cas; cela provient ordinairement de l’avortement des étamines dont on retrouve presque toujours les rudimens : voilà pourquoi on a donné aux unes le nom de monoclines , ou dont les organes mâles et femelles se trouvent sur la même plante, et aux autres le nom de diclines.

Les plantes dicotylédones, à fleurs monoclines apétales et à étamines épigynes, ont le périgone d’une seule pièce, et un ovaire unique, adhérent, et à plusieurs loges; elles sont toutes comprises dans une seule famille, sous le nom à’ asaroïdes ou d’ARiSTOLOCHES ; leurs fleurs, presque toujours solitaires, sont d’une forme bizarre ; telles sont les aristoloches proprement dites, Vasaret ou cabaret, le cytinet. (58 1)

Le septième ordre, qui réunit toutes les plantes apétales, mais à fleurs monoclines et périgynes, est formé de six familles bien distinctes. Trois d’entre elles portent leurs étamines sur le sommet du calice : ce sont, i°. les éléagnées (466), qui ont en même temps Tovairb inférieur ou adhérent; la graine unique que renferme leur fruit est le plus souvent enveloppée d’un périsperine charnu ; 2°. les thymelées (467) , dont l’ovaire est libre, les étamines en nombre égal aux divisions du périgone, et la graine sans périsperme; 3°. les protées (467), dont les étamines sont le plus souvent en nombre double de celui des divisions du périgone, et l’ovaire libre. Dans les trois autres familles , les étamines sont attachées à la base du calice ; tels sont, 4°. les lauriers (467), qui sont des arbres et arbrisseaux aromatiques, dont les fleurs ont des étamines au nombre de six ou de douze : ils ont pour fruit un drupe ou une baie dont la semence n’a pas de périsperme; 5®. les polygonées (458), plantes herbacées, à base des pétioles élargie, à fleurs herma-

MÉTHODE NATURELLE. 25i

phrodîtes, dont les anthères sont marquées de quatre sillons, dont le fruit est un caryopse à périsperme très farineux ; 6". enfin , les arraches (4^8), qui sont aussi pour la plupart des herbes , ayant quelquefois des baies pour fruits , mais dont la graine est toujours recouverte par un périsperme farineux.

Les Chalefs ou Éléagnées sont des arbrisseaux à feuilles disposées en quinconce , dont le périgone , souvent d’une couleur remarquable en dedans , ressemble à un tube évasé et régulièrement découpé en deux ou cinq lobes. Ils renferment peu de genres : les uns ont cinq étamines, comme le thésion, le tiipelo et le chalef proprement dit, ou olivier de Bohême; d’autres n’en ont que trois, comme Xosjris , qui est en même temps dioïque : il en est qui en ont quatre, comme Vhippophaë ou argousier. (682)

La famille des Thymelées ou Daphnoïdes comprend aussi des arbrisseaux dont les fleurs sont le plus souvent hermaphrodites, et dont les boutons des feuilles sont recouverts d’écailles avant leur développement. Tels sont les daphnes (583), le lagetto ou bois de dentelle, la passerine , tels que le hais gentil, le lauréole , le thymelée , la gnidie. Les Protées ou protéoïdes sont des arbrisseaux étrangers, dont le feuillage est très-beau. On ne connoît que deux genres de cette famille : les protées et \Q<^hanksies. Les Lauriers ou Laurtnées, dont nous avons indi qué plus haut les caractères, ne comprennent encore que le genre laurier, et peut-être celui du museadier. (584)

Les PoLYGONÉES OU Persicaires renferment les renouées ou bistortes , les rumex , dont l’oseille et la patience sont des espèces, la rhubarbe, le raisinier, etc. (585). Les Arroches ou Chénopodêes donnent tantôt des baies, comme \e phytolacca , le rivinia, le bosea , etc.; tantôt des capsules, comme la peti-

verie, la camphrée; tantôt des semences recouvertes par le calice, comme les soudes , V épinard, la hette , la blète , \ ansérine, les arraches , la salicorne, etc. (586)

L’ordre huitième à étamines hypogynes dans des fleurs apétales et monoclines , comprend quatre familles qui toutes ont l’ovaire unique, simple, et une seule semence ou une capsule distincte du calice, qui est libre, et qui porte souvent des écailles en forme de pétales. Ce sont, i°. les amaranthacées (470); 2°. les plantaginées (47 i) J 3®. les nyctaginées (472), et Tes plombaginées, (473)

Les Amaranthacées sont des herbes à feuilles souvent accompagnées de stipules, dont les fleurs généralement petites et bisexuelles, à cinq étamines, sont ramassées et produisent des capsules à une loge ; elles comprennent les genres suivans : amaranthe, paronique , herniaire , amaranthine, cadelari.

Les Plantaginées sont aussi de nature herbacée; leurs fleurs sont le plus souvent disposées en épis ou en tête ; elles semblent être munies d’un double périgone dont l’intérieur est d’une seule pièce membraneuse , sur laquelle sont attachées les étamines au nombre de quatre : la capsule est libre; elle s’ouvre circulairement < omme une boîte à savonnette. On ii’a encore placé dans ceti famille que les trois genres pidicaire ou herbe aux puces, li Welle et plantain,

Les Nyctaginées mt reçu, à ce qu’il paroît, ce nom de l’habitude qu’ont les fleurs de la plupart des genres, de s’épanouir pendant la 11 ait. Il y a parmi elles des espèces herbacées et d’autres ligneises :.le périgone de la plupart est coloré , et ressemble d’a\itant plus à une corolle en eiitonnoii>

cjue souvent il est garni à sa base de feuilles ou de bractées qui ont l’apparence d’un calice. Le fruit est une semence nue. Toutes les plantes de cette famille sont exotiques ; mais plusieurs ont été acclimatées en Europe. On y rapporte les nyctages proprement dits ou faux jalaps, Xahronia, et d’autres encore moins connues , comme la Boerhaavîa , VAllionia , la Pisonia f etc.

Les Plombaginées ou Dentelaires sont aussi des plantes hermaphrodites dont la consistance de la tige varie. Leur périgone paroît double ; mais quoique l’intérieur, qui tient lieu de corolle, soit d’une seule pièce, les étamines n’y sont pas insérées : elles offrent une capsule non adhérente qui ne contient qu’une semence. On rapporte ici les genre dentelaire et statice,

Nous sommes arrivés presque insensiblement à l’étude des plantes monocotylédones monoclines, à corolle monopétale. Mais comme les étamines sont toujours portées par la corolle, quand celle-ci est d’une seule pièce, il faut examiner l’insertion de la corolle qui détermine celle des organes mâles. Ainsi les étamines hypogynes supposent que l’ovaire est libre, supérieur, ou dans la corolle. Presque toujours alors il est unique, et le calice ou le périgone extérieur est aussi d’une seule pièce. La plus ou moins grande régularité de la corolle ; la proportion et le nombre des étamines ; les différences que présentent les fruits, ont servi à subdiviser cet ordre en quinze fa»milles, dont nous allons d’abord indiquer les noms, pour les faire connaître ensuite avec un peu plus de détails, Les primulacées (475); 2®. les rhmanthacées (476); 3°. les acari’thacées (477) ; 4°* jasminées (4 7 8) ; 5°. les pyrénacées (479); 6®. les labiées (480); 7*^. les personnées (481); 8®. les sola^ nées (âS'i); 9°. les borraginées (483); 10°. les comolvidacées (484) ; 11°. les polémoniacées et 12®. les bignonées (485);

i3°. les gentianées (486); i4°. les apocynées i5®. les

sapotilliers. (488)

Les Primulacées ou Lysimachies sont en général des herbes à racines vivaces^ à fleurs le plus ordinairement régulières, et portées tantôt sur une hampe ou pédoncule commun et disposées comme en ombelle ; tantôt sur des pédoncules qui naissent dans l’aisselle des feuilles et sur la tige. Ces fleurs ont un calice persistant; une corolle tubulée, dont le limbe offre autant de lobes qu’elle renferme intérieurement d’étamines qui se trouvent placées au-devant de chacun d’eux : le fruit est le plus ordinairement une capsule qui s’ouvre de diverses manières. La disposition des fleurs a fait partager les genres de cette famille en deux sections : 1°. ceux à tige feuillée, comme les centenilles , le mouron à fleurs rouges ou bleues, les lysimaques, Vhottone ou plumeau , etc.; 1°. ceux à hampe , comme les primevères , oreilles d’ours ou auricules , la giroselle ou dodécathéon, le cyclamen ou pain de pourceau, Vandrosace. On a aussi rapproché de cette famille le samole , dont l’ovaire est un peu adhérent , et les globulaires , dont les fleurs en tête sont réunies par un involucre, et placées sur un réceptacle pailleux. Les espèces de ce genre auraient quelque analogie avec les dipsacées , si leur ovaire n’étoit libre; ces dernières diffèrent d’ailleurs des primulacées, parce qu’elles n’ont pas de capsules, mais une seule graine dans chaque calice.

