IT
5o DES MOLLUSQUES.
neiuç placés à l'intérieur ou à l’extérieur du corps. Ces branchies varient beaucoup ; ce sont des lames, des houppes, des divisions brauchues et ramifiées.
Enfin, sous le rapport de la fonction reproductrice, les mollusques présentent encore de nombreuses modifications. Chez les uns , comme dans les seiches et autres céphalopodes , il y a des mâles et des femelles, et les individus sont distincts par le, sexe. Chez la plupart les sexes sont réunis ; mais les ordres qui comprennent les espèces les plus motiles présentent de véritables hermaphrodites qui ont besoin de se rechercher et de se joindre pour être fécondés réciproquement l’un par l’autre; tels sont les gastropodes. Chez les acéphales, au contraire, qui, la plupart, sont tout-à-fait fixés ou peu motiles, on observe des androgynes qui ont à l’intérieur les moyens de féconder leurs germes , lesquels s’en séparent complètement animés par un seul individu. Le plus grand nombre des mollusques sont ovipares ; quelques uns ovovivipares. Leurs œufs varient pour la forme et pour les enveloppes j il en est de ronds, d’ovales, de pédiculés, d’isolés, de réunis ; à coque molle,
calcaire , cornée.
On reconnoît au premier aspect les Céphalopodes ; ce sont en général de grosses masses charnues, qui semblent renfermer le corps d’un animal comme dans un sac, garni quelquefois de nageoires sur les côtés. Leur tête sort de ce sac; elle est grosse, munie de deux yeux, et surmontée de longs appendices. Quelques espèces se forment une coquille , toujours apparente au-dehors, et dans laquelle elles se retirent. On n’a encore observé ces animaux que dans l’eau salée. Leurs branchies sont cachées au-dedans du corps, et communiquent audehors par des orifices différens pour l’entrée et pour la sortie de l’eau. Ils s’accrochent et se traînent sur les rochers des
■ ' uTHU ..Uli % * . . 1 ! . * rf t ' ï ; ' • . ' * • * { * ‘ r \ f ' • * * •
DES MOLLUSQUES. 5i
bords de la mer, à l’aide de huit à dix bras ou appendices garnis d’un grand nombre de petites cupules en forme de ventouses ; au centre de ces bras est la bouche. Us se nourrissent de crabes, de mollusques et autres animaux marins. Us n’ont que deux mâchoires semblables au bec d’un perroquet : leurs sexes sont séparés; tous, lorsqu’ils sont inquiétés, rendent une liqueur brune et odorante qui se délaie facilement dans l’eau, et qui en trouble la transparence.
U y a très peu d’espèces connues dans cet ordre, qui peut être considéré comme une famille naturelle. On divise ces mollusques en ceux qui ont le corps nu, tels que les seiches , les poulpes et les calmars; et en ceux qui ont une coquille, comme les argonautes , les nautiles , les spirules.
Les seiches , les calmars et les poulpes se ressemblent beaucoup entre eux; mais ces derniers n’ont que huit bras, tandis qu’il y en a dix autour de la tête des seiches et des calmars , dont deux sont beaucoup plus longs que les autres , et à l’aide desquels l’animal se fixe sur les rochers, comme avec une ancre. On trouve dans le dos des seiches une matière calcaire, 'de forme ovale , aplatie , qui s’appelle vulgairement biscuit de mer ou écume de mer , et dont on se sert dans les arts pour polir les métaux précieux. Dans les calmars , la substance qui remplace cet os est comme cartilagineuse. On retire aussi du corps de ces animaux une bourse membraneuse qui contient une humeur noire , dont l’animal fait usage pendant sa vie pour se soustraire à la poursuite de ses ennemis, en colorant l’eau dans laquelle il est caché. On emploie cette matière dans la peinture ; on l’appelle sépia. On croit que l’encre de ia Chine est faite avec une humeur semblable.
Les poulpes n’ont que huit tentacules d’égale longueur: aussi
les a-t-on nommés octopus. Jamais leur corps, ou le manteau qui le recouvre, n’offre de lames ou de replis particuliers. On a vu des individus de ce genre d’une dimension considérable, dont chaque pied , par exemple , égaloit en longueur près de sept décimètres , ce qui suppose une circonférence totale six fois plus grande, puisque chacun de ces bras doit en être considéré comme un rayon.
