‹ Elémens des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 13 sur 41 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des Mollusques y ou de la huitième classe dei animaux .

Sous ce nom de Mollusques, qui signifie mous , o a réuni ( 1 ) tous les animaux dont le tronc ou la partie moyene du corps n’est pas formée de pièces distinctes mobiles , et ont la peau est généralement très molle, quoique® protégée auvent, en grande partie, par une croûte calcaire ou par des codifies (668). Les mollusques ont des nerfs qui correspondent à u renflement ou ganglion principal., constamment situé au-dessu de l’origine du tube intestinal ; ces nerfs se rendent à tous les oganes. Leur cavité digestive est un tube à deux ouvertures séjirées. Leurs humeurs sont contenues dans des vaisseaux, dot les uns se rendent à un ou plusieurs agens d’impulsion , et le autres , qui font l’office d’artères, en proviennent évidemmer. Tous sont doués d’organes spéciaux pour la respiration dt l’air ou de l’eau, et ils sont ovipares ou ovovivipares, quoia’ils présentent de très nombreuses modifications dans la dposition des sexes, qui sont tantôt réunis , tantôt distincts dansss individus.

C’est surtout en comparant les mollusques ave les animaux des autres classes qui n’ont pas de vertèbres, q’on peut recohnoître leurs véritables caractères. Ainsi on rconnoît qu’ils diffèrent des zoophytes, parce que ceux-ci n’onpas de vais-

(1) Quoique M. Cuvier n’ait pas crée le nom de mlusques, fi est le premier naturaliste qui ait véritablement établi cee classe et ses divisions. Avant 1795, première date de ses travaux r ce sujet, on rangeoit ces animaux avec les vers et les polypes.

seaux ni cDrganes respiratoires distincts, et que s’ils ne sont pas privés le nerfs, ils n’offrent pas de cerveau séparé ou de ganglion pmcipal au-dessus de l’origine du tube intestinal. Us diffèrent eisuite des vers ou annelides , des crustacés et des insectes, prce que, dans ces trois classes, on trouve constamment un troc formé de pièces articulées; et de plus, dans les insectes et les crustacés , des membres composés de petits leviers mobils les uns sur les autres.

Il seroit difficile de faire eonnoître l’organisation de ces animaux d’unananière générale, parce qu’elle offre trop de différences dansas ordres; nous sommes donc obligés d’indiquer d’abord la clasification des mollusques, pour exposer avec plus de méthodees particularités que présentent leurs fonctions, et

afin de pouoir nous servir des dénominations sous lesquelles

011 désigne ?s ordres de cette classe. On a d’abord partagé la classe en shordres ou groupes principaux, qu’on a rapportés à deux secbns primitives, lesquelles comprennent chacune trois de cesdivisions, suivant que les espèces présentent une tête distinction non. Les espèces dont la tète se distingue du reste du corj par une sorte d’étranglement, tantôt par la présence des yes et de quelques autres des organes des sens , sont d’abord les rpUhîopàdes (719), qui ont autour de la tête de très longs apendices qui leur servent comme de pieds , avec lesquels ils s'ttachent et se transportent; chez les autres, on n’observe papes organes du mouvement, et leurs mouvemens s’opèrent soijLvec des lames membraneuses qui font l’officê de nageoires, te sont les ptéropodes (724), soit à l’aide d’un plan charnu placcsous leur corps, et qui leur sert comme d’un pied, d’où ilsnt reçu le nom de gastropodes (725). Les espèces de molluiues dont la tête n’est point distincte du reste du corps, on tantôt des tentacules soit mobiles et charnus comme les brthiopodes (740), soit des pièces cornées ou cal-

caires comme articulées, on les nomme alors chrhopodes (741); enfin , clans la dernière division , on a placé tous les mollusques qui n’ayant pas de tète distincte, ni d’organes apparens des sens, sont aussi privés de toute espèce de tentacules mobiles, tels sont les acéphales. (734)

En résumé on obtient la classification suivante :

