‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 125 sur 147 · DES MAMMIFÈRES , OD DE LA PREMIERE CLASSE DES ANIMAL'X · texte numérisé non relu

DES MAMMIFÈRES , OD DE LA PREMIERE CLASSE DES ANIMAL'X

Le nbmde Mammifères, qui signifie portemamelles , indique d'avance le caractère principal des animaux auxquels on l'a appliqué. Comme nous l’avons d'abord fait connoitre (676), ils ont tous des vertèbres , avec le sang rouge et chaud ; ils respirent par des poumons ; ils font des petits vivans , qu'ils nourrissent d’une humeur particulière qu'on nomme lait, et qui se forme dans leurs mamelles.

Ce n’est point assez de connoître ces caractères généraux , qui suffiroient , à la vérité , pour distinguer les mammifères de tous les autres êtres viyans : il faut .pour s'en faire une idée exacte^ç les comparer dans les diverses parties de leur organisation. Celte manière de les étudier servira en même temps à établir les différences essentielles qui les éloignent de toüs ceux des classes précédentes ; elle nous apprendra aussi dans quelles parties nous pourrons trouver les variations les plus importantes pour rétablissement des ordres. Nous allons donc considérer successivement, dans les mammifères, les organes du mouvement, des sensations, de la nutrition , de la respiration, de la voix, enfin ceux de la génération.

La classe des mammifères est, sans contredit, celle qui présente le plus grand nombre de variations dans les organes du mouvement :'il est, en effet, de ces animaux qui marchent, qui sautent, qui courent, qui grimpent , qui nagent, qui plongent , qui volent, etc., et qui jouissent de ces diverses facultés ensemble ou séparément. Les uns ont quatre membres , dont ils peuvent se servir pour marcher seulement , pour saisir les corps , et pour attaquer ou se défendre.

D’autres n’ea ont que deux principalement destinés au mouvement. Toutes ces actions

s'exercent à l'aide des os et des muscles.

La charpente osseuse des mammifères est toujours essenlieliement construite avec une échine, qui forme le tronc, et des membres dont le nombre et la longueur varient, mais qui sont à-peu-près composés des mêmes parties. L’cchine, dite colonne vertébrale, porte constamment une tête ou renflement considérable, qui loge le cerveau dans une boîte osseuse, qu’on nomme crâne, et les principaux organes des sens dans une autre partie excavée , qu’on appelle face.

Le cou est formé par sept vertèbres ( 1 ) ; le nombre de celles du dos varie beaucoup, il est de onze à vingt-quatre j celles des lombes, du bassin et de la queue présentent encore plus de différences, puisqu'eii totalité on a trouvé les deux extrêmes de onze à quarante-six. Les côtes sont toujours appuyées sur un sternum bassin ne manque que dans un ordre de cette classe, celui des Cétacés. Les membres présentent quelques variétés, principalement dans la composition de l’épaule, et dans le nombre et la disposition des doigts.

Quelques mammifères n'ont à l’épaule qu'un seul os, qu'on nomme omoplate ou scapuium , sur lequel appuie l'os du bras ; ceux-là ne peuvenl’pas porter à la bouche leurs alimens avec les membres ; d'autres ont de plus un os alongé , qui appuie sur le sternum , et qu'on appelle clavicule. Le bras n’est composé que d’un seul os nommé huméral. L’articulation qui vient ensuite est presque toujours formée île deux os': on nomme l’un o.y du coude ou cubital, et l’autre os du ray on ou rabial. La main varie beaucoup pour la forme, pour le nonnibre des doigts , et pour celui des os qui la com-

(1) On ne connoît encore que le parefseux à trois doigts , ou l'aï de la Guiane , qui en ait neuf.

DES MAMMIFÈRES EX GÉNÉRAL

posent. On y distingue le rarpe on poignet , qui joint cette partie à 1 avant-bras ; puis ie métacaqpe , appelé quelquefois canon ; enfin, les doigts, dont les articulations . qu'on nomme phalanges , sont très-rarement audelà de trois ; et la dernière qui supporte l'ongle, est à cause de cela designée sous ie nom d'on^uen/.