L’histoire de X argonaute est si singulière, que, quoiqu’elle ait été écrite par les anciens, on Ta regardée long -temps comme une fable. Ou’on se figure une petite nacelle à parois transparentes , et construite sur le modèle le plus élégant : un animal placé au milieu de ce frêle bâtiment, qui, pour se diriger, profite du souffle des vents, auxquels il présente une membrane servant de voile, et place sur chaque bord quatre bras allongés faisant l’office de rames : voilà le tableau exact qu’offre l’argonaute. Un ennemi s’approche- t-il , aussitôt rames et voiles, tout rentre au-dedans : la galère chavire et fait naufrage..... Mais l’orage est-il passé, bientôt elle reparoît à la surface de l’onde; elle vogue et continue tranquillement sa route. On sait maintenant que le poulpe , pilote de ces coquilles, dont on connoît quatre ou cinq espèces, les a lui-même fabriquées, et qu’il 11e profite point, comme le pagure ermite, d’une demeure abandonnée. On a observé dans le corps de l’un de ces animanx des petits tout formés avec leur coquille ; 011 a appris par là que l’argonaute étoit vraiment le constructeur de ces jolies nacelles, qu’on nomme ordinairement nautiles papyracés. Les coquilles des nautiles et des spirules sont cloisonnées : ces dernières sont cachées par le manteau de l’animal. On a rangé dans cette famille beaucoup de coquilles fossiles cloisonnées que l’on suppose avoir appartenu à des mollusques analogues. Telles sont entre autres celles des bélemnites , des cornes d’ammon ou des ammonites .
L’ordre des Ptéropodes ne comprend encore que quelques petits genres dont l’histoire est peu connue ; ils n’ont pas de véritables pieds, mais des nageoires qui garnissent les côtés de leur bouche. Tous sont hermaphrodites et sont libres et flottans dans l’eau de la mer. On y rapporte les hyalcs qui ont une coquille cachée par le manteau , ainsi que les clios et les pneu modermcs qui ont le corps à nu. (i)
Le nom de Gastropodes annonce que ces animaux se traînent sur le ventre. Tous les mollusques de cet ordre ont une conformation analogue : leur tête est le plus ordinairement garnie d’appendices très mobiles, qui sont des organes du toucher. Quoique hermaphrodites, ils s’accouplent. Ils ont la faculté de se contracter considérablement. La plupart exsudent une humeur muqueuse, souvent colorée et odorante. Leur respiration s’opère de trois manières différentes, et a donné occasion d’en former trois familles qui paroissent. très naturelles. Les uns y sous lé nom de clermobranches (726), ont des branchies au-dehors, en forme de lames ou de panaches; les autres ont des, branchies intérieures, mais communiquant au-dehors, tantôt par un simple trou; ce sont les adélobranches (728), et ceux-là respirent l’air; tantôt par un tube ou à l’aide d’un siphon musculaire et contractile, tels sont les siphonobr anches (731), qui ne vivent que dans l’eau.
La famille des Dermobratvohes comprend des gastropodes
(1) La planche des vers et. des mollusques offre, à la fig. ir , une ide'e de l’anatomie de la cJio boréale, ouverte et très grossie : a et b repre'senlent la peau du manteau; c, est la bouche, fente triangulaire; à, l’œsophage; e , les branchies, situe'es au-dehors ; J \ le cœur; g, l’artère des branchies; h , le foie; i, les organes génitaux , etc.
aquatiques, dont le plus grand nombre ne sort pas des eaux de la mer. Les uns sont nus et ont des branchies, soit en forme de panaches autour de l’anus, comme les doris , ou sur le dos, comme les tritonies et les s cy liée s ; soit en forme de lames entuilées , c’est-à-dire placées les unes sur les autres en recouvrement, comme dans les éolides et les phyllidies ; tantôt les mollusques de cette famille ont le corps protégé par un test, soit d’une seule pièce , comme dans les patelles et les ormiers ou oreilles de mer, soit d’un grand nombre de pièces articulées , comme dans les chitons ou oscabrions.