Les mollusques ne paraissent pas être tous formés sur un même type. Leur configuration extérieure n’a rien de constant ni dans les ordres , ni dans les familles, ni même dans les genres qu’on y rapporte. Leur peau est généralement molle , elle forme autour du corps une sorte d’enveloppe qu’on a nommée le manteau. Ce tégument varie beaucoup pour la solidité et la structure, et même pour l’étendue et la disposition des ouvertures qu’il présente. C’est le plus ordinairement dans l’épaisseur et au-dehors de cette enveloppe , que se sécrètent et se déposent les croûtes calcaires qu’on nomme coquilles , dont le nombre, la forme, la composition, la texture et les couleurs varient beaucoup. On distingue d’abord ces coquilles en univalves , bivalves et multivalvcs , suivant qu’elles sont formées

pour chaque animal d’une, de deux ou de plusieurs pièces plus ou moins régulières et symétriques, simples ou cloisonnées, droites ou contournées ou enroulées sur elles-mêmes. Le plus souvent ces coquilles sont recouvertes au-dehors d’une sorte d’épiderme corné que l’on désigne sous le nom de drap , parce qu’on y aperçoit comme un tissu de fibrilles feutrées ; les taches, les bandes, les traits colorés plus ou moins réguliers qu’on aperçoit à l’extérieur des coquilles, les couches de diverses teintes, nacrées et chatoyantes , ou à reflets cliangeans , dépendent constamment du mode de sécrétion qui les a produits.

Les organes destinés à la locomotion des mollusques sont souvent placés dans les tégumens extérieurs ; tels sont les bras des poulpes , le pied des limaces, des colimaçons et des autres gastropodes ; les membranes ou feuillets motiles des ptéropodes, comme ceux de la firole, de la carinaire. Quelques genres munis d’une coquille bivalve ont dans l’in té- > rieur de leur manteau un pied mobile et allongeable, dont la forme varie beaucoup et correspond au genre de vie , comme on l’observe dans les moules, les cames, les vénus; presque tous ont des muscles intérieurs pour mouvoir les valves de leurs coquilles sur la charnière dont la disposition et les ligamens diffèrent dans la plupart des genres. Enfin, comme moyen de transport, on observe que quelques espèces font jaillir rapidement de leur corps une colonne du liquide dans lequel ils sont plongés, et qu’ils .avoient aspiré dans ce but; que d’autres ont dans leur intérieur une vessie hydrostatique qu’ils compriment ou relâchent, pour faire augmenter ou diminuer à volonté leur pesanteur spécifique.

Quoique les mollusques aient tous une espèce de cerveau , sorte de renflement du système nerveux, placé au-dessus de leur bouche, et une autre suite de ganglions destinés à communi-

quer entre eux, et à fournir des nerfs à leurs divers organes, ils n’offrent aucune disposition commune (i). On peut faire les mêmes observations pour les organes des sens. Les espèces qui se meuvent le mieux en ont un plus grand nombre, et ces organes sont chez elles mieux développés. Ainsi les yeux sont visibles surtout dans les céphalopodes , ensuite dans les gastropodes , et on né reconnoît plus ces organes dans les acéphales et dans la plupart des autres ordres. L’ouïe, l’odorat, le goût, ne paroissent pas très développés; on doute même qu’ils existent chez quelques espèces. Quant à l’organe du toucher, il doit être d’autant plus manifeste que l’animal est plus mou et plus mobile.

Les organes de la nutrition sont toujours en rapport, pour leur développement, avec ceux du mouvement. Les uns prennent une nourriture solide qu’ils peuvent saisir, diviser et avaler par fragmens ; ils ont été munis dans ce but d’une sorte de bec ou de deux mâchoires tranchantes , comme on le voit dans les seiches, ou de lames cornées coupantes ou sciantes comme dans les limaces et un grand nombre de gastropodes, ou ils n’ont qu’un simple syphon ou tuyau aspirateur comme dans la plupart des bivalves ou acéphales. Le tube intestinal a deux orifices distincts dont la position varie ; la plupart ont un foie et des organes excréteurs analogues aux reins. Chez tous il y a une circulation complète, c’est-à-dire un système veineux qui se rend au cœur et un dit artériel qui en provient. Leur sang ou leur humeur circulante vient se mettre en contact , soit avec l’air dans une cavité pulmonaire, soit avec l’eau sur des feuillets membra-

(i) Voyez pknche intitulée mollusques et vers, les figures 3 et 4- La première représente le système nerveux d’un poulpe ; la seconde celui d’une aplisie; a, anneau œsophagien; à, cerveau; c, ganglions optiques; d , ganglions latéraux; e, ganglion abdominal.

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