Comme le membre postérieur ou abdominal appuie sur la hanche , il n'y a pas de pieds de derrière d.»ns les auimaus. à mamelles qui u'ont pas de hassiu. La cuisse est toujours composée d'un seul os , qu'ou nomme/eiMoro/. La Jambe , qui correspond à l'avant-bras , est formée de deux os , Tun très-fort, qui ne manque jamais, et qu'ou appelle übial; l'autre plus grêle , situé audehors , ne formant quelquetois qu'un petit tubercule à la malléole ou cheville du pied , est nommé péroné. Le pied de derrière est à-peu-prt's compose des mêmes parties que celui de devant. Mais on nomme tarse, la portion qui correspond au poignetj métatarse, celle qui vient ensuite ; euân, les doigts ou les orteils sont aussi composés de pbaiauges, dont le nombre , la iorme et la disposition varient dans les différentes familles.

Les mammifères qui peuvent exercer le plus de mouvement, comme les singes, les chiens , ont un squelette composé d'environ deux cent quarante os yKlout il entre à-peuprès moitié dans la structure de la tète, de rèchine, de la poitriue el du bassin ; les autres os consütueat les membres ; mais leur nombre varie beaucoup dans les diverses espèces : la tète, le cou et le bassin sont les parties du corps qui offrent le moins de différences à cet egard , tandis que la poitrine, et surtout ta queue, ne présentent rien de constant.

Tons les os du corps des mammifères sont destinés à protéger quelques cavités, comme la tète, la poitriue, le bassin , ou à produire les mouvemeus par lesquels l'animal transporte son corps et subvient à ses besoins.

La tète s'articule ordinairement sur l'échine, au moyen do deux tubercules qu'on appelle condj'ies. C'est la première vertèbre qui tourne sur la seconde , et qui iàit mouvoir

la tête à droite et à gauche. La totalité de l'échine peut se fléchir ou se redresser, el se porter un peu de coté; mais ces raouvemens ne sont bien sensibles que dans les régions du cou et de la queue. Les côtes se soulèvent les unes sur les autres j cependant les premières, du côté de la lèle, sont presque toujours Gxes. Le bassin n'est mobile que dans la famille des cétacés. L'épaule est retenue seulement par les chairs , dans les mammifères non claviculés j dans presque tous, à l’exception d'un seul genre, elle peut changer de situation. Le bras et la cuisse se meuvent presque en tout sens. La Jambe et l'avant-bras ne peuvent que se fléchir, et s'étendre sur la cuis.se ou sur le bras. La main et le pied, ou les pattes de devant et de derrière, sont susceplibies de divers mouvemens, qui dépendent de la manière de vivre, et qui indiquent si l'animal peut s’en servir pour saisir les corps ou pour marcher, voler, nager, etc.

Les principaux mouvemeus du corps sont produits par des organes parîicidiers , qn'on appelle muscles. Ce sont des faisceaux de fibres rouges, qu’ou nomme ordinairement chair ou viande : ces fibres sont toujours attachés à deux os différens j el, par une propriété qui les caractérise, elles peuvent se contracter ou diminuer de longueur ; de sorte qu’elles font nécessairement rapprocher les deux parties sur lesquelles elles sont fixées, il y a autant de muscles, pour ainsi dire , que de positions diverses dans lesquelles les os peuvent se placer; aussi compte-l-on plus de quatre cents muscles differens : ils sont toujours placés au-dehors des os. On nomme tendons les parties d'un blanc argenté qui font la continuité de la fibre rouge, et qui ne paroissent servir que comme des cordes «le prolongement. En général, les os et les muscles font du corps des animaux vivans une sorte de mécanique en action, dans laquelle la charpente est formée parle squelette, et la puissance motrice est véritablement remplacée par les muscles.

Tous les mammifères ont un cerveau contenu exactement dans la cavité du ci'àne , et la structure de cet organe est beaucoup plus compliquée que «lans tous les autres

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animaux. Il en provient douze paires de nerfs (1), qui vont se rendre dans des organes particuliers , et ce cerveau lui-même se prolonge dans Je canal que forment les vertèbres , pour se partager au moins en soixante cordons nerveux , qui vont se terminer dans toutes les autres parties du corps.