Les Rhinanthacées , qu’on a encore nommées Pédiculaires , ont la tige le plus souvent herbacée, à feuilles simples, dont

les supérieures portent ordinairement des fleurs axillaires,

quelquefois en épis; leur corolle, presque toujours irrégulière, renferme des étamines en nombre pair, deux, quatre ou huit : le fruit est une capsule à deux loges et à deux valves. On les a partagées en deux sections : 1®. les rhinanthacées propre-

ment dites , qui ont les valves de la capsule soudées par leur nervure, comme les poljgalas , les véroniques , les euphraises , les pédiculaires , les cocrètes ou rhinanthes , les mélampyres ou blés de vache j 2°. les orobanchées , dont on a même fait une famille, parce que les valves de leur capsule sont libres. La plupart sont des plantes parasites, sans feuilles, dont les tiges sont de la couleur des fleurs, comme les orohanches ^ les hjoh an elle s , les lathrées ou clandestines. (Ô87)

Les Acanthacées ou Acanthoïdes ressemblent beaucoup aux plantes comprises dans la famille précédente, dont elles ne diffèrent essentiellement que par la cloison de leur capsule qui se trouve opposée aux valves, et qui se partage élastiquement en deux parties où l’on voit les graines retenues par des filamens crochus. Le plus souvent leurs fleurs sont opposées entre elles , ainsi que les feuilles. Elles ont ordinairement des bractées. On distingue les genres qui ont quatre étamines didynames, comme \ acanthe , la bairelière , la crustole , de ceux qui n’ont que deux étamines seulement , comme la justicie ou carmantine.

Les Jasminées sont des arbrisseaux ou des arbres qui ont le calice et la corolle en tube , disposés en corymbe ou en panicule, et deux étamines seulement j leur fruit est une capsule, un drupe ou une baie ; leurs branches et leurs feuilles sont le plus ordinairement opposées. Les genres qui ont une capsule ou une samarre (33 1) , forment un premier groupe dont on a même fait une famille sous le nom de Lilacées : tels sont le lilas , le frêne , la fontanésie. Le second groupe comprend les jasminées vraies, comme le jasmin, X olivier, le filaiia , le troène , etc., dont le fruit est un drupe ou une baie. (588)

Les Gattiliers, nommés encore Pypænacéès parce que leur fruit est une baie , semblent lier la famille précédente à celle

qui suit. Ce sont des herbes et des arbrisseaux à feuilles opposées, à fleurs en corymbe ou ‘en épis, dont les étamines sont quelquefois au nombre de deux ou de six , mais le plus souvent de quatre. La plupart des plantes de cette famille sont exotiques, à l’exception du g-af^ià’er commun et des verveines. On y range aussi les cythare xylons ou bois de guitare, les lantanas , etc.

La famille des Labiées est si naturelle, que presque tous les auteurs systématiques ont été forcés de la conserver dans leurs arrangemens. Elles correspondent aux didynames gymnospermes et aux verticillées de Linné, aux gymnotétraspermes d’Hermann. Toutes sont odorantes. Leur tige est quadrangulaire; à rameaux et à feuilles opposés ; à fleurs provenant de l’aisselle des feuilles ; à corolle irrégulière offrant cinq divisions, dont les deux supérieures, souvent réunies, sont séparées des trois autres; à quatre ou à deux étamines. Leur fruit est composé de quatre caryopses, qui n’ont qu’un style commun à stigmate fourchu. Cette famille est si nombreuse , et les genres ont tant de rapports entre eux, que pour les distinguer on a été obligé d’emprunter des caractères de peu d’importance : les divisions premières sont établies d’abord sur le nombre des étamines. Les uns, n’en ont que deux fertiles, comme le lycope , la monarde , le romarin, la sauge: les autres genres ont quatre étamines; mais tantôt la lèvre supérieure de la corolle est presque nulle , comme dans la bugle , la germandrée ; tantôt la corolle est à lobes presque égaux et les étamines sont très écartées, comme dans la sarriette, les menthes, les thyms ; tantôt la corolle est tout-à-fait à deux lèvres et le calice à cinq dents distinctes, comme dans Vhyssope , la cataire ou herbe aux chats, la lavande , le lierre terrestre ou glécomc', le lamîcr, la hétoine , le marrube , le phlomis, la molucelle, etc. î ou le calice est lui-même à deux lè-

vres , comme V origan , la mélisse , le basilic , la hriinelle , la toque J etc. (589)

Les Personnées correspondent aux fleurs en masque ou en gueule, de Tournefort (352); ce sont des plantes herbacées qui ont beaucoup de rapports avec celles de la famille précédente; mais leur fruit est une capsule à une ou deux loges; la plupart ont une odeur et une saveur désagréables. Ce groupe est encore très naturel ; mais les genres en sont moins nombreux, et se distinguent par conséquent avec plus de facilité. Les uns n’ont que deux étamines , comme Viitriculaire , la grassette ou pinguicule, la pœdérote , etc. Les autres en ont quatre; et tantôt on ne trouve à l’époque de la maturité qu’une seule loge dans la capsule, comme dans la lirnoselle^ la lindernie ^ tantôt il y a deux loges bien distinctes, comme dans les scrophulaires , les linaires , les mufliers ^ les digitales , gratioles , etc. (590)

La famille des Solanées , que Linné appeloit les Tristes ou les Blêmes, comprend des plantes qui ont une odeur désagréable et un aspect sombre. Ce sont des herbes ou des arbrisseaux dont les fleurs , ordinairement régulières , ont le plus souvent un calice à cinq divisions, cinq angles à la corolle, cinq étamines , un style unique qui se rend à une capsule ou à une baie. Ces fleurs naissent presque constamment hors des aisselles des feuilles; on les a distinguées en deux sections. Dans la première, le fruit est une capsule, comme dans la famille précédente J dont les genres diffèrent par leurs cinq étamines. Telles sont les celsies, les verhasques , bouillons ou molènes, les jusquiames, les tabacs ou nicotianes , et les datiira ou stramoines. Dans la seconde sont compris les genres dont le fruit est une baie, comme la mandragore^ Xatropa, le coqueret, les

morelles qui comprennent les tomates, les aubergines, les pommes de terre, XespimenSy et les/KCief^ ou jasminoïdes. (5g t)

Les Borraginées, Borragines ou Aspérifoliées , ont reçu ce dernier nom parce que la plupart des espèces ont les feuilles couvertes d’aspérités et de poils roides. Dans cette famille, les fleurs ont toutes leurs parties externes divisées en cinq : l’ovaire est à quatre lobes, et n’a qu’un style. Dans quelques genres, l’ouverture de la corolle est libre, comme dans le melinet y X héliotrope y la vipérine, le gré mil , \di pulmonaire ; chez d’autres, cet orifice est formé par cinq écailles, comme dans la consoude y la scorpione , la buglosse , la bourrache , la cynoglosse y la rapette. (592)

Les Liserons ou Convolvulacées, les Campanacées de Linné, dont on a trouvé des espèces dans tous les climats, ont des feuilles toujours alternes et simples, et la tige très souvent grimpante. Leurs fleurs sont en cloche, à cinq étamines alternes avec les lobes du limbe, quand il y en a ; l’ovaire est simple, surmonté d’un ou de plusieurs styles; c’est une capsule à deux ou trois loges au plus. Les graines sont osseuses avec un ombilic distinct ; on trouve dans leur intérieur des cotylédons contournés dans un périsperme mucilagineux. Il y a deux sections dans cette famille. La première comprend les genres qui n’ont qu’un seul style, comme les liserons, les ipomées ; la seconde, les genres qui ont plusieurs styles et les stigmates simples, comme les évobules , la cresse, la cmsciite. (698 )

Les PoLÉMONtAcÉEf OU les Polémoines sont, pour la plupart , des plantes étrangères qui ont beaucoup dianalogie avec celles de la précédente famille : elles en diffèrent par la capsule dont le réceptacle central porte des cloisons qui correspon-

dent, non à la suture des valves, mais avec une côte ou une arete saillante qu’elles offrent vers leur milieu : c’est là qu’on rapporte les phlox , les polémoines et le cohœa originaires du Mexique, mais cultivés dans nos jardins, à cause de la beauté de leurs fleurs. Les Bignones ou BignÔnées, qui forment la famille suivante , portent aussi de très belles fleurs , dont les corolles sont le plus souvent irrégulières, disposées en panicule, avec quatre étamines didynames et une stérile, auxquelles succède un fruit à deux loges. Les genres de ce gr oupe sont les sésames, dont une espèce fournit de l’huile aux Arabes de l’Orient, particularité déjà indiquée par Hérodote; les catalpas , les bignones , les martynias.