Les genres dont le corps n’est pas protégé par une coquille sont peu connus , parce qu’il est difficile de les conserver, et qu’ils se déforment après la mort. Ceux qui ont des coquilles ont été mieux décrits , au moins quant à leur test. Les oscabrions ressemblent encore beaucoup aux limaces ; mais leur dos est revêtu d’une sorte de cuirasse composée de dix à vingt petites coquilles , qui se recouvrent comme les tuiles d’un toit, et qui sont enchâssées dans l’épaisseur de la peau. Ces animaux vivent dans la mer ou sur les rochers ; ils se nourrissent de varecs. On donne le nom de patelles aux animaux qui vivent sous une coquille d’une seule pièce, sans spirale, ressemblant à une sorte de petit vase. C’est un toit protecteur sous lequel l’animal se tient entièrement caché; il le fait tellement adhérer aux rochers , qu’il est impossible de l’en détacher sans employer les plus grands efforts Quelques unes de ces demeures sont percées à leur sommet pour laisser sortir les excrémens : on les nomme fis sur elle s ; d’autres ont intérieurement une lame saillante, qui les fait en quelque manière ressembler à un soulier, ce qui leur a valu le nom de cré-
Les \nÉLORR\5rcHES sont les mollusques gastropodes qui
respirent l’air par un simple troll ou par une fente qu’on remarque sur les côtés du corps. Cette ouverture communique avec une cavité intérieure où l’air pénètre, \çt où viennent se distribuer les ramifications des vaisseaux pour y recevoir l’influence de la respiration. Cet ordre renferme un très grand nombre de genres , dont les uns ont le corps nu ou non protégé au -dehors par une coquille : tels sont les ap listes , les limaces ; et d’autres sont testacés, comme les hélices ou colima cons , les planorbes , les sabots , les nérites , etc., etc.
Tout le monde connoît ce gros limaçon sans coquille, de couleur presque aurore, qui se traîne dans les lieux humides, et qui laisse derrière lui une trace d’une matière glaireuse,
qui brille encore beaucoup lors même qu’elle est desséchée ;
c’est l’animal dont nous allons parler. Faire son histoire, c’est indiquer à peu près celle de tous lès gastropodes. Sa peau est coriace et difficile à déchirer; elle change de forme; mais la partie arrondie est le dos, la portion plate est le ventre ; le devant où sont les cornes est la tête ; l’extrémité , qui sémble traînée en arrière, et qui se termine en pointé, est la queue:' Cet animal, tout dégoûtant qu’il paroît au premier aperçut, mérite cependant d’être étudié par lé naturaliste : il â sür la tête quatre cornes qui peuvent rentrér au-dedans; les deux plus longues portent les yeux; il se nourrit de feuilles ël de fruits,
qu’il coupe à l’aide d’une seule dent de la formé d’un crois-
sant. Les organes de la génération sont placés sur de côté droit du cou, dans la même ouverture qui donne issùé aU& eXcrémens. Ces animaux pondent leurs œufs dans la terre. Les parties de leur corps, même les yeux et la bouche , se réproduisent lorsqu’elles ont été coupées.
Les aplisies , qu’ôn nommé aussi lièvres de mér, ressemblent beaucoup aux limaces. On les trouve sur lès bbrds delà mér,
principalememt sur les rivages de la Méditerranée. Plusieurs espèces répandent, lorsqu’on les saisit, une humeur puante qu’on a regardée long-temps comme un poison; d’autres exsudent des liqueurs colorées qui se mêlent à l’eau et la rendent opaque.
L’organisation des adélobranches , qui vivent dans les coquilles roulées en spirale, est à peu près la même que celle des limaces terrestres. Seulement le dos n’a point cette peau coriace qui laisse exsuder la matière muqueuse, et les intestins, recouverts d’une membrane, sont roulés en spirale dans l’intérieur de l’enveloppe calcaire. On appelle escargots, hélices ou colimaçons les espèces qui ont la coquille globuleuse ,
ou dont la spirale fait saillie, et planorbes celles dont les spires
s’enveloppent sur un même plan.