La première paire de nerfs, qu’on appelle alfactivef se porte dans le nez : elle y pénètre par un grand nombre de trous; elle se divise en filamens déliés, pour se distribuer dans l'épaisseur d'une ‘membrane particulière qui tapisse la cavité des narines, et se replie sur des lames osseuses qui présentent beaucoup d’anfractuosités. C'est ce qu'on nomme la membrane pituitaire : elle est toujours enduite d’une humeur visqueuse, qui arrête les molécules odorantes dont l’air peut être chargé lorsqu il pénètre dans le poumon. Cette membrane qui, dans quelques animaux, est repliée dans un espace de trois centimètres carrés au plus, occuperoit, si elle étoit étalée, près de quatre décimètres détendue.

La seconde paire de nerfs se termine dans l’œil ; aussi la nomme-t-on optique :

elle s'épanouit dans l’intérieur de cet organe, et paroit destinée à percevoir la sensation des objets qui viennent s'y peindre.

L’œil est une sorte d instrument (l’optique tellement disposé, que quand l’entrée, qu'on nomme la pupille , est ouverte à la lumière, s’il se trouve vis-à-vis quelques objets éclairés, ceux-ci viennent s’y représenter en petit, comme dans un miroir. 0#croit que le nerf , formant une membrane sensible derrière l'image qui se représente dans l’œii , communique à l’intelligence la sensation de sa présence. Ce qu’il y a de certain, c’est

( 1 ) Les vers sont plus faciles à retenir que la prose. Ceu* qui suivent, quoique méfiiocres, expriment assez bien l’ordre et l’usage des dix paires de

que dans l'œil isolé d’un bœufnouvellement tué, les objets extérieurs se représentent très-bien , quoique l’animal n’éprouve point la sensation de leur présence. La troisième, la quatrième et la sixième paire de nerfs se termine dans les muscles qui sont propres à mouvoir le globe de l’œil.

La cinquième paire de nerfs est une des plus grosses de celles qui sortent du crâne : elle se partage en trois branches , aussitôt qu’elle est séparée du cerveau; toutes trois sont destinées à donner le sentiment, et à porter la vie dans les diverses parties de la face et de la bouche : il paroit que c’est aussi là l'usage de la septième paire de nerfs.

La huitième paire de nerfs, qu’on a regardée jusque dans ces derniers temps comme la septième, se porte d’abord avec celle dernière , dans l’intérieur de l'oreille ; mais elle s’y termine dans des canaux osseux, qui contiennent une pulpe molle, qu’ou croit destinée à percevoir les .sensations de l'air ébranlé. On sait en effet que les sons pénètrent dans loreilJe parla conque : ils sont arrêtés là par une membrane qui ferme le trou auditif, et qu'on nomme le tympan.

Derrière cette membrane est une cavité, qu'on appelle caisse, dans laquelle il se trouve une petite quantité d’air, qui s'y introduit par un conduit dont l'eulree est au fond de la gorge Celte c.iisse du tympan communique par deux trous dans les canaux où est placée la pulpe médullaire, de petits osselets , articulés ensemble , et disposés en bascule les uns sur les autre.s, font ouvrir plus ou moins l'un de ces trous , suivant que le tympan est aussi plus ou moins ébranlé.

On croit que la petite quantité d'air contenue dans l'intérieur de la caisse, éprouve à

nerfs, lelles qu’on les décrivoil avant les travaux de Vicq-d’Azir.

Olfactifs . Le plaisir des parfums nous vient de la première.

Optiques . La seconde nous fait jouir de la lumière.

Moteurs des yeux.... La troisième à nos yeux donne le mouvement.

Pathétiques.. . La quatrième instruit du secret d'un amant.

Maxillaires . La cinquième parcourt l’une et l'autre mâchoire.

ylbducteurs des yeux. La sixième dépeint le mépris et la gloire.

Audit fs . La septième connoit les sons elles accords,

T^agues .. La huitième au dedans fait jouer cent ressorts.

Gustatifs. . La neuvième au discours lient notre langue prêle ,

Sous-occipitaux. . Et la dixième enfin, meut le col et la tête.

Dcmékil.

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peu près les mêmes ébranlemens que l’air extérieur, avec lequel elle est toujours en unisson, et l'on explique par là comment s'opère la sensation de l'ouïe, car cet air ébranlé agit sur la pulpe médullaire, et on suppose que celle-ci, au moyen du nerf, en instruit aussitôt l'intelligence.