Les Gentianes ou Gentianées ont les feuilles opposées, le plus souvent sans pétiole et entières ; elles portent de belles fleurs, dont la corolle se sèche sans tomber : leur fruit est une capsule simple ou profondément divisée en deux lobes contenant beaucoup de graines qui ont un périsperme charnu. Les genres dont la capsule est simple, sont la gentiane, la chlora et le ménianthe , etc. : ceux dont la capsule présente deux lobes profonds, sont la spigélie etVophiorrhiza. (594)

Les Apocynées ont beaucoup de rapports avec la seconde section des Gentianées : ce sont des plantes, la plupart ligneuses, qui se contournent de droite à gauche, à l’inverse ““de la plupart des autres plantes grimpantes. Leur corolle est souvent accompagnée d’appendices particuliers de formes bizarres, Leurs semences , ordinairement couronnées par des poils, sont renfermées dans deux follicules accolés, plus gros ou plus larges dans leur partie moyenne. C’est là qu’on rapporte la pervenche , le tahcrné , le frangipanier, le laurier rose ou neriurn , les apncyns. (5g5)

Eîîfiii, la famille des Sapotilliers ou des Hilospermes ^ aiîjsi lîooimés parce qu’on observe sur leurs semences un ombilic très prononcé, comprend des arbres et des arbrisseaux exotiques dont le suc est laiteux, les feuilles simples, alternes, les fleurs petites en faisceaux, et dont les fruits sont des baies ou des drupes. On place ici les jacquiniers , les sidé^ toxylonsctM argans, les mimusopes , les chrjsophjlles , les sapo^ tl Hier s y etc. (5 96)

Le dixième ordre des familles naturelles correspond aux plantes dicotylédones, monoclines, monopétales et à étamines insérées autour du pistil; Elle ne comprend que quatre familles dont les fruits établissent très bien la distinction, cfiioiqu’ils soient toujours multiloculaires. Ainsi , dans les éhénacées (49^), les loges ne renferment qu’une semence; dans les rhodoracées (490) > elles en contiennent beaucoup attachées à un placenta central, et ces loges sont formées par les rebords rentrans des valves. Cette disposition est à peu près la meme dans les éricacées (491); mais les cloisons proviennent de la partie moyenne des valves. Enfin, dans les campamilacées (49^)» capsule s’ouvre sur le côté par des trous qui semblent avoir été ménagés exprès pendant le développement de la graine.

Les Ébénacées ou Plaqueminiers sont des arbres ou arbrisseaux pour la plupart exotiques; ils comprennent les diospyros , parmi lesquels se trouve le bois d’ébène. Les Rhodoracées ou Rosages sont aussi des arbrisseaux dont les feuilles, pendant leur développement, ont souvent leurs bords roulés en dessous, et dont les fleurs sont disposées en corymbe. Les uns ont une corolle bien évidemment monopétale, comme les kalmies y les rosages ou rhododendrons et V azalée; d’autres

ont la corolle presque polypétale, comme le rhodora , les lédons , etc. (597)

Les Bicornes ou Éricacées sont aussi des arbrisseaux à très petites feuilles, souvent opposées ou disposées en/verti'cilles :

leurs corolles se dessèchent ordinairement sur la tige, et changent peu de couleur; les anthères sont très souvent fourchues à la base. Les unes ont l’ovaire bien libre , comme les bruyères , les andromèdes , les arbousiers , autrement dits busseroles ou raisins d’ours, les pyroles ; d’autres ont l’ovaire presque adhérent, comme \ airelle ou myrtille. (^98)

Les Campanulacées sont, pour le plus grand nombre, des plantes herbacées , dont la tige renferme un suc lait^x; leurs feuilles sont simples, souvent dentelées; le calice tient à l’ovaire et fait corps avec lui, ainsi que la base des filets des étamines qui persiste après la fécondation. Les genres rangés dans cette famille se partagent en deux sections : car les uns ont les anthères distinctes et libres, comme les campanules , les raiponces^ etc.; d’autres ont les anthères réunies, comme les lobélies, les jasiones, (699)

Les ordres onzième et douzième comprennent tous les genres

de plantes à corolle monopétale insérée au-dessus du pistil ,

comme les composées et beaucoup d’autres. Or, la réunion des anthères, qui fait le caractère de la syngénésie dans le système sexuel, ayant montré une division très naturelle, M. de Jussieu a cru devoir la conserver en admettant même

la distinction de Tournefort (863) ; il n’en a cependant pas emprunté les noms, il a préféré ceux de Le Vaillant, qui sont.

I®. les chicoracées (49^) ; 2®. les cinarocéphales (49^) ? corymhifères (497)* Toutes les autres plantes analogues, mais

savoir : les dipsacées (499) ? mhiacées (5oo) , et les caprifoliacées. (5oi)

Les plantes composées sont ainsi nommées, parce que toutes leurs fleurs renferment un grand nombre de petites corolles entourées d’un calice commun , ou plutôt par des bractées qui semblent les réunir en une seule fleur. Toutes les fleurettes ou fleurons (Sad) des composées renferment cinq étamines , dont les filets naissent de la corolle, entourent le pistil, et se soudent par les anthères; l’ovaire est toujours simple; mais quelquefois le style se termine par deux stigmates : il lui succède une akène (33 1), ou graine sèche souvent surmontée d’une aigrette ou d’une houppe de soies tantôt simples, tantôt ramifiées et garnies de poils latéraux entrecroisés, très hygrométriques. La portion centrale de la fleur commune sur laquelle sont placées les graines , se nomme le réceptacle, qui est tantôt nu , tantôt garni de paillettes ou de soies.

Les Chigoracées correspondent aux semi-flosculeuses ou aux ligulées; toutes leurs fleurettes, qu’on nomme demi-jleiirons , sont hermaphrodites , tubulées et en languettes : leur réceptacle a peu d’épaisseur; la plupart offrent un suc laiteux lorsqu’elles sont jeunes , et que leurs feuilles sont alternes. Dans le plus grand nombre des espèces les fleurs s’épanouissent le matin et se ferment vers midi. Il y a beaucoup de genres compris dans cette famille ; on les distingue entre eux d’après diverses considérations. Les uns ont le réceptacle nu, et les semences tantôt nues ou sans aigrettes, comme la lampsane , la rhagadiole ; tantôt avec une aigrette, soit simple , comme dans la chondrille , la laitue , le laitron, V épervière , la crépide y \e pissenlit ; soit plumeuse, comme le liondentj la scorsonère y le salsifis. Les autres genres ont un réceptacle pailieux ou soyeux , et des aigrettes simples ou plumeuses , comme la eu-

pidone ou catananche , la chicorée , le scolyrne , le géropogon , Vandriala , etc. (600)

Les CiNAROcÉPHALES, autrement capitées ou fleurs en tête , ont toutes les fleurs flosculeuses , c’est-à-dire composées de fleu- 'rettes tubulées et non en languettes. La plupart sont hermaphrodites : il en est cependant quelques unes qui sont neutres ou femelles , la plupart ont un réceptacle pailleux ou velu ; les semences sont couronnées d’une aigrette sessile de poils simples ou plumeux ; leurs feuilles, toujours alternes, sont souvent épineuses. Les genres de cette famille ont souvent les écailles du calice ou les bractées épineuses. Ceux-là forment une section; tels sont ceux dont les noms suivent : atractylis , cnicus J carthame y carline , cardon ou artichaut, onoporde , chardon , cirsium , bardane , chaussetrape ; une seconde section comprend les genres qui n’ont pas le calice épineux : tels sont les jacées , les hluets , les centaurées , les scrratules ; enfin, dans une troisième section , sont comprises quelques cinarocéphales anomales , qui ont les fleurs en tête , et dont chaque fleur a un petit involucre particulier : tels sont Véchinops , le sphé~ ranthe , la gondélie. (601)

Les CoRYMBiFÈRES, Discoïdées ou Radiées (602), ont reçu ces trois noms successivement pour indiquer leurs manières d’être. Toutes, en effet, ont les fleurs disposées en corymbe, dans lesquelles le disque ou le centre est souvent moins élevé que la circonférence , dont les corolles en languettes représentent des rayons ; mais leur principal caractère réside dans la disposition des fleurs, tel que le nom de coryjnbifères l’indique. Cette famille nombreuse offre deux divisions : les genres

à réceptacle nu, à semences aigrettées, à fleurs flosculeuses, soit qu’ils aient les écailles du calice luisantes ou membraneuses, comme \e^ filages , le argyrocomes , les antennaires ;

soit que ces écailles ne soient pas luisantes , comme les caca-' lies , les eupatoires , les conyses , les tussilages , les séneçons , les cinéraires , les chrysocomes , etc. 2°. Les genres à réceptacle pailleux, à semences presque nues, à écailles du calice très souvent membraneuses, soit qu’ils n’aient que des fleurs flosculeuses , comme les genres gnaphalium , xeranthemum , tanaisie , armoise y santoline , athanasie ; soit qu’ils aient des fleurs radiées, comme la camomille , la mille-feuille , les huphîh aimes y les zinnies , les hélianthes y les hellides y pâquerettes ou marguerites y les chrysanthèmes, les asters, entr’autres celui de la Chine, vulgairement nommé reine-marguerite, dont les fleurs doubles n’ont été connues en France qu’en T772, où cette variété a été obtenue de semences dans les jardins de Trianon, etc. (602)

Les autres plantes monopétales à corolle épigyne et à anthères distinctes, ont toutes un calice particulier; souvent elles sont agrégées ou rassemblées en tête dans une sorte de faux calice commun, formé par des feuilles florales. Les unes n’ont qu’une seule semence couronnée par le calice intérieur qui persiste après la fécondation , et les feuilles de celles-ci sont toujours opposées : telles sont les dipsacées. D’autres ont deux semences à nu, ou plusieurs renfermées dans un péricarpe; celles-là ont tantôt la corolle tubulée, les feuilles verticillées ou opposées, réunies par des stipules; ce sont les ruhiacées (5oo) : tantôt la corolle fendue très profondément, presque polypétale , et ces plantes n’ont jamais les feuilles garnies de stipules : ce sont les caprifoliacées. (5oi)

Les Dipsacées ou Agrégées ont beaucoup d’analogie avec les plantes composées : elles ont, comme elles, les fleurs portées sur un réceptacle commun , ordinairement couvert de paillettes. C’est une famille peu nombreuse , composée des

genres cardère ou chardon à bonnetier, à foulon, scahieuse et knautie (6o3). On en a rapproché les valéiianes , dont quelques auteurs ont fait une famille à part. Leurs fleurs, toujours distinctes, sont le plus souvent disposées en panicule ou en corvmbe. Le nombre de leurs étamines varie, et leur fruit est une capsule qui ressemble à une graine nue : on en a fait même plusieurs genres sous le nom de valérianelle ou mâche , de fedia , de centranthe.

