INSECTES ORTHOPTÈRES
On a réuni dans cet ordre tous les insectes qui sont agiles sous les deux états de larves et de nymphes, et qui ne subissent de changement de formes que dans le développement de leurs ailes, toujours au nombre de quatre, dont les deux supérieures sont plus courtes et servent comme d’étuis , et dont les inférieures sont constamment plissées sur leur longueur et rarement pliées en travers ; de là le nom d’ORTHop- TÈRBs, qui signifie ailes droites. Ils offrent aussi dans les parties de la bouche une pièce particulière qui recouvre le dos des mâchoires, et qu’on nomme une galète ( PI. ni, fig. 10 , D , c). La plupart ont des yeux lisses ou stemmates, outre les yeux à réseau,
(1) PI. V , fig. 16 et 17 : l’une des branchies extrêmement grossie, pour faire voir le feuillet abc.
DES INSECTES ORTHOPTÈRES
Tous ces insectes peuvent être distribués en quatre groupes , dont trois ne renferment chacun que quelques genres : ce sont les anomides , les blattes et les J'orJîcules , qui n’ont point les pattes de derrière alongées , renflées ou propres au saut, comme on l’observe dans la quatrième famille qui comprend les sauterelles et plusieurs genres voisins, et qu’on a nommée les grjrlloides.
Les Grtlloides ou grilliformes , portent leur tète , ou du moins leur bouche, dans une position verticale, et ils ressemblent plus ou moins aux grillons. Il en est qui ont les antennes à peu près de même grosseur ; ceux-là ont été appelés sauterelles ou criquets. Dans les autres, les antennes sont en soie de cochon, et on les nomme locustes ou grillons ; enfin, chez quelques uns les antennes sont en prisme ou en fuseau aplati : tels sont les truxales. Presque tous les mâles produisent un son singulier par le frottement de leurs élytres. Les locustes ont les pattes de derrière très-longues et sautent fort bien : on les trouve ordinairement dans les champs et sur les hautes herbes. Les grillons ont les cuisses plus courtes; ils évitent en général la lumière et recherchent la chaleur. Ce murmure monotone et ennuyeux qu’on entend dans les cuisines et près des fours pendant la nuit, est le chant d’amour du grillon domestique, vulgairement appelé cri-cri. Un autre, de couleur brune, vit sous terre dans les champs. La plus grosse espèce se trouve dans les prairies et dans les potagers, près des fumiers. Elle coupe et mange les racines des salades et des melons, en creusant sous terre comme la taupe, à l’aide de ses pattes de devant (PI. iv, fig. 22), dont les jambes (a) sont élal-gies et triangulaires , aplaties , dentelées et tranchantes en devant, et dont le premier article des tarses {b) vient passer au-devant, en produisant ainsi l’effet d’une lame de ciseaux. Les jardiniers lui font la chasse. On la nomme courtillière ou taupe-grillon; ses tarses antérieures sont en forme de lames coupantes, et ses yeux lisses sont très-brillans.
Les orthoptères Akomides ou difformes ont le corps très-alongé ; leur corselet, en général beaucoup plus long que large , est
formé en grande partie par le mésothorax.
Telles sont les phyllies , qu'on a encore nommées feuilles ambulantes , dont les élytres sont très-planes et l’abdomen aplati ; les phasmes ou spectres, qui sont souvent sans ailes, dont les pattes de devant sont simples, et dont on a vu des espèces de près de trois décimètres de longueur, ce qui en fait les plus grands insectes connus. Telles sont, enfin, les mantes qui ressemblent un peu aux sauterelles, mais qui ne peuvent sauter. Il en est dont le corps est excessivement alongé et étroit. Toutes ont une démarche singulière. Leur corselet est trèslong et se redresse sur l’abdomen; les pattes de devant sont souvent armées d’un ongle mobile en crochet (PI. iv,fig. 26); elles les meuvent lentement, comme si elles étendoient les bras : aussi a-t-on désigné plusieurs espèces sous les noms de prêcheresse, de religieuse., de sorcier, de deoin, de spectre, et autres dénominations qui tiennent à des préjugés superstitieux. Elles pondent des œufs enveloppés d’une matière visqueuse qui se dessèche et prend beaucoup de consistance.
On ne pouvoit mieux désigner que par ce mot de blattes, qui en grec signifie tort , c^o/n/wag'e, les insectes auxquels on l’a appliqué. Ce sont des animaux qui fuient la lumière. Leur corps est très-plat; leurs antennes longues, en soie ; leurs pattes grêles à cinq articles aux tarses, à hanches aplaties; aussi on les a nommés Omalopodes.
Ils courent avec une vitesse extrême, et s’introduisent dans les habitations pour y dévorer le pain, le sucre, la viande , les souliers. L'espèce la plus commune en France est celle qui paroît originaire de l’Orient; la plus gi'osse se trouve en Amérique , mais on l’apporte souvent en France sur les vaisseaux; on la nomme raoet, cancrelat ou kakkerlac. Les femelles pondent un ou deux œufs très-gros , sur' la longueur desquels on voit une ligne saillante. Quoiqu’il y ait en France près de dix espèces différentes de ce genre , elles sont peu connues , parce qu’elles vivent dans les bois , et ne sortent guère que la nuit.
Le dernier genre des orthoptères est nommé forficule, parce que les insectes qu’il renferme ont ordinairement le ventre
DES INSECTES COLÉOPTÈRES
terminé par de«x crochets en forme de temiiles (PI. V, 6g. 1), ce qui leur a fait donner encore îe nom de tabidoures. Les forBcales n’ont point les ailes inférieures droites ; elles sont pliées trois fois en travers . plissées ensuite en long pour être cachées sous des èlytres très-courts ( Pi- 1 , fîg. 5 ) ; elles pea\ ent cependant développer cette aile tout à coup comme un éventail.
Au reste, ces insectes sont agiles sous leurs trois états : ils se nourrissent de fruits. C’est à tort qu’on a cru qu’ils pouvoient percer la membrane des oreilles, et par cela même rendre sourd. Ils font beaucoup de mal dans les jardins } voilà pourquoi on leur fait la chasse. La mère a un grand soin de ses œufs; elle semble les couver, et elle n'abaudoftne ses petits que quand ils n'unt plus besoin de sa protection. On les nomme vulgairement f*efve~oreUies.