La neuvième paire des nerfs qui proviennent du cerveau, a été long-temps désignée sous le nom de vague : elle est principalement destinée aux organes de la digestion , de la circulation et de la respiration. La dixième va se perdre dans la langue avec une branche de la précédente et une autre considérable qui provient de la cinquième.

C'est là que réside l'organe du goût. 11 paroit que la sensation de la saveur s'opère par une sorte de combinaison chimique, qui a lieu entre les molécules sapides des corps et les extrémités des nerfs qui s'épanouissent dans des papilles, ou dans les petits tubercules , dont la peau de la langue est hérissée. Ce qu’il y a de certain, c'est qu il n y a que les corps solubles qui produisent de la saveur, et qu’il est impossible , quand la langue est sèche, d’éprouver dans la bouche une autre sensation que celle du toucher ordinaire.

Les autres paires de nerfs sont destinées principalement aux mouvemens généraux du corps : presque toutes se terminent dans les muscles. Ceux des membres, après être sortis de la colonne vertébrale , s'entrelacent eu forme de réseau ou de plexus : iis se séparent ensuite pour aller se terminer dans des parties constamment déterminées sur chaque espèce d'animal.

Outre cqs nerfs, qui proviennent du cerveau et de sou prolongement, qu'on appelle moelle nerveuse ou épinière, les animaux vertébrés, sans exception, présentent un autre système nerveux, formé, de l’un et de l’autre côté, par un cordon unique principal , dont les filets s'unissent avec presque tous les autres nerfs du corps, pour produire des réseaux autour des grosses artères. On croit qu’il fait communiquer entre eux tous les nerfs : on l'a nommé, à cause de cela , grand sympathique ou triplanchnique, parce qu’il est situé principalement dans les trois

cavités où sont contenus le cerveau, les poumons , les intestins.

Les mammifères offrent entre eux les plus grandes différences par rapport aux organes de la nutrition : les principales dépendent de la nature des alimens qui leur sont necessaires, et de la manière dont ifs s'en saisissent. Pour bien concevoir ces différences, il faut d’abord étudier les organes de la mastication, qui indiquent par avance la conformation des autres organes destinés à la digestion.

La plupart des mammifères ont autour de la bouche dés lèvres charnues et mobiles ; ils s’en servent pour saisir les alimens , les porter à leur rencontre et les retenir. Leur mâchoire inférieure seule- est mobile : le plus ordinairement toutes deux sont garnies de dents , mais la forme de ces dents et leur nombre varient beaucoup. Ou nomme inci~ sires, celles qui sont placées en devant et taillées en biseau, de maniéré à pouvoir couper ; laninireSj celles qui sont placées sur les côtés , ordinairement plus longues , pointues ou en forme de coin , et qui sont propres à déchirer j enfin molaires , celles qui sont situées en arrière, et dont la partie supérieure ou la couronne varie, suivant la nature des alimens. Elles sont plates ou à tubercules mousses dans les animaux destinés à manger des substances végétales ; elles sont, au contraire, auguleuses et tranchantes chez ceux qui se nourrissent de la chair des autres animaux.

Ces dents se meuvent les unes sur les autres toutes les fois que la mâchoire inférieure se porte en avant ou de côté , et qu’elle s’abaisse ou s'élève à l'aide des muscles qui s’y attachent. Quand les mâchoires se meuvent, il arrive dans la bouche une grande quantité de salive que produisent des glandes placées aux environs. Cette humeur pénètre les alimens , que la langue retourne de manière à en former une pâte ductilè , qiFeile transporte alors en arrière du gosier, et qu elle fait tomber dans la gorge , en produisant un mouvement de bascule. La nourriture pénètre ainsi dans Xœsophage, tuyau charnu , contractile, qui communique de la bouche à l'estomac, poche membraneuse

DES mammifères EN GÉNÉRAL.

située au-dessous de la poitrine, dans la cavité du ventre.

Quand cette pâtée alioientaire a séjourné quel<jue temps dans la cavité de l’estomac , elle s'y abreuve des liquides que les animaux y mêlent ordinairement, ou d'un suc analogue à la salive, qui suinte des parois de cet organe : elle est alors changée en une bouillie homogène , qu’on nomme chyme ; elle passe ensuite par un autre orifice de reslomac , appelé et dont le tube

intestinal est la continuité. La première partie de ce tube porte , en totalité , le nom A'intestins grêles y parce qu en effet leur diamètre est beaucoup plus étroit que celui de l’autre portion du tube qu’on appelle gros intestins.