Les Rubiacées, les Étoilées ou Aparines forment une très grande famille, dont les genres sont la plupart exotiques. Les unes sont des herbes à tiges anguleuses, noueuses, à feuilles disposées en couronne autour des articulations , le plus souvent rudes au toucher, toujours entières, linéaires ou ovales ; leur fruit est composé de deux graines accolées et enveloppées pm’ une tunique sèche : celles-ci sont Européennes. Les genres étrangers, au contraire, ont pour la plupart la tige ligneuse; les feuilles opposées deux à deux, souvent avec des stipules : leur fruit est le plus généralement une baie à deux loges. C’est à la première division qu’appartiennent les genres aspérule, gaillet , crucianelle , valantie , garance; on rapporte à la seconde les quinquinas , les génipajers , les gardénies , les psychotrias, les cafeyers ^ et plus de trente autres genres. (604)

La famille des Chèvrefeuilles ou Caprifoliacées, semble faire le passage naturel des plantes monopétales à celles dont la corolle est composée de plusieurs pièces; ce sont, pour la plupart, des arbrisseaux à feuilles opposées, quelquefois sessiles et engainantes, ou comme perfoliées, c’est-à-dire percées d’outre en outre. Leurs fleurs sont quelquefois composées de pétales si profondément divisés qu’ils ne tiennent plus ensemble lorsqu’on les sépare du calice qui adhère à l’ovaire, et qui se change en une baie ou une capsule. Cette famille , peu

nombreuse , est cependant divisée en quatre sections. La première comprend les genres qui ont un calice entouré de bractées , la corolle d’une seule pièce et un seul style , tels que la Linné e , les chèvrëfeuilles , qu’on a distingués en plusieurs sousgenres , suivant le nombre de leurs baies et celui de leurs loges ; la deuxième réunit les genres qui , avec des bractées au calice et un style unique, ont une corolle presque polypétale, comme le loranthus y le le rhizophore ou palétuvier ; la troisième rapproche les genres qui, ayant aussi des bractées et la corolle monopétale, offrent trois stigmates, comme les viornes, les sureaux, V hortensia que d’autres auteurs ont laissé parmi les saxifrages (526); la quatrième, enfin, est composée de ceux qui ont le calice simple, un seul style et la corolle presque polypétale, comme les cornouillers , les lierres. (6o5)

‘'Les plantes dicotylédones, à fleurs monoclines et polypétales, qui constituent une des grandes divisions de la méthode naturelle, se partagent, comme nous l’avons vu (462) , en trois grands ordres, suivant l’insertion de leurs étamines au-dessus , au-dessous , ou autour du pistil. Les épigynes , quoique en très grand nombre , ne sont rapportées qu’à deux familles, dont l’une même ne renferme que les genres qui ont les fruits dans une capsule ou dans une baie : telles sont les araliacées , qui ne comprennent encore que les genres aralia et genseng ou panax , tous deux exotiques , et dont les fleurs ont plusieurs styles. L’autre famille porte le nom iVombellifères.

Les Ombelles ou Ombellifères ont reçu ce nom delà disposition de leurs fleurs en ombelle. La plupart sont des herbes qui mettent deux années à se développer. Leur tige est ordinairement cannelée, fistuleuse ou remplie d’un tissu lâche, cotonneux. Les fleurs sont le plus souvent hermaphrodites, à

cinq étamines, à cinq pétales ; leur fruit est composé de deux akènes (33 1) réunies. On distingue les ombelles en simples, quand les pédicelles ou les pédoncules particuliers ne se subdivisent pas et ne portent qu’une seule fleur; et en composées, quand chaque pédoncule primitif, qui provient de l’irradiation générale, se subdivise lui-méme en ombelles secondaires, qu’on nomme alors ombelliiles. Souvent, au point de départ des pédicelles, il se trouve des feuilles florales ou bractées, dont l’ensemble se^ nomme collerette ou involucre. Quand cetîe collerette se reproduit au-dessous de l’ombellule, on la nomme involucelle.

On a établi parmi les ombellifères des divisions ou sections artificielles, pour se recormoître dans le grand nombre de genres que cette famille renferme; et quoique la marche qu’on a employée éloigne des végétaux très rapprochés par leur ressemblance, elle est commode pour l’étude. Ainsi, 1°. il y a des ombellifères dont les divisions ne sont jamais garnies de collerettes à leur base : tels sont les genres houcage , carci , persil y fenouil y panais ; 2®. d’autres ont des ombelles nues; mais les mvolucelles existent à la base des ombellules, comme le séséli , Vimpératoire , le cerfeuil, la coriandre, la phellandrie. 3°. On trouve des collerettes et des involucelles dans les genres suivans : œnanthe, cumin, herle ou sion, angélique, livéche, laser, férule , ciguë , carotte , caucalide , buplèvre ; 4®. enfin on a placé parmi les ombellifères anomales ou fausses, des genres dont les fleurs paroissent être réunies en tète, quoiqu’en effet elles partent d’un point central , et qu’elles aient d’ailleurs les autres caractères de la famille. On compte parmi celles-ci les echi- Twphores , les astrances , les sanicles , les panicauts , etc. (606)

Les dicotylédones monoclines polypétales, à étamines situées au-dessous de l’ovaire, sont en très grand nombre, et forment

a68 MÉTHODE NATURELLE.

l’ordre qui comprend le plus de familles ; car on en a fait vingtdeux dont nous allons d’abord indiquer les noms : i°. les renoncalacées \ 2°. les papavéracées (507); 3*’. les cruci-

fères (5o8); 4°- ifîs capparidées et 5^. les saponacées (Boq); 6°. les érables et les 7nalpighiacées (^^ 10) S° . les hjpéricées et 9°. les guttiers (5ii); io°- les hespéridées (5 12); 11®. les méliacées (5i3); 12°. les vinifères (5 14); i3®. les géraniées (5i5) ; 14°. les malvacées (5 16) ; i5°. les tulipifères et 16®. les gtyptospermées (517); 17®. les ménispermées et 18°. les berbéridées 19*^. les tiliacées (5 19) 5 20°. les cistes et 21°. les

rutacées (620); 22°. les carjophy liées. (52 1)

La famille des Renoncules ou des Renonculacées, offre une corolle régulière, le plus ordinairement composée de quatre pétales au moins. Leurs étamines, le plus souvent au-dessus de vingt, sont insérées sur le réceptacle, et ne tiennent ni au calice ni à la corolle. Les ovaires sont ordinairement en grand nombre. La plupart sont herbacées, à feuilles alternes, souvent découpées, comme engainantes, mais sans stipules. On a partagé les genres de cette famille en quatre sous-divisions. La première comprend ceux qui ont beaucoup de capsules, dont chacune ne contient qu’une seule semence, et ne s’ouvre pas; de sorte que les graines paroissent nues , comme les clématites , les pigamons, les anémones, les adonis, lesrenoncules. La seconde renferme les genres dont les capsules , réunies aussi en grand nombre , contiennent chacune plusieurs semences , et s’ouvrent du côté intérieur par une fente longitudinale. Leurs pétales sont souvent irréguliers; tels sont les hellébores, les nigelle s , les garidelle s , les ancolies , les dauphinelles , les aconits, h. la troisième section appartiennent les genres qui offrent les mêmes fruits que les précédens, mais dont les pétales sont réguliers, comme les populages ou caltha, les pivoines , les cimicifuges , etc. Enfin , dans la quatrième section, on a rangé V actée „

le podophylle, lesquels n’ont qu’un ovaire simple qui se change en une baie à plusieurs loges. (607)

Les Papâvéracées ont le plus souvent un calice caduc , composé de deux pièces seulement. Leur corolle est formée par quatre pétales. Elles n’ont qu’un seul ovaire sans style, qui se change en une capsule à une seule loge. Leurs feuilles sont alternes, et presque toutes ont un suc propre, coloré en jaune ou en blanc. Les unes ont des étamines en très grand nombre, comme les nénuphars , les pavots , les chélidoines ; d’autres ont les étamines en nombre déterminé , le plus souvent au-dessous de six, comme V hypécoüm , les corydales , les fumeterres. (608)

Les Crucifères, ou les Cruciformes de Tournefort (354)? ont toujours quatre pétales disposés en croix, le calice de quatre pièces, six étamines tétradynames, l’ovaire simple se changeant en silique ou en silicule (33o) , les tiges herbacées, les feuilles alternes. La division établie par Linné (386) est très commode pour distinguer les genres de cette nombreuse famille. Ainsi, parmi les siliqueux, les uns offrent une sorte de languette ou de corne à l’extrémité du fruit , comme les radis ou raiforts, les moutardes ou senevés, les roquettes; les autres n’ont pas de languette à l’extrémité de la silique, ou cette corne est très courte : tels sont les choux , les juliennes ^ les giroflées , les vélars , les sisymbres , les arahettes, les cardamines^ etc. Les genres qui ont des silicules sont les lunaires , les lunetières , les peltaîres , les alyssons , les draves , les cransons ou cochléaires, les ibérides , les passerages , les tabourets ou thlaspis, les camelines , les bunies^ les crambès et les pastels au guèdes. ^609)

Les Câpriers ou Capparidées sont des herbes ou des arbrisseaux dont les fleurs sont composées d’un calice à plusieurs

folioles, de quatre à cinq pétales, d’étamines nombreuses, d’un ovaire simple porté sur un pédicelle allongé , qui se change en une silique ou en une baie à une seule loge, et dans la pulpe de laquelle les graines sont logées. Cette famille comprend les cléomées y les câpriers , et quelques genres qui paroissent voisins de ceux-ci , comme les résédas , les parnassies, les rossolis y la dionée ou attrape-mouche (fil o). Les Savoniers ou Saponacées sont des arbres ou des arbrisseaux exotiques, à feuilles alternes ; à fleurs presque semblables à celles des câpriers; le plus souvent à huit étamines; à ovaire sessile, auquel succède un drupe ou une capsule , dont les divisions ou loges ne comprennent chacune qu’une semence: tels sont les cardiospermes y les savoniers y les euphories y les melicoccas.

Les deux familles comprises sous les noms d’ÉRABLES et de Malpighiacées ont entre elles les plus grands rapports; ce sont des arbres et des arbrisseaux à calices d’une seule pièce , souvent à cinq divisions profondes, qui persistent après la chute de la corolle, composée de cinq pétales. Les étamines sont distinctes , et il y a deux stigmates au plus dans la première famille; elles sont monadelphes, et il y a trois stigmates dans la seconde , qui contient les genres hanisteria y triopteris , malpighia. C’est à la première famille qu’on rapporte les érables y le marronnier d’Inde et le pavia. (6ii)

La famille des Millepertuis ou Hypéricées est composée de plantes herbacées ou de sous-arbrisseaux à feuilles simples, opposées, ponctuées ou remplies de petites vésicules à demi transparentes , que l’on voit de part en part lorsqu’on les observe à contre-jour, et qui ont les fleurs de couleur jaune, en corymbe , composées de quatre à cinq pièces pour le calice et la corolle; les étamines sont polyadelphiques (38o), l’ovaire est simple, à plusieurs styles; tels sont les genres androsème ,

millepertuis. Les Guttiers ou Giittifères sont des arbres et arbustes exotiques, dont presque toutes les espèces fournissent un suc gommeux ou résineux, lorsqu’elles sont vivantes et qu’on incise leurs racines, leur tronc ou leurs branches. Ils ont ordinairement quatre pétales, un grand nombre d’étamines et un ovaire simple , qui donne une capsule à une seule loge. Les uns n’ont pas de style du tout; tels sont les mangoustans , la clusia , les grias : d’autres ont un style distinct, comme le mainmea , le mesua ^ le calophyllum , etc.

Les Hespéridées sont la famille à laquelle appartiennent les citronniers. Leur tige est toujours ligneuse, leurs feuilles alternes, d’un beau vert, souvent ponctuées ou vésiculeuses ; leurs fleurs hermaphrodites, odorantes, à ovaire simple, auquel succède un fruit mou, à une ou plusieurs loges. Les genres qui n’ont qu’une seule semence dans le fruit , et les feuilles non ponctuées, sont \eximenia , Vheisteria ou bois de perdrix. Ceux à fruit contenant plusieurs semences, et à feuilles parsemées de points transparens, sont le citronnier, le limonier, le cookia ou wampi. Enfin, le qui a pour fruit une capsule à plusieurs loges, et les feuilles non ponctuées. (6i2t)

Les Méliacées comprennent aussi des arbres et des arbrisseaux étrangers, agréables et utiles, remarquables par leurs fleurs à étamines monadelphes', dont les anthères sont placées au sommet ou sur la face interne du tube que forment les filets par leur réunion. La corolle est composée de quatre ou cinq grands pétales; l’ovaire est simple; il lui succède une baie ou une capsule. Les uns ont les feuilles simples , comme les canneliers , Vaitonie; d’autres ont les feuilles composées, tels que le sandoricum ouhantol,le melia ou diièàsiVâ.ch ,Vaquilicia. On a rapproché de cette famille le swietenia et le cedrela.

Les ViNiFÈREs ou Sarmentacées sont des arbrisseaux grimpans, à feuilles alternes, garnies de stipules; à l’opposé de ces feuilles naissent les grappes et les vrilles, qui paroissent être

des pédoncules avortés. Leurs fleurs sont hermaphrodites , à quatre ou six pétales et autant d’étamines; l’ovaire est simple, le style unique. Le fruit est une baie, les graines sont des nucules osseuses : tels sont la vigne , le cissiis. (6ï3)

La famille des G^raniées a reçu ce nom du genre des géranions , dont les semences sont disposées de manière à former une pointe, qui les a fait comparer au bec d’une grue. Les feuilles varient beaucoup par la disposition et la forme; elles sont garnies de stipules. Les pédoncules portent souvent plusieurs fleurs qui naissent à Fopposite des feuilles alternes, et dans leur aisselle lorsqu’elles sont opposées. Leur corolle est formée de cinq pétales, souvent inégaux; il y a de cinq à dix étamines, le plus souvent soudées par les filets. Les genres compris dans cette famille sont les érodions et les gér unions ; on en a rapproché la capucine , X impatiente ou balsamine, et Xoxalide ou alléluia : ces trois genres de plantes offrent d’ailleurs beaucoup de caractères différens de ceux de la famille. (614)

Les Malv ÂGÉES ou les Mauves nous offrent des plantes herbacées, des arbres et des arbrisseaux quelquefois dans le même genre. On les reconnoît aisément à leur calice et à leur corolle qui sont simples ou doubles et de cinq pièces; à leurs étamines monadelphes , et à leur fruit simple , composé de plusieurs loges ou de plusieurs capsules. Leurs feuilles sont le plus souvent simples, alternes. Les genres nombreux de cette famille forment deux sections. Les uns ont le fruit composé de plusieurs capsules, comme le malope , la mauve ^ la guimauve ^ la lavatère, , la sida , la stégie ; d’autres ont le fruit simple, mais à plusieurs

loges, tels que les anodas, \es solandra , les hibisques, les cotonniers ^ les fromagers ou bombas, Adansonia ou baobab,. les cacaoyers ou cacaotiers qui ont reçu le nom grec de theobroma, etc., etc. (61 5)

Les Tulipiers, Magnoliers ou Tulipifères, forment une famille d’arbres et d’arbrisseaux dont les fleurs solitaires sont grandes, belles et odorantes; leurs feuilles -sont alternes, avec des stipules caduques qui protègent seulement le bourgeon. Les fleurs, dont les étamines varient pour le nombre, ont toujours plusieurs ovaires ; tels sont les genres euriandra , badiane , magnolier, tulipier (616). Les Glyptospermes ou Anonées sont aussi des arbres ou arbrisseaux étrangers, qui ont reçu ce premier nom parce que leurs semences sont sillonnées en travers; leurs feuilles alternes n’ont pas de stipules ; leurs fleurs sont composées d’un calice à trois lobes, d’une corolle à six pétales, dont trois internes plus petits; les étamines sont nombreuses , ainsi que les ovaires qui donnent des capsules ou des baies ; tels sont les trois genres anone, iwaire et xyiopie. (617)

Les Méwispermées ont pris ce nom de la ressemblance de leur fruit avec un croissant. Ce sont encore des plantes exotiques et ligneuses, ordinairement contournées ou grimpantes, à feuilles alternes non stipulées, à petites fleurs axillaires, souvent unisexuelles par avortement, et disposées en grappe ou en épi. Le genre hardizabala a des baies, celui des ménispermes a des drupes : ce sont les deux seuls que renferme cette famille (617). Les Berbéridées ou vinettiers sont des plantes herbacées ou ligneuses, dont le principal caractère consiste dans l’insertion des anthères sur leurs filets, par la surface externe, en ce qu’elles s’ouvrent de la base au sommet. On range dans cette famille les vinettiers les léontices, les épimédium et Vhamamelis.

La famille des Tilleuls, ou des Tiliacéës, n’offre qu’un seul genre européen j tous les autres sont, comme celui-là, des arbres à écorce souple , fibreuse , à feuilles alternes stipulées; leurs fleurs sont le plus ordinairement hermaphrodites, les étamines nombreuses Ou monadelphes; le fruit est une baie ou une capsule. Les genres monadelphes sont la waltheria , V hermannia ; ceux à étamines libres sont le corchorus ou corète, Xhéliocarpos , le lappulier ou triiimfetta, la sparmanuia , \r sloannea , le muitingia ou bois de soie, le tilleul. On a aussi réuni à cette famille plusieurs genres qui ont avec elle quelques analogies , comme le hixa qui donne le roucou. (617)

Les Cistes ou Cistoïdes sont des plantes ligneuses ou herbacées, à feuilles simples, très souvent opposées; à fleurs grandes , disposées en grappes ou en corymbes , mais de peu de durée; à cinq pétales; à cinq pièces au calice; à étamines nombreuses ; à ovaire simple, formant une capsule. Tels sont les cistes y les hélianthèmes (618). On en a rapproché les violettes , dont la corolle est irrégulière, les étamines syngénésiques, au nombre de cinq seulement. Les Rues ou RutacÉes ont dix étamines et un fruit multiloculaire; elles ressemblent d’ailleurs à la famille précédente : les unes ont des stipules , comme les herses, \c, fagonia, le zygophyllum , le gayac , le mélianthe ; d’autres n’ont pas de stipules, comme la rue , X^ifraxinelle.