La portion grêle du tube intestinal est intérieurement garnie de replis ou de valvules qui flutlenl dans sa cavité : il rampe sur leur surface un grand nombre de vaisseaux. On remarque surtout dans la partie qurest la plus voisine de l’estomac, des conduits ou canaux qui versent dans l’intérieur deu.x humeurs particulières : l’une , qui est aqueuse , analogue à la salive, est fournie par une ou plusieurs glande.s qu'on nomme pancréas ; l’autre humeur est de couleur verte ou jaune, d une saveur amère , avec des proprités alcalines ; on la nomme bile :

elle provient d une très-grosse glande qu on appelle le Joie. Ces humeurs se mêlent avec le chyme, qui est poussé dans le sens opposé aux valvules, et comprimé de toutes parts à l’aide d’une force contractile qu’éprouvent les parois des intestins grêles, mouvement qu'on appelle péristaltique parce qu’il s’exerce à la circonférence, oa'uermiculaire, parce qu on l'a comparé à celui des vers de terre.

Quand on a eu occasion d ouvrir des animaux morts aux moment même où la digestion s'opéroit , on a observé que toute la surface des intestins étoit couverte de petits vaisseaux aussi déliés (jue des cheveux , et qui confeuoient une humeur qu’ils paroissoient avoir absorbée dans 1 intérieur du tube, mais par des extrémités si ténues, qu il étoit impossible de les suivre à l’œil. Cette humeur est nommée.c/ijr/e ; et par suite les

vaisseaux sont dits chylifères. Ils se rendent tous dans un canal commun , qui est placé dans la poitrine, le long de la colonne vertébrale , et qui va se terminer dans les veines. De sorte que la partie la plus fluide des alimens est absorbée par les vaisseaux chylifères , et entre ainsi dans la circulation sanguine. Il est probable que l action péristaltique , qui force les matières alimentaires à avancer vers les gros intestins , et de ceux-ci vers l’anus, aide beaucoup l’action des vaisseaux absorbans, en exprimant pour ainsi dire le chyme , en le pressurant de manière à le priver presque entièrement des liquides qu’il contient.

Lorsque les alimens ont parcouru toute la longueur du tube intestinal, et qu’ils ont été entièrement privés des parties nutritives qu’ils contenoient, les animaux s’en débarrassent en les faisant sortir par une ouverture qui est toujours placée en arrière du basin , et qui le plus souvent est uniquement destinée à cet usage.

Les poumons des mammifères sont constamment situés dans la cavité de la poitrine, qui estséparce.du ventre par un muscle particulier à cette classe d’animaux ; c’e.st ce qu’on appelle le diaphragme. Ces poumons sont formés par l’assemblage d’un grand nombre do petites vésicules dans lesquelles 1 air peut entrer et sortir librement; ces organes sont renfermés , l’un à droite et l autre à gauche, dans des membranes particulières , qu’on nomme les plèaes : ils sont toujours séparés entre eux par l agent de la circulation ou par le cœur.

Tous les mammifères connus ont une voix; mais, chez eux, elle est produite à l’extrémité supérieure delà trachée., ou d’un canal formé de cerceaux cartilagineux qui conduit l'air extérieur dans les poumons. Son orifice est placé vers la base de la langue; car ces animaux n’ont qu’un larinx supérieur, ordinairement recouvert par un cartilage mobile qui fait l’effet d’une soupape, et qu’on nomme épiglotte. Ce cartilage s’abaisse toutes les fois que l'animal avale ; il s’oppose à ce que les boissons et les autres alimens puissent tomber dans le conduit de l'air dont les demi-anneaux cartilagineux sont

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retenus en arrière par une membrane. QueF quefois Fair, chassé avec vibration par la glotte, pénètre dans des sacs particuliers, ou dans des cavités osseuses, qui augmentent, diminuent ou modifient beaucoup l’intensité de la voix.