Enfin, la dernière famille de cet ordre nombreux est celle des OEillets, ou Caryophyllées de Tournefort (aSà). Elle com- ' prend des herbes à tiges arrondies, ramifiées; à feuilles le plus souvent opposées, simples et non dentées; à fleurs axillaires, quelquefois terminales. Celles-ci ont un calice persistant, d’une seule pièce ; une corolle composée de pétales à longs

onglets, et correspondant, pour le nombre, aux dentelures du calice ; les étamines le plus souvent au nombre de dix ; un ovaire simple, formant une capsule. On a" établi dans cette famille quatre divisions. La première comprend les genres qui ont le calice divisé, et trois étamines seulement, comme Vortegia, Vholosteum, le mollugo , la minuartia; la seconde, ceux qui ont quatre étamines, comme la bufonie , la sagine ; la troisième , ceux qui en ont cinq ou huit , comme la morgeline , autrement dite mouron blanc ou des oiseaux, la moerhingie , Vélatine; enfin, dans la quatrième section, sont compris les genres vraiment décandriques, comme la spargoutte , le céraiste , la sabline ou arénaire , la stellaire, \2i gypsophile , la savonière ou saponaire, \ œillet, \q silène , le carnillet , la lampette , la nielle. Le lin en a été rapproché, quoiqu’il n’ait que cinq étamines. (619)

L’ordre quinzième, qui correspond aux plantes à deux lobes , dont les fleurs, à plusieurs pétales, sont le plus souvent hermaphrodites , ou du moins portées par la meme plante , et dont les étamines sont insérées autour du pistil , comprend tous les végétaux dont le calice est d’une seule pièce, ordinairement découpé sur les bords ; leur corolle est le plus souvent composée de plusieurs pétales qui ne portent pas les étamines, et leur ovaire est tantôt libre, tantôt adhérent. Treize familles sont rapportées à cet ordre ; savoir , les portulacées (523) , les jîcoïdées et les crassulacées (524-520) , les saxi~ fragées et les cactiers (526-627) , les salicariées (528), les onagraires (629), les myrtes et les mélastomées (53o-53i), les rosacées (532), les légumineuses (533) , les térébinthacées (534), enfin, les frangulacées. (535)

La famille des Portulacées ou des Pourpiers réunit des herbes et des sous-arbrisseaux à feuilles souvent épaisses et

succulentes, munies de stipules ou de poils axillaires; leur fruit est une capsule libre , à une ou plusieurs loges. Les genres dont la capsule n’a qu’une seule loge sont le pourpier, la inontie , la corrigiole , la gnavelle ou scléranthe , le télèphe. Ceux dont le fruit contient plusieurs loges sont la trianthème , la Linnée , le gisek. On a rapproché de cette famille les tama~ riscs , très jolis arbrisseaux à feuilles petites, placées en recouvrement les unes sur les autres , et dont les fleurs sont disposées en épis ou en panicules.

Les Ficoïdées et les Crassulacées ou succulentes , que l’on comprend ordinairement sous le nom de plantes grasses, ont entre elles les plus grands rapports par la nature de leurs feuilles, qui sont épaisses et charnues. Les premières ont des fleurs garnies d’un grand nombre de pétales étroits qui leur donnent quelque ressemblance avec les chicoracées. Leur fruit est une capsule à plusieurs loges; les unes ont l’ovaire libre, comme la Réaumuria , Vaizoon, la glinole; d’autres ont l’ovaire adhérent: telles sont les ficoïdes ou mésembryan thèmes, la téti'agonie. (620)

Les Crassulacées ont moins de pétales; leur nombre, ainsi que celui des étamines et des ovaires, correspond aux divisions du calice; quelquefois cependant il est double. On place ici la tillœa , les cras suies , les cotylédons, la rhodiole , les sédons ou orpins , les joubarbes.

Les Saxifrages, ou Saxifragées, n’ont pas toutes les feuilles charnues : ce sont des herbes et des arbrisseaux dont le principal caractère consiste dans deux cornes produites sur l’ovaire par le dessèchement et le racornissement des styles. Les unes ont une corolle dont les pétales sont tout-à-fait séparés, comme les saxifrages , les tiarelles , les heuchères ;

d’autres ont la corolle polypétale , comme les hydrangea , les hortensia, les tanrouges , etc. On a aussi rapproché de cette famille la donne , la moscatelle , qui n’ont pas de corolle.

Les Cierges, Cagtiers,Nopalées ouCactoïdes, ont les formes les plus singulières et les plus variées, leurs tiges charnues, succulentes. Cette famille ne comprend qu’un seul genre dont les espèces, dépourvues de feuilles, sont ordinairement munies de faisceaux d’épines; dont les fleurs sont solitaires et les fruits pulpeux. On a divisé les cactiers en plusieurs sous-genres ou tribus; les uns ont leurs tiges courtes, renflées: on les a nommés mamillaires , sphéro-, mélo-, échino-cactiers; d’autres sont appelés cierges quand leur tige est droite et se soutient seule , ou serpentins quand leur tige est volubile ou tramante. On a appelé phyllanthes les espèces dont les tiges sont comprimées, semblables à des feuilles , comme les nopals. On a rapproché des cactiers le genre groseillier, qui n’a que cinq étamines , cinq pétales , un calice à cinq divisions.

La famille des Salicaires, Salicariées ou Galycanthèmes , comprend des herbes et des sous-arbrisseaux à fleurs hermaphrodites, à calices persistans, d’une seule pièce, qui portent les pétales dans l’intervalle de leurs lobes , ainsi que les étamines, dont le nombre est égal ou double; leur fruit est une capsule non adhérente au calice. Tels sont la salicaire , le glaux , la henné ou Lawsonia, la suff rénie , la péplide , la cornifle ou cératophylle.

Les Onagraires ou Épilobiennes sont des herbes qui ont beaucoup de rapport avec les plantes de la précédente famille ; mais leur ovaire est adhérent. Les unes en ont plusieurs, comme le volant d'eau ou miriophyllum ; d’autres n’en ont qu’un seul, comme la circéc , la macro, Visnardc, V onagre,

Vépilobe , la Jussiée ; on a aussi regardé comnae ayant quelques affinités avec cette famille, d’une part, la les pesses;

et d’une autre, la Fiisehia.

La famille des Myrtes, ou Myrtoïdes, est composée d’arbres et d’arbrisseaux la plupart étrangers, mais dont on cub tive plusieurs espèces dans nos jardins, à cause du parfum agréable que répandent leurs fleurs. Tous ont les feuilles et les rameaux opposés; ces feuilles sont simples, sans stipules, quelquefois vésiculeuses ; le ur calice est d’une seule pièce, collé à l’ovaire; il porte les pétales et les étamines qui sont nombreuses : tels sont les cmgolans , les eucafyptes ^ les mélaleucas ^ les métrosidéros , les leptospermes , les syringas ^ les myrtes ^ les jamhoisiers y \es girofliers y les grenadiers. (621)

Le petit groupe des Mélastomées semble tenir le milieu entre les cierges, dont ces plantes diffèrent par leurs pétales au nombre de quatre ou de cinq , et les saiicariées dont elles se distinguent par leur ovaire adhérent. On n’a encore inscrit ici que les genres mélastome et oshekie,

Les Rosacées sont ainsi nommées à cause de l’analogie ^ue la plupart des genres présentent avec les rosiers : ce sont des plantes ligneuses ou herbacées , à calice persistant et à limbe toujours divisé en lobes, dont le nombre est le même ou de la moitié de celui des pétales. On voit le plus souvent cinq pétales adhérens au calice, ainsi que les étamines, lesquelles sont ordinairement au-delà de vingt. Cette famille nombreuse a été divisée en six sections : savoir, les pomacées, dont l’ovaire est simple , adhérent , à plusieurs styles , et dont le fruit est une pomme à plusieurs loges, couronné par le calice. Tels sont les genres pommier, poirier, coignassier, néflier, alisier, sorbier ou cormier; 2°. les rosiers, dont le fruit est un péri-

MÉTHODE T^ATÜRELLE. 279

carpe formé par le calice renflé et resserré à son orifice , par lequel pénètrent un grand nombre de styles correspondans à chaque semence : tel est le genre rosier ; 3°. les agrimoniées à ovaires en petit nombre, cachés par le calice, à fleurs souvent sans pétales et unisexuelles : tels sont la pimprenelle , la sanguisorbey Vaigremoine, V alchimille , le percepier; 4®- les dryadées à ovaires nombreux, portés à nu par un réceptacle commun: tels sont la tormentille , la potentille , le fraisier, la heîioîte , la dryade , la ronce; 5®. les ulmaires ou reines des prés , dont les ovaires sont libres aussi, mais en petit nombre, et forment de petites capsules, comme les spirées ; 6°. enfin les drupacées ou amygdalées , dont le fruit est un drupe (33o) , comme le chrysohalane , les cerisiers ou pruniers , les abricotiers, les amandiers ou Xas pêchers, (622)

Les plantes de la famille des Li^gumineuses ou Papilionacées de Tournefort , ont reçu ces deux noms par rapport à la disposition de leurs fruits et de leurs fleurs (36o); la plupart des espèces correspondent aux diadeîphiques de Linné (38o). Comme nous avons déjà indiqué, dans les deux paragraphes cidessus, la disposition de ces plantes, nous ne ferons connaître ici que leurs subdivisions. 1°. Les genres qui ont la corolle presque régulière, les étamines distinctes, les gousses ou légumes à cloisons transversales ou à loges contenant chacune une graine, sont les mimoses , les gleditsia , les casses, les schotia; 2®. les genres qui, ayant à peu près les mêmes fleurs, n'ont qu’une seule loge dans la gousse, tels que le ben ou moringa, le campêche , le bonduc , le courbarü, la Bauhinie; 3^. les vraies légumineuses à corolle irrégulière, à légume uniloculaire , à étamines distinctes , comme le cercis ou gaînier, Vanagyris ou bois puant, le sophora; les genres qui, avec le caractère de la division précédente , ont les étamines diadelphes ou monadelphes, tels que les ajoncs , les genêts ^ les

a8o MÉTHODE NATURELLE.

cytises y les crotallaires y les lupins , butanes , les arachides ,

les vulnéraires y les psoralea , les trèfles y les luzernes y les fénugrecs y les lotiers y les doliques , les haricots y les robiniers , les astragales y les baguenaudiers y les réglisses, les indigotiers; 5”. les vraies légumineuses, dont les pétioles communs sont terminés par une vrille , comme les gesses , les pois , les orobes y les vesces , les lentilles, les chiches , autrement dits garvanches ou cicéroles ; 6“. les genres dont les gousses ou légumes offrent des articulations bien distinctes dans chacune desquelles on trouve une semence, comme la scorpioïde, Vornithopus , V hippocrépide y la coronille , le sainfoin, etc., etc. (623)

Les Térébint.hacées sont des arbres aromatiques, résineux, qui fournissent, par l’incision de leurs troncs ou de leurs branches , des gommes résines ou des baumes : la plupart des espèces sont étrangères; leurs feuilles sont alternes, sans stipules, ordinairement ternées ou ailées; leurs fruits varient beaucoup. Les unes ont l’ovaire simple, libre, et leur fruit ne contient qu’une semence unique, comme Y acajou , Y anacarde y le manguier, le sumac; d’autres ont un fruit à plusieurs loges, comme la camélée , le baumier ou amyris, les térébinthes ou pistachiers , le tolufère ; enfin il en est dont l’ovaire est adhérent j comme \e noyer, qui est en même temps monoïque et porte un drupe. (624)

La famille des Frangulacées, qu’on a aussi nommée Nerpruns ou Rhamnoïdes, comprend des arbrisseaux à feuilles simples, garnies de stipules; à fleurs petites , complètes pour l’ordinaire; à étamines en même nombre que les pétales; à ovaire libre, entouré par le centre du calice, qui se change en une baie ou en une capsule. Les genres qui ont une capsule et les étamines alternes avec les pétales, sont le nez-coupé ou staphylée y le fusain, la polycardie , le célastre. Ceux qui

ont aussi les étamines alternes, mais dont le fruit est une baie ou un drupe, sont la myginde ^ la cassine , le houx , \apalachine : les genres dont les étamines sont opposées aux pétales, ont tantôt un drupe, comme les nerpruns ^ tels que les alaternes y les bourdaines ou hourgènes , les jujubiers, les paliures ; tantôt un fruit à trois coques, comme la collétie , le céanothe , la philica. Enfin , on a rapproché de cette famille Vaucuba, la plectronia, etc. (626)

Le dernier ordre de la Méthode naturelle renferme les plantes à deux lobes, à étamines séparées du pistil, avec un seul ou sans périgone ; leur ovaire est ordinairement libre. On l’a partagé en cinq familles : savoir, 1°. les cucurbitacées (537), qui ont une baie à écorce solide; \es euphor-^ biacées (538), dont le fruit est formé de deux ou plusieurs coques accolées; 3®. les urticées (539), dont les semences sont à nu ou couvertes seulement par le calice; 4^* les amentacées (540) , dont les fleurs sont en chatons; 5°. enfin les conifères (541), dont les fruits sont des cônes et les feuilles touiours vertes.

La famille des Cucurbitacées , ou Bryones, renferme des plantes herbacées, grimpantes ou rampantes, à tiges rudes au toucher; à feuilles alternes, pétiolées, lobées; à vrilles axillaires, ainsi que les fleurs, qui sont rarement hermaphrodites, quelquefois dioïques, le plus souvent monoïques. Leur périgone est double; l’intérieur est évasé en, forme de cloche et persistant. Les étamines sont ordinairement au nombre de trois ou de cinq , à anthères marquées de lignes saillantes , sinueuses. Parmi les genres compris dans cette famille, on remarque la bryone, Velaterium , la momordique , les concombres, les Courges, On en a aussi rapproché les grenadilles , le papayer, if'i'j)

Les Euphorbes ou Euphorbiacées , qu’on a encore nouimées Titliymaloïdes, forment ^une famille de plantes de toutes les tailles, herbacées et ligneuses, dont le suc propre, ordinairement laiteux , est très âcre. Elles sont remarquables par leurs capsules égales en nombre à celui des styles ; formant des coques monospermes qui s’ouvrent avec élasticité par le dessèchement. C’est dans ce groupe que sont placés les genres suivans : mercuriale ^ euphorbe ^ phyllanthe , clutie , huis , ricin, croton, acalypha, gluttier, mancenillier, sablier, etc. (626)

Les Orties ou les Urtigées comprennent des arbres , des arbrisseaux et des herbes , dont la plupart ont un suc propre, âcre et corrosif ; leurs fleurs sont solitaires ou en grappe, petites , verdâtres et peu apparentes. On distingue dans cette famille les genres 4bnt les fruits sont charnus et les fleurs posées sur un réceptacle commun , comme les ^guiers , le taniboni, la dorsténie „ \e mûrier ; et ceux dont les fleurs solitaires ou réunies en épis ne donnent jamais de fruits charnus , comme les houblons , les orties, les pariétaires, les chaiwr'e s , Yambrosie , la lampourcle. On a rapproché aussi de cette famille les poivres , les cécropies , Y arctocarpus ou fruit à pain. (ôîâS)

Les plantes à chatons ou Amentacées sont , pour la plupart, des arbres à feuilles caduques , non résineux , à écorce épaisse , à feuilles alternes, à fleurs mâles disposées en chatons et sans corolles, dont les fruits varient beaucoup. Le plus grand nombre des genres de cette famille vivent dans nos climats : tels sont Y orme-, le micocoulier, les s aide s , les peupliers , les bouleaux, les coudriers ou noisetiers, les. chênes , les charmes , les hêtres , les châtaigniers , les platanes; tels sont aussi, parmi les étrangers, les genres galé liquidamhaf , fothergillc. (b^g)

Knfin, la dernière famille de ce dernier ordre est celle des Pins ou des Conifères, qui comprend tous les arbres verts résineux, à fleurs monoïques ou dioïques, dont les mâles sont disposées en chaton , et les femelles quelquefois solitaires, mais le plus souvent réunies en un cône ou dans un épi, recouvertes par des écailles solides, serrées, entoilées, et dont le fruit est un caryopse osseux ou membraneux, comme les genres ephedra , casuarina , if, genévrier, cyprès , thuya , sapin et pin. (63o) r

Telle est la disposition des végétaux , suivant la Méthode naturelle. D’après les détails dans lesquels nous venons d’entrer, on voit que la marche analytique (4 1 2) n’a été indiquée que pour aider un peu la mémoire ; car les groupes, sont formés à part et sans but de liaison absolue, à moins que la nature ne l’ait réellement fait elle-même. Quoi qu’il en soit , ces divisions successives sont renfermées dans trois .classes , qui comprennent seize ordres, lesquels se divisent à peu* près en cent familles formées par la , réunion de dix-sept cent soixante genres; mais il y a environ cent cinquante autres genres qui n’ont pas encore été assez bien observés pour être distribués dans les familles précédentes. M. de Jussieu les avoit disposés d’abord d’après une autre méthode, et dans une classe qu’il désignoit sous le nom d’incertaine. Nous avons eu soin , dans l’exposé rapide que nous venons de faire des familles , d’indiquer les genres qui ont avec elles quelque affinité. Voilà pourquoi on ne trouve pas ici de classe incertaine.

Supposons qu’à l’aide de cette méthode oh veuille connoître la plante que nous appelons vulgairement primerolle, voici la marche à suivre pour l’oiaservateur. Cette plante a des fleurs et des graines; ce u’est donc pas une acotylédone : sa

tige n’est pas fistuleuse ; ses feuilles ont des nervures brancliues non parallèles ; le périgone ou périanthe est double : tout annonce que sa graine doit être à deux lobes. On cherche donc la fleur parmi les dicotylédones : bientôt on reconnoît qu’elle est monopétale, que l’ovaire est dans la corolle, et que par conséquent celle-ci est insérée au-dessous, ou hypogyne. On est donc parvenu à reconnoître que la plante appartient au neuvième ordre de la méthode. (474)

Il y a quinze familles dans cet ordre ; en lisant le caractère de la première, on trouve : Corolle régulière, étamines opposées aux divisions de la corolle et en nombre égal à ses divisions, capsule ou baie à une loge, graines nombreuses attachées â un axe ou placenta central. En tête est écrit : Les Primülacées. La primerolle à laquelle tous ces caractères conviennent, est donc de la famille des primülacées, qui se compose d’une quinzaine de genres, parmi lesquels on trouve deux sections. Les uns ont les fleurs portées sur une tige feuillée , les autres sur une hampe , les feuilles provenant alors des racines. C’est donc là qu’on doit chercher la plante; on étudie d’abord le caractère du genre qui se présente le premier sous le nom à’ androsace. La description de la fleur seroit assez d’accord avec celle qu’on examine , si on ne lisoit ouverture du tube de la corolle rétrécie. On passe donc au genre suivant : on voit à peu près les mêmes caractères; mais celui-ci, ouverture du tube de la corolle libre , prouve que c’est la plante qu’on observe. En effet, ou trouve inscrit le nom de Primevère.