Les individus de cette classe n’ont qu’un sexe J ils s’accouplent j ils mettent au monde des petits vivan» qui se sont développés , jusqu’à un certain point, dans le corps de leur mère; ils étoient contenus alors dans un organe particulier à la femelle, qu'on nomme matrice, et ils s'y nourrissoient de sonsang,àl’aide de vaisseauxqui, d’une part, adhéroient par un grand nombre de petits orifices à la paroi interne de cette matrice , et qui, de l’autre, venoient aboutir à leur nombril. On nomme encore ombiUc cette ouverture , située constamment au-devant du ventre. Les vaisseaux qui s’y rendent forment un cordon ét sont appelés ombilicaux. Le nombre des petits que portent les femelles varie suivant les espèces. En général, les très-gros mammifères n’en font qu’un seul à chaque portée, et leur nombre est ordinairement moitié moindre que celui des mamelles.

On appelle mamelles des organes situés sur le ventre ou sur la poitrine , et destinés à sécréter une humeur particulière dont le petit niaramitère a besoin pour se nourrir pendant un certain temps après sa naissance. I.es mamelles ne se développent qu'à l'àge où ces animaux peuvent engendrer:

elles existent dans l’un et dans l’autre sexe, et on les observe chez toutes les espèces. Ou appelle /ait l’humeur qui se sécrète dans ces organes. Le lait est un liquide opaque, d’un blanc plus ou moins bleuâtre ou jaunâtre, onctueux, écumeux, d'une saveur douce, plus ou moins sucrée, portant une odeur fade et propre à chaque animal dont il provient. C’est une humeur très-composée qui, lorsqu’elle est refroidie et gardée quelque temps, se sépare en trois parties : 1® en une sérosité qu'on nomme pelil-laii ; 2® . n une matière qui se concrète et présente des cara(;tères particuliers ; c’est ce qu'on nomme fromage ou matière caseuse ; 3® enfin en une matière grasse, onctueuse, d’un blanc jaunâtre , qui s’élève à la surface du lait qu'on laisse reposer dans un lieu frais, c’est

ce qu’on appelle crème ou matière butjrreuse, parce que c’est de celle-là qu’on retire le beurre. La proportion de ces trois parties varie beaùcoup dans les diverses espèces de lait, ainsi que celle d’une sorte de sucre qui leur donne des saveurs particulières. •

On a partagé la cla.sse des mammifères d'après les organes du mouvement et de la nutrition, et on les a rangés eu quatorze familles ou groupes , dans chacun desquels se trouvent réunies les espèces qui ont le plus d’analogie par les habitudes et la manière de vivre. On en a formé d'abord trois sous classes. Les espèces qui ont les pattes courtes, aplaties, changées en nageoires ( PI. V, fig. 36 .37), et qui, par conséquent, vivent habituellement dans les eaux ou à leur surface, composent la première ; toutes les autres ont des pattes propres à marcher sur la terre; mais chez les unes, les doigts sont enveloppés entièrement à leur extrémité, par une corne arrondie qu’on nomme sabot, de manière que ces pattes ne peuvent servir pour attaquer les autres animaux ( fig. 30-35 aussi ces mammifères se nourrissent-ils essentiellement de matières végétales : on en a formé la seconde sousclasse; enfin on a réuni dans la troisième toutes les espèces dont les doigts ne sont armes à leur extrémité que d’une petite portion de corne tranchante , pointue ou aplatie , qui est destinée souvent à attaquer d'autres animaux (PI. i, fig. 1-18) : aussi trouve-t-on parmi eux des espèces qui ne vivent principalement que de proie vivante, qu’elles déchirent avec leurs ongles. Ainsi les mammifères peuvent d'abord être divisés en Nectupodes, en Okoclés et en Ongoi-

CULÉS.

Deux familles bien faciles à distinguer partagent la sou.s-classe des mammifères à pieds palmés. Les uns (Pi. v, fig. 36, a, b), comme les phoques et les morses , ont quatre pattes ; ils peuvent se traîner un peu sur le rivage , on les nomme amphibies ( \2V1).

Les autres n’ont point de pattes de derrière ( fig. ZI. a , b , c ,d)', leur forme est semblable à celle des poissons , ils ne quittent pas l’eau : on les appelle cétacés. (1235).

Les animaux à sabots peuvent être rap-

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