Le caractère des primevères est ainsi exprimé : Périanthe double, tubulé, à cinq lobes; orifice du tube de la corolle libre, sans glandes ; cinq étamines ; stigmate globuleux, capsule à beaucoup de semences, recouverte par le calice, s’ouvrant

par dix trous. La première espèce est celle des herboristes ou Voffcinale. On la reconnoît à ses feuilles ridées, dentées, obtuses; à ses fleurs d’une odeur agréable, disposées en ombelle. La racine, lorsqu’elle est séchée, a l’odeur de l’anis; râpée et introduite dans le nez , elle fait éternuer. Dans quelques pays , on mange les feuilles étiolées en salade : les moutons et les chèvres recherchent ces feuilles; les chevaux n’y touchent pas. Telle est Thistoire de la plante et de la marche qu’on a suivie pour l’apprendre.

Avant dé terminer cette étude des végétaux , considérés dans leur rapport naturel, nous croyons utile de présenter l’état actuel de la science , en empruntant aux ouvrages de M. Decandolle, ayant pour titre : Théorie élémentaire de la Botanique , et Prodrome du système naturel du règne végétal , la série linéaire et par conséquent artificielle de la disposition des familles naturelles du règne végétal. Ces végétaux sont cellulaires ou acotylédonés , c’est-à-dire composés de tissu cellulaire , dépourvus de vaisseaux , avec un embryon sans cotylédons ou feuilles séminales. (434)

Deux groupes ou séries divisent cette sous-classe, savoir : les Acotylédonées cellulaires, tantôt foliacés ou ayant des apparences foliacées et des sexes connus, tels sont les mousses (441) et les hépatiques (44^); tantôt aphylles, c’est-à-dire sans feuilles ou expansions foliacées, et sans sexes connus, parmi lesquels on range les lichens (439), les hypoxylons (437), les champignons (435) , les algues (438).

Tous les autres végétaux sont cotylédonés ou vasculaires , c’est-à-dire ^ qu’ils sont composés d’un tissu cellulaire et de vaisseaux avec un embryon pourvu d’un ou de plusieurs cotylédons. Ceux-ci se divisent en exogènes (433) ou dicotylédo-

286 MÉTHODE NATÜRELLE.

nés, qui ont des vaisseaux par couches concentriques, dont les plus jeunes sont en dehors, et chez lesquels Fembryon présente des feuilles séminales ou des cotylédons soit opposés, ce qui est le cas le plus ordinaire , soit verticillés ; et en endogènes (432) ou monocotylédonés , qui ont des vaisseaux disposés par faisceaux dont les plus jeunes sont au centre de la tige , et dont Fembryon est pourvu de cotylédons solitaires ou alternes. (557)

Les exogènes offrent cette double disposition : ou qu’ils ont en même temps un calice et une corolle distincte, on dit alors qu’ils ont un périgone double (55 1); ou que leur calice et leur corolle ne sont pas distincts et ne forment qu’une seule enveloppe, c’est ce qu’on nomme un périgone simple (555). Dans le premier cas les familles qui ont le périgone double ou ont une corolle à plusieurs pétales ou à un seul, et ces corolles composées ou simples sont placées au-dessous du pistil ou autour, et on les nomme tantôt hypogynes (55i), tantôt périgynes (552), pour indiquer ces deux dispositions.

Les végétaux vasculaires endogènes sont moins nombreux : on les partage également en deux séries; celle qui comprend les espèces de plantes dont la fructification est visible et régulière, qu’on nomme phanérogames (556), et celles des plantes ' dont la fructification est cachée, inconnue ou irrégulièi’e, qu’on appelle cryptogames. (557)

Les plantes dicotyiédonées à périgone double , dont la corolle est formée de plusieurs pièces qui ne sont pas adhérentes au calice , mais sur le réceptacle, au-dessous du pistil , sont rapportées aux familles suivantes (i) : les renonculacées , les dilléniacées,

(1) jyez la Table, qui est à la fin de ce volume, pour retrouver

les magnoliacées, les anonacées , les ménispermacées , les berbéridées, les podophyllacées, les nymphéacées', les papavéracées, les fumariacées , les crucifères, les capparidées, les flacourtiaiiées, les bixinées, les cistinées, les violariées, les droséracées, les polygalées, les trémérandrées , les pittosporées , les Frank eniacées , les caryophyllées , les linées , les malvacées , les bombacées, les byttneriacées, les tiliacées, les élæocarpées, les cblénacées, les ternstroemiacées , les camelliées, les olacinées, les aurantiacées, les hypéricinées , les guttifères, les marcgraviacées, les hippocratéacées, les érythroxylées, les inalpighiacées, les acérinées , les hippocastanées, les rhizoboléesyles sapindacées, les méliacées , les ampélidées, les géraniacées, les tropœolées, les balsaminées , les oxalidées, les zygophyllées, les rutacées, les simaroubées, les ochnacées, les coriariées.

Les familles de plantes endogènes à fleurs munies d’un périgone double encore, mais dont les pétales sont insérés sur le calice, sont celles dont les noms suivent : les frangulacées ou les bourdènes, les samydées, zantlioxylées et peut-être les juglandées, les térébintbacées, les légumineuses , les rosacées, que l’on subdivise en drupacées, prokiées, spirées, dryadées, agrimoniées, rosiers et pomacées; les salicaires, les mélastomées, les myrtinées, les combrétacées, les loasées, les onagraires, les ficoïdes, les portulacées, les nopalées, les groseilliers, les crassulacées, les saxifragées, les ombellifères, les araliacées.

Les dicotylédonées à périgone double, mais dont la corolle est formée d’un seul pétale attaché au calice , sont rapportées

l’indication des genres dont les noms ont servi pour la plupart à former celui des familles, présentées ici dans l’ordre que l’on peut considérer comme le plus naturèi.

aux familles dont nous allons indiquer les noms : les caprifo-' liées, les loranthées , les rubiacées , parmi lesquelles on range les guettardacées, les cinchonacées, les cofféacées, les étoilées; puis les operculaires , les valérianées, les dipsacées, les composées, qu’on subdivise aussi en cbrymbifères , cinarocépbales, labiatiflores , cbicoracées; les campanulacées , les lobéliacées, les cucurbitacées , les gessnériées, les vaeciniées , les éricinées ou bruyères, qu’on subdivise en éricinées proprement dites, épacridées, rhodoracées; enfin les aquifoliacées.

Les plantes à deux cotylédons , à calice et à corolle monopétale, celle-ci non attachée au calice ou hypogyne , sont rapportées aux familles suivantes : les myrsinées, les sapotées, les ébénacées, les oléinées, les jasminées, les pédalinées, les strychnées, les apocynées, les gentianées, les bigoniacées, les polémonidées , les convolvulacées, les borraginées, les solanées, les personnées, telles que les autliîrrliinées et les rhinanthacées ; les labiées, les myoporinées, les pyrénacées, les acanthacées , les lentibulaires, les primulacées, les globulaires.

La derniqre division des plantes à deux cotylédons comprend toutes les espèces qui n’ont à la fleur qu’une seule enve-

loppe, c’est-à-dire un périgone simple, formé d’un calice ou d’une corolle; telles sont les plombaginées , les plantaginées , les nyctaginées, les amaranthacées, les chénopodées, les polygonées, les laurinées, les myristicées, les protéacées, les thymélées, les santalacées, les éléagnées, les aristoloches, les euphorbiacées, les urticées, auxquelles on laisse réunies les pipéritées et les arctocarpées ; les amentacées; enfin les conifères.

Les monocotylédonées ou endogènes dont la fructificahon est évidente et régulière sont distribuées en familles sous les

noms suivans : les cycadées, les hydrocharidées , les alismacées, les pandanées, les aroïdes, les orchidées , les drymyrrhizées, les musacées , les iridées, les hémodoracées , les amaryllidées, les hémérocallidées, les dioscorées, les smilacées, les liliacées qu’on partage en asparagées, trilliacées, asphodelées, broméliées, tulipacées; les colchicacées, les commélinées, les palmiers , les joncées , les typhacées, les cypéracées et enfin les graminées.

Quatre familles de plantes que l’on regarde comme monocotylédonées , mais qui certainement sont vasculaires et endogènes, n’ont pas de fleurs visibles et sont dites cryptogames. Ce sont les prêles ou équisétacées, les rhizospermes ou marsiléacées, les lycopodinées et les fougères.

Nous allons présenter sous forme de tableau synoptique les bases d’après lesquelles on a distribué par groupes naturels ces différentes familles dans les ouvrages les plus récens.

ago USAGES ET SINGULARITÉS DES PLANTES.

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